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Schrtoumpfy
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Re: Si je pouvais

le Dim 17 Fév - 22:07
2. LA BOITE DE PANDORE

Les cartons


Pour retrouver les décorations il a fallu ouvrir et fouiller tous les cartons. Tu veux savoir ce que l'on a trouvé ? Des bouquins, des verres, et aussi tes coupes et tes médailles de basket. D'ailleurs ton neveu a dit qu'il voulait les garder et les mettre dans une vitrine avec ton ballon. Il y avait aussi plein de papiers, des documents d'assurance, les papiers de ton appartement, contrat de travail, fiches de paye et bien d'autres documents qui n'ont plus aucun intérêt aujourd'hui. Il y avait aussi ta veste noire, celle que tu mettais très souvent au lycée. En revanche celle là, le garage ne lui a pas fait que du bien. Il y avait aussi quelques DVD. Si les disques passent encore ton frère pourra les garder, tout comme les CD que tu avais chez toi. Mais tout le reste, il serait vraiment temps de trier et de jeter.

Les derniers cartons que l'on a vidés contenaient des classeurs. Étant certains que les décorations ne seraient pas avec, on les avait laissés de coté. Seize classeurs bien rangés à la verticale. J'ai sourie en les voyant, parce que j'ai tout de suite compris ce que c'était. Disons que je les ais côtoyés de près pendant quatre ans. Mais après réflexion je me dit que je ne les ais visiblement pas côtoyés d'assez près. Ça te fais rire ? Probablement...
Ces classeurs c'était tes cours. Quatre années de cours et quatre classes par année. On peut dire qu'il y a de la matière.

Poussé par la curiosité, ton neveu a ouvert un classeur de terminale S. Il voulait voir si les programmes avaient changés. Après quelques commentaires sur le programme il s'est figé. Il regardait une pauvre page de ce classeur comme si il venait d’apercevoir un fantôme. Et dans un sens je ne suis pas très loin de la vérité.

Pourquoi cette réaction ? Qu'est ce qu'il avait dans ces classeurs ? Et bien … c'est ce que je lui ai demandé. Pour toute réponse, il me l'a mis sous le nez en me disant :

«  - Ça, c'est pas des maths. »

Et effectivement, ce que j'avais sous les yeux ce n'était pas des maths. Plutôt du français en réalité. C'était un texte, écrit de ta main au stylo plume avec une date en haut de la page. Avant même de lire on a ouvert tous les classeurs et on a commencé à tourner les pages. Et là.... on a compris que l'on venait de tomber sur un trésor caché. Enfoui dans ces cartons, au milieu de ces pages depuis plus de 20 ans il y avait ton journal. Tu as passé les quatre dernières années de ta vie à écrire régulièrement dans tes classeurs de cours. Pourquoi dans tes cours ? Parce que c'est la seule chose à laquelle je ne touchais jamais et que tu avais toujours avec toi. Combien de pages ? Combien de textes ? Je n'en ai aucune idée.

On a refermé les classeurs en se disant que l'on aurait besoin de temps pour tout récupérer. Mais peut être aussi par peur de lire ce que tu avais écrit. Peur de lire tes doutes, tes douleurs et tes angoisses vingt ans après. Personne ne s'attendait à un truc pareil. Je cherche et j'extrapole des réponses depuis tellement longtemps. Mais est ce que je suis vraiment prête à les lire de ta main ? En même temps, si après 22 ans ces pages sont toujours là, c'est qu'il y a une raison. Les cartons ont fait trois déménagements donc trois occasions de se perdre ou d'atterrir à la décharge. Mais non ! C'est toujours là. Il faut que je les lise ? Je vais le faire mais donne moi un peu de temps. C'est replonger 20 ans en arrière. C'est  revivre notre histoire de l'autre coté du miroir. Tomber sur ces textes c'est peut être ce que j'ai toujours espéré mais c'est aussi une véritable bombe. Un passeport pour une admission en centre psychiatrique. Le meilleur moyen de confondre passé et présent ou rêve et réalité.  En d'autres termes, de quoi devenir totalement cinglée.

Résultat j'ai deux discours :
Certains me disent :

 « -  N'ouvre pas ça tu ne t'en remettras jamais. »

et d'autres :

«- Ces textes t'étaient destiné. Il faut que tu les lise. Une fois le choc de la lecture passée tu te sentiras plus sereine, plus apaisée et tu pourras continuer d'avancer. »

Mais quoi que tout le monde en pense, quoi que tout le monde en dise je lirais ces pages. Quand ? Quand j'en aurais le courage. Ce que tu as écrit c'est forcément ce que tu ne m'a pas dit, alors je veux savoir. Il me faudra du temps c'est certain. Mais on va commencer par tout remettre dans l'ordre et ensuite on récupérera les textes. D'autant plus que pour nous complexifier la tache on va devoir tout retaper. Tu écrivais à la plume et l'encre s'efface. Résultat : une fois la page passée dans le scanner on obtient un flou artistique bleu et noir, mais surtout illisible. Dans quelques années l'encre aura totalement disparue et le seul moyen de les conserver c'est de tout retaper.
Alors le prochain week-end où je reviens chez ton frère, on va faire de la dictée.
Schrtoumpfy
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Re: Si je pouvais

le Jeu 21 Fév - 23:39
Retour vers le premier jour

Quinze jours plus tard...
Me revoilà de nouveau dans le TGV. Sensation étrange. Comme si après ce week-end quelque chose allait définitivement changer ma vie. Dans quelques heures on ouvrira les classeurs. Dans quelques heures je saurais ce que toi tu pensais. Je saurais comment toi tu as vécue notre histoire. Si j'ai la trouille ? Oh que oui !! Mais je crois qu'inconsciemment c'est ce que j'attends et espère, depuis plus de 20 ans.

Une fois arrivée chez ton frère on a commencé par séparer les quatre années. Jusque là c'était assez simple. Mais il y a une chose à laquelle on ne s'attendait pas. C'est que tout au long de l'année tu écrivais un texte dans un classeur, puis dans le deuxième, puis dans le troisième, pour revenir dans le premier et passer au quatrième et ainsi de suite. Pourquoi ? Parce que tu écrivais dans celui que tu avais dans les mains. Et nous on doit tout remettre dans l'ordre. Heureusement que sur la plupart il y a des dates. Tu avais peur que l'on s'ennuie ? Les quatre classeurs ouverts sur la table, l'ordinateur prêt, il ne reste plus qu'à lire et à taper.

Ce qui signifie retourner au début de notre histoire. A l'époque où j'avais 16 ans, où j' étais en classe de seconde et où tu étais ma prof de Maths.  Elle est loin cette époque. Tu es tombée devant moi un 19 novembre et ton premier texte est daté du 25 novembre. Tu te souviens de ce que tu avais écris ? Non ? Tu veux savoir ? Et bien …. lis....
…..
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Re: Si je pouvais

le Jeu 21 Fév - 23:44
Premier Automne

25 NOV
Cela fait bien longtemps que je n'ai pas écrit. L'époque du lycée je dirais. Et contrairement à toi, moi mes années lycée elles commencent à dater un petit peu. Mais j'avais besoin, et envie de parler. Mais parler à qui ? Bon c'est vrai, si je n'ai plus personne à qui parler j'en suis responsable, mais c'était un choix délibéré. Voir la pitié dans les yeux des autres je ne suis pas certaine que ce soit ce qui va m'aider. Alors je préfère être seule. On dit bien qu'il vaut mieux être seule que mal accompagnée non ?

Je serais curieuse de savoir ce que mon frère t'a raconté. Mais tu verras, c'est quelqu'un de bien. Il a toujours été là pour moi et c'est le seul en qui j'ai vraiment confiance. C'est la raison pour laquelle je préfère que ce soit lui qui t'explique. D'autant plus que moi j'en serais totalement incapable. J'espère simplement qu'il ne t' a pas effrayée avec tout ses termes médicaux.

Il y a quand même une chose que je ne saisie pas. Pourquoi tu n'es pas partie le soir où j'ai fait mon malaise? Tu venais de me ramasser, jamais je ne serais allée me plaindre au proviseur pour la gifle. Alors pourquoi être restée ? Je t'ai fait peur à ce point là ? Après réflexion et  vue ta réaction je pense que oui, tu as vraiment eu peur. Et mine de rien je pense qu' il a du te falloir un sacrée cran pour me balancer tout ce que tu m'as dit. Mais je dois bien l'avouer... tu as mis dans le mille.
Sans le savoir tu m'as dit exactement ce qu' il fallait, au moment où il le fallait. Tu as quand même réussi à me faire pleurer avec ton discours. Et... je pleure rarement devant quelqu'un, encore moins devant mes élèves. Je m'explique encore moins pourquoi je me suis jetée dans tes bras et  je n'aurai jamais du faire ça. Je ne sais pas ce qui m'a pris. D'autant plus que je t'ai certainement perturbée et ce n'était pas mon intention. T'es douée... et pas seulement en maths visiblement......

Le seul à savoir c'est mon frère et je m'était jurée de n'en parler à personne. Pourtant je t'ai tout dit et je ne sais pas du tout pourquoi. Ce qui était probablement une erreur d'ailleurs. De quel droit je t'impliques dans mes problèmes ? Tu as bien autre chose à faire que de te préoccuper de ce genre de choses. Les problèmes comme celui ci tu auras tout le temps d'y être confrontée... plus tard. La vie ne fait pas de cadeau. Mais tu es jeune et tu auras tout le temps de le découvrir.
…......


2/ 3 DEC
Tu me fais rire à courir comme ça dans les couloirs. Tu n'as pas besoin de faire ça. Je sais, ou plutôt, je me doute que mon frère t'a demandé de me surveiller mais arrête. Tu ne dois pas être en retard en cours. Et surtout pas à cause de moi. Je vais bien, tu n'as pas besoin de vérifier toutes les deux heures. Tu es au lycée pour obtenir le bac et non pour me surveiller, alors il faut que tu arrêtes.

…......

3/ 12 DEC
Tu es plutôt du genre têtue on dirait. Depuis une semaine je te répète tous les jours qu'il est inutile que tu passes vérifier comment je vais toutes les deux heures mais tu continues. Tu crois que je ne te vois pas ? Je t'entends courir depuis le bout du couloir.
Et le pire, c'est que je me suis habituée à te voir débarquer dans ma classe à chaque inter cours. Maintenant je t'attends... c'est du délire !!
…......


4/ 14 DEC
Alors comme ça tu ne déjeunes jamais le matin ? C'est le repas le plus important de la journée. Comment veux tu être réveillée et concentrée en cours si tu n'as rien dans l'estomac ? Le cerveau a besoin de nourriture pour fonctionner correctement, alors dorénavant tu vas manger quelque chose le matin.
…...


C'est après cet épisode que tu m'offrais un croissant tous les matins.

5/ 15 DEC
C'est bientôt les vacances de Noël. Je n'ai rien vu du dernier mois qui vient de s'écouler. Le temps est passé à une vitesse ahurissante. Quand je pense que depuis un mois je t’emmène avec moi tous les mercredi. C'est n'importe quoi.  Oui, la route me paraît moins longue avec toi. C'est vrai ! Mais au lieu de venir avec moi tu devrais être en train de faire tes devoirs. Après les vacances j'irais de nouveau toute seule. Je ne t'embarques pas la dedans. J'ai l'impression de t'avoir enlever à tes amis, a ta vie et je n'en ai pas le droit. Donc dès la rentrée tu reprendras tes habitudes comme avant. D'autant plus que tu es mon élève. Ça d'ailleurs, il ne faudrait pas que je l'oublie. Quand je m'adresse à toi en cours il faut que je réfléchisse à ce que je vais dire et je n'aime pas ça.

…....

C'est vrai, ça faisait déjà un mois que je t'accompagnais tous les mercredi à l’hôpital.

6/ 17 DEC
Et voilà ! Je suis chez moi. Je n'avais pas envie que tu prennes le car ce soir, j'ai préférée te ramener. En fait lorsque j'ai entendue la sonnerie j'ai réalisée que j'étais en vacances. Donc pas de lycée pendant 15 jours. Je déteste les vacances scolaires. C'est du temps de perdu.  Pourquoi tu tiens tant a venir avec moi mercredi ? C'est les vacances, tu dois avoir mieux a faire que de venir avec moi à l’hôpital. C'est à cause de ce que mon frère t'as demandé ? C'est ridicule tu n'es pas obligée. J'ai l'impression de t'embarquer dans une galère malgré toi et je n'aime pas cela du tout.
Et puis.... « Envole moi » Mais pourquoi j'ai eu le besoin de te hurler cette chanson dans les oreilles ? Oui les paroles me parlent. Elles me parlent à moi, mais pourquoi ce besoin de te hurler « envole moi loin de cette fatalité qui colle à ma peau, vers d'autres horizons d'autres mots.. » .je ne peux pas te demander ça. C'est impossible. Et puis même si je l'oublie de plus en plus souvent , tu n'as que 16 ans... c'est n'importe quoi. Je suis désolée.

…......

Je me souviens très bien de ce jour. Envole moi ? Cette chanson est encore aujourd'hui attachée a ce souvenir. Je la chante souvent et je t'entends encore me hurler ces paroles dans les oreilles. Sauf qu'à l'époque les paroles n'étaient qu'un texte parmi tant d'autres. Il m'a fallu du temps pour comprendre que c'était bien plus.
…...
Schrtoumpfy
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Re: Si je pouvais

le Lun 25 Fév - 23:23
Premier hiver

7/ 22 DEC
Je vient de raccrocher le téléphone. Tu voulais que je t'appelle alors je l'ai fait. Je ne veux pas que tu t'inquiètes pour moi. Mais on a parlé de ta famille, de mon frère, en gros je t'ai quasiment raconté ma vie. Et ne me demande pas pourquoi je n'en ai aucune idée. C'est vrai qu'à part mon frère je ne parle à personne mais ce n'est pas une excuse. Je ne dois pas t'impliquer dans ma vie privée. Je t'ai en cours 5h par semaine, je n'ai pas le droit de tout mélanger sous prétexte que tu es la seule à qui je peux parler. Et puis si j'en suis là c'est de ma faute alors il serait temps que j'assume. Mon frère m'avait prévenue. Il avait raison. Être seule quand on est pas bien c'est difficile à supporter.
Et demain tu viens avec moi. Je devrais te dire de ne pas venir mais je n'ai pas envie d'y aller seule. J'ai l'impression de t'utiliser, de profiter de ta générosité. Alors Ok demain je t’emmène, mais c'est la dernière fois.

….....

Tu m'as bien fait rire quand j'ai lu ça. La dernière fois ? Pas vraiment, mais tu ne pouvais pas le savoir.

8/ 23 DEC
Merci d'être restée avec moi cet après midi. Je n'aurai probablement pas du t'emmener là bas tu n'as rien  a y  faire. Ce n'est pas un endroit pour toi. Tu n'as pas à être confrontée à tout ça. Je ne suis même pas de ta famille. Pourquoi je devrais t'imposer un truc pareil ? Mais égoïstement je n'avais pas envie d''être seule. Depuis 8 mois je viens seule et j'en ai marre. Je suis fatiguée, j'ai l'impression que le traitement me rend encore plus malade et je ne suis pas sure de vouloir continuer. Mais aujourd'hui ça va. Je me sent bien. Enfin... pour l'instant.  Alors merci.

«  Comme un bateau dérive, sans but et sans mobile, je marchais seule.....
jusqu'à ce que tu arrives »

Et puis j'aime bien faire la route avec toi. C'est drôle. Pas de questions stupides, ça me change. Et pourtant... des questions tu dois en avoir plein la tête. Mais je crois que tu as compris que je n'avais aucune envie d'y répondre. Ce qui en fait n'a aucune logique. Et je n'aime pas ce qui n'est pas logique. Tu comprends, alors que l'on ne se connaît même pas. On rie des mêmes choses, on chante les mêmes chansons.  Et il y a bien longtemps que je ne chante plus. Pourtant, petite j'aimais bien chanter. A l'internat, j'écoutais la radio, je connaissais toutes les chansons par cœur et je passais des après midi entières a chanter, seule dans ma chambre.
D'ailleurs, Goldman je comprends, mais  Balavoine est décédé il y a bientôt 5 ans et tu n'écoutes quasiment que ça pourquoi ? Le mal de vivre de l'adolescence ? Je t'observe depuis la rentrée et il y a longtemps que j'ai remarquée qu'à peine sortie de cours tu poses le casque de ton discman sur tes oreilles. Comme si le monde extérieur ne t' intéressait pas. Pourquoi ? Tu as des amis, ils sont assis à coté de toi en cours. Mais une fois sortie de ma classe tu déambules seule dans les couloirs. A quoi tu penses ? C'est moi ? C'est l’hôpital ? Ne te coupes pas de tes amis à cause de moi. Je ne veux pas de ça. Moi il ne me reste plus beaucoup de temps, toi tu as toute la vie devant de toi. Alors laisse tomber, le jeu n'en vaut pas la chandelle.
…....


Que je laisses tomber ? Que je te laisses tomber? J'en déduis que tu n'avais pas encore compris que je ne te laisserai jamais tomber. Je n'avais rien a faire là bas ? C'était sans doute vrai mais la seule chose qui m'importait c'était d'être avec toi. Peu importe l'endroit.
…...

9/ 24 DEC
Quand je pense que tu as fait une formation aux premiers secours. C'est très bien, c'est même très utile mais je me doute de la raison qui t'as poussée à faire ça. Et quand... fièrement tu m'as montrée ton diplôme... oui j'avais les larmes aux yeux. Parce que si tu as fait ça c'est que tu veux pouvoir agir la prochaine fois. Moi j'essaye de te faire comprendre que tu dois reprendre ta vie, ne plus venir avec moi … et toi ??? Toi tu fais tout le contraire. Tu penses à plus tard, a après... juste au cas ou ? Pour moi ? Mais pourquoi faire tout ça ? Je suis grande je vais gérer.  Profite de ta vie, amuse toi au lieu de réfléchir a comment tu vas me ramasser la prochaine fois.
…...


Et bien non ! Je n'avais aucune envie de m'amuser. Aucune envie de profiter de la vie. Ou du moins pas comme tu l'entendais. J'avais le sentiment que j'avais bien plus à apprendre et à découvrir à tes cotés que sans toi.
…..

10/ 30 DEC
Je fais n'importe quoi. Je ne me reconnais pas. Je viens d'appeler ton prof d'histoire. Pourquoi ? Pour voir avec lui si il peut décaler ton cours du mercredi au samedi. Et j'ai fait ça parce que l’hôpital à décalé les horaires de mon traitement. Je répète depuis des semaines que tu ne dois plus venir avec moi et je décale tes cours pour pouvoir t'emmener. C'est vraiment n'importe quoi. J'espère que tu ne m 'en voudra pas, parce que à cause de moi maintenant vous allez avoir cours le samedi matin. Je n'avais aucun droit de faire ça. D'ailleurs ton prof ne m'a même pas demandé pourquoi. Peut être que ça l'arrange aussi, je n'en sais rien.
…....

Je me suis toujours demandé comment tu avais fait. Au moins maintenant je le sais.
…...

11/ 6 JAN
Finalement je suis bien contente que tu puisses venir avec moi cette après midi parce que je n'ai aucune envie d'y aller. Je voudrais juste pouvoir rentrer chez moi et aller me coucher. Marre de l’hôpital, marre des traitements, marre d'être malade, marre de tout ça. Et puis pourquoi continuer de me rendre malade puisque la finalité sera la même ? Il reste 2 mois de traitement mais après j'arrête. Stop ! Résultats ou pas, j'arrête. Je profiterais du temps qu'il me reste mais plus d’hôpital.
…....


Je savais que tu en avais marre, que tu étais fatiguée et que si je ne t'avais pas accompagnée tu n'y serais pas allée. Voilà pourquoi je venais avec toi toutes les semaines. Pour que tu n'abandonnes pas.
…....

12/ 27 JAN
J'avoue que sur ce coup là tu m'as bien eue. Me piquer les clés de la voiture, il fallait y penser. Tu ne voulais vraiment pas me laisser partir ? Je te faisais si peur que ça ? Mais tu sais..... que je meurs aujourd'hui en rentrant dans un arbre, ou dans 6 mois sur un lit d’hôpital, au fond ça ne change pas grand chose. Moi au lycée j’appréciais certains de mes profs plus que d'autres, mais de là à les coucher dans mon lit, il y a une sacrée marge. Je ne suis pas certaine que tu sois bien consciente de ce que tu viens de faire. Et moi je n'aurai jamais du accepter. Passée cette grille j'oublie que tu es mon élève mais il ne faut pas. Dormir dans ton lit... chez tes parents, c'était une énorme connerie. Même si je suis fatiguée, que j'ai mal au crane et envie de vomir je n'ai aucune excuse. C'est la première et dernière fois que tu me fais ce coup là.

…....

Est ce que j'étais consciente de ce que je faisais ? Je crois surtout que l'on ne voyait pas les choses de la même manière. Moi ce que je voyais c'est que te laisser prendre le volant c'était t'envoyer à la morgue et je ne pouvais pas faire ça. Le fait que tu dormes dans mon lit franchement...si ça pouvait te sauver la vie c'était de loin l'essentiel.
…...


13/ 18 FEV
Je n'y comprends rien. Je sais depuis le début que t'emmener avec moi c'est une énorme erreur. Depuis des semaines je me dit qu'il faut que j'arrête. Mais regarde où l'on en est.... tous les mercredi je dors dans ton lit et dans tes bras. Tu es mon élève, tu as 16 ans... alors qu'est ce que je fou dans tes bras ? Je n'ai jamais manquée de volonté mais depuis que je te connais je fais exactement le contraire de ce que je dis. Tu arrives à me faire faire exactement ce que je ne veux pas et à me faire parler de choses dont je ne veux pas parler. Tu lis dans ma tête ou quoi ? Tu as un don c'est pas possible ! Et ce cauchemar, je ne le supporte plus. Tous les jours, toutes les nuits je vie la même chose : mon propre enterrement. Je n'ai pas peur de mourir, c'est la finalité de tous. Ce qui me fait peur c'est la réaction de mon frère. Je l'imagine planté devant ma tombe comme un mort vivant. C'est lui qui souffrira,  pas moi. Depuis tout petit il s'est donné pour mission de s'occuper de moi, de me soigner et de me protéger. Il prenait ma température quand j'étais malade, il me lisait des histoires le soir, il en inventait quand j'étais pas bien, il a toujours été génial. Mais sans moi il devient quoi ? Je sais qu'il perdra une partie de lui même, sa raison d'être. « Toute la misère du monde n'est rien à coté d'un adieu » et ce qui me fait le plus peur c'est de savoir qu'il risque de ne jamais se relever. Et ça je ne peux pas le supporter. Je ne peux pas l'accepter. Alors oui ça me rend folle et ça me hante.
Et toi tu as réussi à comprendre que quelque chose n'allait pas. Comment ? Pourquoi ? Je ne voulais pas en parler et pourtant... je l'ai fait.
Je ne parlerais pas de tout ça avec mon frère il n'a pas besoin de le savoir. Et je ne vais pas lui dire non plus ce que je fais de mes mercredis après midi parce que si je lui en parle je vais prendre un bon savon et il aura raison. Et puis … tu me regardes dormir, vomir... pourquoi tu fais tout ça ? Je pense que tu as bien mieux à faire de tes journées de libre. Tes devoirs par exemple. Ce serait plus intelligent. Qui aurait envie de ça ? A mon avis personne.

La semaine dernière tu m'as regardé vomir pendant 3h en me tenant moi et la cuvette en même temps. Et la seule chose qui te préoccupait c'était de savoir ou était la pince pour m'attacher les cheveux. Tu viens d'une autre planète ? C'est le genre de situation que tout le monde déteste, que tout le monde fuit. Mais toi non. C'est limite si tu ne trouves pas cela normal. Mais c'est toi qui n'est pas normale.
Comment tu peux supporter ça ? Rien que l'odeur, moi je me serais sauvée en courant depuis longtemps. Que l'on supporte un truc pareil pour son mari, sa femme, son enfant... je veux bien. Mais pourquoi toi, tu le fais pour moi ? Même mon frère ne le supporterait pas. Et pourtant c'est mon frère et il est médecin. Mais je sais qu'il ne supporterait pas de me voir dans cet état. C'est la raison pour laquelle on en a jamais parlé. Il ne sait pas ce qui passe après les traitements. Jusqu'à présent personne ne savait. Aujourd'hui, tu es la seule à le savoir.
…...

Oui j'étais la seule à savoir. Ce qui s'est passé les mercredi je suis effectivement la seule à le savoir. Même toi tu ne sais pas tout. Pour la simple et bonne raison qu'il y a beaucoup de choses dont tu n'as aucun souvenir et crois moi sur parole, c'est mieux comme ça. Pourquoi j'ai fait tout ça, pourquoi j'ai été là pour toi ? Parce que j'avais le sentiment d'être à ma place. Et avec le recul je pense que je n'aurai pas supporté que quelqu'un d'autre que moi s'occupe de toi.
…..

14/ 20 FEV
Je suis persuadée que tu t'en veux pour ce qui s'est passé, mais il ne faut pas. Je ne regrette rien et si c'était à refaire je ferais exactement la même chose, peu importe les conséquences. Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te regarder te faire renverser en restant devant les bras croisés ? Moi l’hôpital j'ai l'habitude mais pas toi. Alors si l'une de nous deux doit se retrouver couchée sur un lit d’hôpital ce n'est certainement pas toi.  D'autant plus que contrairement à toi, moi je n'aurait pas le courage de te regarder souffrir. Je ne le supporterais pas. En quatre mois tu es devenue la personne qui compte le plus pour moi dans ma vie. Mise à part mon frère évidemment. Mais je n'ai personne autour de moi, à part toi. Alors l'idée qu'il puisse t'arriver quelque chose est inenvisageable. Si l'une de nous deux doit souffrir ce n'est certainement pas toi. Moi, mes jours sont comptés. Que le dernier soit demain ou dans 6 mois peu importe, mais toi, tu as toute la vie. Alors s'il te plaît fait attention à toi. Et la prochaine fois regarde avant de traverser. Au lieu de te précipiter vers moi. Tu croyais que j'allais partir sans te dire au revoir ? C'est ridicule.

…...

Tu m'as sauvée la vie ce jour là. Mais tu as aussi pris un énorme risque. Si je m'en suis voulue ? Bien sur que oui. Parce qu'à cause de moi tu t'es retrouvée à l’hôpital. Comme si tu n'y passait pas assez de temps comme ça.
…...
Schrtoumpfy
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Re: Si je pouvais

le Ven 1 Mar - 13:32
Premier printemps

15/ 14 AVR
Mon traitement est enfin terminé. Il était temps parce que tu dois vraiment en avoir marre de passer tes mercredi a t'occuper de moi. Heureusement que tu étais là parce que sans toi je ne sais vraiment pas comment j'aurais fait. Mais c'est fini et tu vas enfin pouvoir profiter de ton temps libre. Je pourrais peut être t'emmener au cinéma ou au bowling. Ça te dirait ? Ça changerai un peu non ? Et nettement plus sympathique non ? Et puis je peux bien faire ça pour te remercier. En revanche on va choisir le lieu parce que je n'ai pas particulièrement envie de croiser l'un de mes collègues. Autant à l’hôpital il y a peu de chances, mais un mercredi au cinéma.... on ira à coté de chez mon frère.
…...


Effectivement tu m'as emmené au bowling et au cinéma. Si j'en avais marre de passer mes mercredi avec toi ? Tu plaisantes ? J'aurais surtout souhaité qu'il y ai plus de cinéma et moins d’hôpital.
…...

16/ 19 AVR
Merci pour cette journée. C'était vraiment super. On a rie, on a chanté et je t'avoues que cela m'a fait énormément de bien. Depuis des mois je survie bien plus que je ne vie, mais aujourd'hui, pour la première fois depuis bien longtemps, je me suis sentie vivante. D'ailleurs tu m'as demandé ce que je voulais faire, maintenant que mon traitement était terminé. Pourquoi tu m'as posé cette question ? Et je t'ai répondu un truc totalement délirant, qui ressemblait à la liste de vœux d'un condamné à mort. Mais bizarrement ça n'a même pas eu l'air de te surprendre. Non ! Tu en a rie. Tu t'attendais à ce genre de réponse ? Mais c'est vrai que tu lis dans mes pensées. Je crois que je ne m'y habituerais jamais.
Mais maintenant que je vais bien, il serait temps que tu bosses tes cours. Donc je vais te faire bosser. Et je pense que tu vas moins rire. Mais tu dois travailler. C'est très gentil de t'occuper de moi, mais au bout du lycée il y a le bac à passer. Alors au boulot !
…...


Ah ! Pour me faire bosser t'as réussi. Je ne risque pas de l'oublier. Je serais bien incapable de compter combien d'exercices de maths tu m'as fait faire.
Quand à ce que tu appelles la liste d'un condamné à mort, je crois que j'en ai fait bon usage.
…....


17/ 21 AVR
Je repense à notre conversation de cette après midi et en y réfléchissant il me vient une question. T'as quel age dans ta tête toi ? Parce que je t'ai parlé de choses tout droit sorties de mes cours de fac. C'est de la philo et de la psycho, en clair bien au dessus de non niveau scolaire. Mais tu as quand même réussie à soulever des questions plus que pertinentes. Il y a très longtemps que je n'avais pas eu ce genre de conversations. Et je me rends compte que ça me manquait. En cours je parle de maths, au basket on parle basket et avec mon frère on parle médecine, donc on a vite fait le tour.
Mais... avec toi... on parle de tout. Je pourrais te parler de n'importe quoi, tout t' intéresse, tu veux tout savoir, tout comprendre... j'adore. Et je suis certaine qu'un jour ou l'autre tu réussiras à me battre au Trivial. On peut apprendre de tout et de tout le monde. Rien est acquis et il ne faut pas croire tout ce que l'on te raconte. Cherche par toi même. Réfléchie et fais toi ta propre opinion. Garde l'esprit ouvert c'est le plus important. Et c'est ce que je voudrais que tu comprennes. Mais mon petit doigt me dit que tu as déjà compris. Un jour je ne serais plus là. Mais si le peu de temps que tu auras passé à mes cotés peut te servir pour plus tard, alors c'est que tu n'auras pas complètement perdu ton temps. Si je peux t'apprendre quelque chose en échange de tout ce que tu fais pour moi alors mon existence n'aura pas été vaine. Pourvu qu'il en reste quelque chose... après.
…....

Pourvu qu'il en reste quelque chose après ? Plus de 700 pages ça te convient ? Et je n'ai pas terminé. Ce qu'il en reste ? Tout, absolument tout. Je n'ai rien oublié et j'en suis fière.
…...


18/  2 MAI
Demain les cours reprennent. Et étrangement je suis moins impatiente que d'habitude. C'était chouette cette semaine. Je t'ai emmené au cinéma, je t'ai mis une raclée au bowling et on a regardé des vidéos. Là, pour le coup c'est moi qui aie l'impression d'avoir 16 ans. Passer des journées entières à regarder des vidéos avec un plateau télé... je n'ai jamais fait ça moi. On avait pas le droit à la nourriture dans les chambres. Au fait... tu mets quoi sur tes tartines ? J' adore !!! J'espère juste ne pas être privée de tartines si je t'enlèves des points au prochain contrôle.
Et demain, évite de regarder la couleur de mes chaussettes sinon je ne vais jamais réussir à faire cours. Je ne sais toujours pas comment tu as fait pour le remarquer, moi même je n'y ai jamais fait attention. Mais évite la remarque s'il te plaît ! Sinon je pars en fou rire et je ne vais pas m'en sortir. Déjà que, plus le temps passe et plus j'ai du mal à faire cours quand tu es en face de moi alors on va éviter d'en rajouter. Le problème ne vient pas de toi, c'est moi. Toi ,tu as un comportement exemplaire. En cours tu n'as pas changée. Tu restes discrète, concentrée, bonne élève. Mais rien que de te voir assise en face de moi j'ai des flashs. Je revois nos après midi, je te revois en train de tenir ta glace à la vanille avec les mains gelées, et j'ai juste envie d'éclater de rire. Comment veux tu que je fasse cours ? Et le pire ??? Le pire c'est de t'entendre me dire « Vous ». Je ne le supporte plus. J'ai l'impression de prendre un coup de poignard à chaque fois. Et je dois rester de marbre, ne rien montrer. Et crois moi, c'est plus facile à dire qu'à faire. Une chose est sure, si je suis encore là l'année prochaine, tu ne seras pas dans ma classe et ce n'est pas négociable.
…......


Ah ! Tes chaussettes. Qu'est ce que j'ai pu rire à cause d'elles. Soit disant tu mettais les blanches pour le sport et les noires pour le reste. Mais c'était faux. La couleur de tes chaussettes correspondait à ton humeur du matin. Le jour où je te l'ai fait remarquer tu t'es foutue de moi mais il s'est avéré que j'avais raison.
En revanche, tu aurais peut être pu me le dire que tu n'avais pas l'intention de prendre ma classe l'année suivante. Et peut être m'expliquer pourquoi. Ça m'aurait sans doute évité de me ridiculiser dans le bureau du Proviseur à la rentrée suivante.
…...


19/ 25 MAI
Demain c'est mon anniversaire. Je vais avoir 25 ans. Un quart de siècle et peut être la fin d'une vie. Quand je regarde en arrière je me dit que j'ai eu de belles années. J'ai réussi ce que je voulais. Je voulais enseigner je l'ai fait. Je voulais gagner le tournoi régional j'y suis arrivée. Mais a part le basket et enseigner je n'ai pas eu le temps de faire grand chose. Je pensais avoir plus de temps. Du temps pour voyager, visiter, apprendre autre chose, aimer aussi...
Et j'entends ta question d'ici. Mon ex ? Est ce que je l'aimais ? On est resté 18 mois ensemble et quand j' ai décidé de me séparer je n'ai pas versé une larme. Je l'avais rencontré à la fac. A l'époque on avait eu une histoire. Courte l'histoire. Mais c'est vrai je ne l'ai jamais oublié. Pourquoi ? Parce que c'était le premier tout simplement. Nos vies se sont de nouveau croisées il y a un peu plus de 2 ans. J'étais seule, lui aussi, et après réflexion je crois que lui et moi c'était surtout un moyen de combler la solitude. A part le basket on avait rien en commun. On passait notre temps a se disputer. Et pourtant on ne vivait pas ensemble. Heureusement d'ailleurs. Quand ce n'était pas pour le film que l'on voulait regarder, c'était pour le plat que l'on voulait manger. Quand les médecins m'ont appris ce que j'avais, j'ai décidé que le sketch avait assez duré.
Ce n'est certainement pas lui qui m'aurait accompagné à l’hôpital.  Alors est ce que je l'aimais ? Non et lui non plus. Mais au fond... est ce que l'on aime vraiment un jour ? On s'entend, on s'accorde, on partage peut être mais est ce que c'est vraiment ça aimer ? A mon sens non mais comme dirait mon frère, je crois au père noël. Je crois en l'amour vrai, celui que tout le monde cherche et que personne ne trouve. Celui qui nous surprend, celui qu'on attend pas. Celui que rien ni personne ne peut briser. Tu vois ? Mon frère a raison. Sur le sujet, je crois au père noël. Mon âme d'enfant sans doute....

Mais pourquoi je te parle de ça moi ? Nostalgie d'avoir 25 ans peut être. Je le fête avec mon frère ce week-end. Comme toutes les fêtes de familles d'ailleurs. Je n'imagine pas un Noël ou un anniversaire sans mon frère. C'est comme ça depuis que je suis toute petite et je ne veux pas que ça change. Mais mon anniversaire c'est demain et demain on a cours. Et je me vois mal mettre 25 bougies sur mon livre de maths. On ne choisie pas les jours du calendrier. Mais j'ai peut être une idée. .. tu verras demain. Surprise !!!
…....


Pour une surprise c'était une surprise. Tu m'a fait sécher les cours et on s'est retrouvé au bord de la mer. Le premier coucher de soleil que l'on a regardé ensemble.
La deuxième surprise c'est que pour la première fois tu me parles de ton ex. En quatre ans tu ne m'en a jamais parlé. Je n'ai jamais compris pourquoi, mais je n'ai jamais posé de question non plus. Tu croyais en l'amour vrai ? Alors effectivement vu ce que tu racontes de ton ex il est certain que ce n'était pas le bon numéro. La question qui me vient à l'esprit maintenant c'est : est ce que tu l'as trouvé ?
…...


20/ 28 MAI
Je voulais prendre l'air, changer de décor, voir autre chose et je ne voulais pas le faire seule par peur de déprimer. C'est la raison pour laquelle je t'ai emmené avec moi. Voir la mer, l’étendue vers l'infini, je m'étais dit que cela me ferais du bien. Mais finalement c'est toi qui a compris ce dont j'avais réellement besoin avant que je ne le sache moi-même. Et tu m'as encore volé mes clés. T'es complètement folle. Tu as appelé tes parents et tu leur a menti juste pour que je vois un coucher de soleil sur la mer. C'est complètement délirant. Je te saoule avec « Carpe Diem » depuis 6 mois, mais aujourd'hui, la leçon c'est moi qui l'ai prise en pleine figure. Je n’oublierais jamais. Merci pour ce magnifique cadeau, magnifique souvenir.
«Tous les cris, les sos partent dans les airs et dans l'eau laissent une trace, dont les écumes font la beauté.... »
Dans mes souvenirs reste une trace, dont tes idées en ont fait la beauté.... et je crois que tu sais lire dans l'eau. 

…....

Je ne sais pas si je sais lire dans l'eau, mais il est vrai que j'avais appris à lire en toi.
…...


21/ 14 JUIN
Heureusement que tu étais là la semaine dernière. Une fois de plus....
Je ne sais pas comment j'aurai réagit en sortant de ce bureau, si tu n'avais pas été là. Je me serais probablement jetée sous un poids lourd. Mais je peux savoir ce qui t'as pris ? J'ai bien cru que tu allais passé par dessus le bureau et étrangler le médecin. Ça ne sert à rien. Personne ne peut rien faire. Si le traitement ne fonctionne pas alors il n'y a plus rien à faire. Tu ne peux rien faire contre ça. Je comprends que tu sois en colère, je le suis aussi mais c'est à moi que j'en veux. C'est moi qui t'ai entraîné là dedans. Et même si je sais depuis le début que ce n'est pas ta place, je t'ai laissé faire. C'est même moi qui t'ai demandé de venir à la consultation. Pourquoi ? Parce que ta présence me rassure. Parce que je ne me sentais pas le courage d'affronter cette nouvelle toute seule. Résultat c'est toi qui en souffre. Et je me rends compte que je ne suis qu'une égoïste. Il serait temps que j'apprenne à gérer ma vie toute seule. Et j'oublie trop facilement que tu n'as même pas 17 ans. Ta place n'est pas ici, pas avec moi, pas dans un hôpital, et encore moins dans ce bureau. C'était totalement stupide de ma part. Comme tout ce que je fais depuis 6 mois. Je t'ai fait sécher les cours, je t’empêche de travailler, tu vas redoubler ta seconde, et si je continue je vais t’entraîner dans ma chute.
Moi je suis condamnée, mais pas toi. Je n'ai pas le droit de faire ça.

On arrive à la fin de l'année scolaire et j'espère que les deux mois de vacances vont te permettre de m'oublier. Tu veux absolument que je t'appelle pendant les vacances. Je le ferais, mais à partir de la rentrée tu ne te préoccupe plus de ma santé. Il faut que tu profites de ta vie, de ta famille, de tes amis. Je ne peux pas te voler ta vie.
…....


Encore ce discours stupide ! Tu n'avais toujours pas compris que si je passais tout mon temps libre avec toi c'était par choix. Pourtant ce n'est pas faute de te l'avoir répété.
…..
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Re: Si je pouvais

le Ven 1 Mar - 13:42
Premier été

22/ 3 AOUT
J'ai toujours dit que deux mois de vacances c'était beaucoup trop long. Le stage de basket est terminé, je suis rentrée depuis 3 jours et je tourne en rond. J'espère que toi tu profites de tes vacances. Tu devais faire les brocantes et aller te baigner, j'espère que tu en profites. Depuis 8 mois tu passes ton temps à t'occuper de moi ou a l’hôpital alors il serait temps que tu profites de la vie, que tu t'amuses. Carpe Diem, n'oublie pas.
Mais je saurais ça demain puisque je dois te téléphoner. Tu me raconteras. Parce que moi personnellement je n'ai pas grand chose à te raconter. Le stage de basket s'est passé comme tous les autres. On s’entraîne sur le terrain, footing, renforcement musculaire, en résumé ...rien d'extraordinaire.
…....



23/ 13 AOUT
Tu as l'air d'aller bien je suis contente. Mais c'est quoi le problème ? Depuis le temps, je connais tes intonations de voix et je sais que tu m'as menti. Chose qui d'ailleurs, ne te ressemble pas. Qu'est ce qui se passe ? Un problème avec ton oncle ? Je ne pense pas tu l'adore. Alors quoi ? Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pour ne pas m’inquiéter.... une fois de plus... Arrête de vouloir me protéger, ce n'est pas à toi de le faire. Je te rappellerais vendredi prochain je verrais bien si tu m'expliques ou pas.
…...


Le problème ? C'est que tu me manquais horriblement et je n'osais pas te le dire.
…...

Ressenti

C'est le dernier texte que tu as écris la première année. C'est étrange de lire tout ça après tant d'années.. Mais je me rends compte que sans se le dire on ressentait la même chose. Le manque quand tu n'étais pas à mes cotés. La joie de te regarder sourire, le plaisir de partager une pizza ou un cinéma. Visiblement tout te plaisait autant qu'à moi. Ce qui me plaît moins en revanche, c'est de lire à quel point tu culpabilisais.
Dix mois de ta vie résumés en quelques pages . C'est bien peu, et en même temps tellement inespéré. Quand je lis tes mots, je t'entends. Je t'entends comme si tu étais assise à mes cotés. Et là tout de suite il y a une chose qui me fait peur. C'est la suite. C'est ce que  je vais lire après, ce que je vais découvrir à travers tes mots. Comment tu vivais les choses, ce que tu ressentais vraiment et ce que tu ne disais pas. Peut être même ce que tu ne m'a jamais dit. Est ce que quelque part dans ces pages tu vas finir par me dire ce que tu ressentais réellement pour moi ?
Le jour ou tu es partie tu disais vouloir déménager, mais quels étaient réellement tes projets ? Comment tu imaginais l'avenir? Est ce que j'en faisais partie ? Les mêmes questions sans réponses depuis des années. Et maintenant peut être la chance incroyable de trouver les réponses. Paradoxalement ces réponses me font peur. Peur de comprendre que l'on souhaitait la même chose et de réaliser que l'on est passées à coté. Et peur également de lire que ce n'était pas le cas et de finalement réaliser que je me suis trompée.
Mais je cherche ces réponses depuis tellement longtemps que peu importe ce qui se trouve dans ces pages, je veux savoir. Je veux tout savoir.
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Re: Si je pouvais

le Jeu 7 Mar - 15:03
3. LECTURE NOCTURNE

Une fois arrivés à la fin des quatre premiers classeurs, il était déjà quatre heures du matin. Mais tout comme ton frère, je voulais lire la suite. Alors on a sortis les quatre suivants. On les a feuilletés et l'on s'est aperçus qu'il y avait encore plus de textes. La deuxième année a été très compliquée. Mais c'est aussi celle qui nous a réellement rapprochées.
La vraie question c'est surtout : comment toi tu l'as vécue ?

24/ 30 AOUT
Dans 8 jours c'est la rentrée. Enfin ! Parce que là je n'en peux plus. Je vais devenir dingue à force de tourner en rond. Ce que j'ai fait de mes vacances ? J'ai loué des VHS et je me suis repassée tous les films que tu m'as fait découvrir. Mais j'avoue que sans tes tartines c'est pas pareil. Je me suis habituée à t'avoir à mes cotés presque tous les jours et là.... ça fera bientôt deux mois . La vérité ? Tu me manque. Je n'aurai jamais imaginé dire ça mais tu me manque horriblement. Nos conversations me manquent. Je parle toute seule depuis trois semaines, je deviens cinglée. T'entendre rire me manque, t'écouter chanter me manque, alors vivement la semaine prochaine.
Et oui ! Je sais ce que j'avais dit. Qu'il fallait que tu m'oublies. Et c'est la vérité. Mais je veux juste te voir, juste te parler. Le reste... je ne sais pas. Je crois qu'il faut qu'on parle.
…......


Alors finalement je te manquais vraiment ? Tu voulais que je t'oublies ? J'ai un petit secret pour toi. Je n'ai pas réussi à t'oublier en 22 ans alors ce n'était certainement pas en deux mois que j'allais le faire.

25/ 6 SEPT
Je viens de rentrer du lycée. Et oui ! Rentrée des classes. Toi tu ne reprends que demain mais moi c'était aujourd'hui. Sauf que j'avais oublié ce détail. Résultat ce matin je me suis garée sur le parking comme d'habitude et puis... je me suis demandée pourquoi tu n'étais pas là. Totalement stupide je te l'accordes.
Mais demain je sais que tu seras là. Je sais que tu vas m'attendre et ne t’inquiètes pas je ne serais pas en retard. Je pense même partir un peu plus tôt, de cette façon on aura peut être le temps de parler un peu avant le début des cours. Je sais que ton car arrive à 7h30, je devrais être là à 35. J'ai vraiment hâte de te revoir et je me rends compte que je me suis beaucoup attachée à toi. A l’hôpital tu passes pour ma demie sœur mais dans un sens c'est vrai que tu pourrais être ma petite sœur. Ma petite sœur que je n'ai pas vue depuis plus de 2 mois. Alors vivement demain matin. Et puis sachant que je te vois demain matin, je vais peut être enfin réussir à dormir.

« Tu n'en sors plus de ma mémoire, ni la nuit ni le jour
tu cours à travers les couloirs et moi je t'attends tous les jours....depuis je compte les jours »
…........


Oh ! Rassures toi. Tu n'étais pas la seule à compter les jours. Ne pas te voir pendant deux mois a été un véritable enfer. Mais je n'aurais jamais imaginé qu'à ce moment là tu pensais la même chose.
…...

26/ 7 SEPT
Je suis vraiment désolée. C'est vrai que j'aurais du t'en parler avant. J'aurais du te prévenir. Pour moi c'était logique mais toi... visiblement tu n'avais même pas envisager cette possibilité. Je ne pensais pas que tu réagirais aussi mal au fait de ne plus assister à mes cours. Tu n'es vraiment pas comme tout le monde toi. Je suis désolée pour la gifle mais tu ne m'écoutait pas et il fallait vraiment que je t'arrêtes avant que tu fasses quelque chose d’irrécupérable. Et encore une fois tout est de ma faute. Mais ce ne sont que des cours. Et c'est justement pour pouvoir passer du temps avec toi que j'ai fait le choix de ne plus t'avoir en cours. Je ne peux plus t'avoir comme élève. C'est impossible. Je ne veux plus t'entendre me dire « madame ou vous ». Je ne le supporte plus. Et puis je serais incapable de faire un cours correct avec toi assise en face de moi. Il m'arrive d' avoir la migraine en cours et dans ces cas là je ne pense qu'à une seule chose parce que c'est la seule chose qui les arrêtent, mais en cours c'est impossible. Je sais que tu ne comprends pas. Je pense même que tu m'en veux mais je commence à te connaître et tu ne vas pas m'en vouloir longtemps. Tu vas vite comprendre que c'est beaucoup plus simple. Et puis … tu auras droit à des cours particuliers ça je peux te le garantir.


J'espère juste ne jamais te revoir dans cet état là. Te voir comme ça.... en colère, triste, déçue... je déteste. Alors... plus jamais...

Je n'avais pas d'autre choix que de te coller une gifle alors que tout ce que j'aurais voulue c'est te prendre dans mes bras pour que tu te calme. Et il est là le problème. Je ne peux plus agir avec toi comme un prof est censé le faire. Et je ne veux plus. Je refuse de continuer à mélanger mon boulot et ma vie privée alors stop ! Ma vie privée est déjà suffisamment complexe comme ça.
….....


Je me souviens très bien de la gifle. Ne plus t'avoir en cours pour moi c'était comme si tu me tournais le dos. Je n'ai pas compris ta difficulté. Je n'ai pas cherchée à me mettre à ta place. Je n'ai pas réfléchie non plus aux conséquences que pouvait avoir notre relation sur ton boulot. Et j'étais très loin d'imaginer que tu n'arriverai pas à faire cours si j'étais en face.
Quand j'y repense c'est vrai que la seule chose qui calmait tes migraines c'était de poser ta tête sur mon épaule et j'avoue qu'au milieu d'un cours ça aurait fait désordre.
…....


27/ 13 SEPT
J'ai oublié de te dire que j'ai rendez vous avec ton ami le professeur mercredi après midi.  Et tu vas venir avec moi parce que si je dois y aller c'est à cause de ton petit discours de la dernière fois. Il nous a dit qu'il n'y avait plus rien à faire et oui je sais ce que ça veut dire, mais au moins ,jusque là j'avais la paix. Tu espères quoi ? Qu'il trouve un miracle ? Encore un traitement ? Laisse tomber, je ne veux plus de traitement. Je veux juste profiter du temps qu'il me reste. Et ce temps là j'aimerai pouvoir le partager. Et la seule personne avec qui j'ai envie de le partager c'est toi. Pourquoi ? Parce que tu es la seule à qui je peux faire confiance. Mon frère ? Oui bien sur. Mais mon frère à une femme et un boulot qui lui prend tout son temps. Il fait ce qu'il peut mais il ne peut rien faire de plus. Une fois de plus il avait raison : j'ai besoin de toi.
…......


Alors dit moi ! Mon petit discours, aujourd'hui t'en penses quoi ? Tu voulais du temps avec moi mais plus de traitements ? Foutaises ! Le temps avec moi tu l'as eu. Et les traitements tu les a acceptés pour moi. J'ai mis du temps à le comprendre, mais c'est pour moi que tu l'as fait.
…....

28/ 15 SEPT
Qu'est ce que je fais de ce dossier ? Je le brûle ? Protocole expérimental ? Super ! Il faut que je serve de cobaye ? C'est censé être une bonne nouvelle ? Même si c'est peu réjouissant je m'étais faite à l'idée de ne plus aller à l’hôpital. Je m'étais dit qu'on pourrait... je sais pas partir quelques jours, voir la mer, manger une glace, un plateau de fruits de mer, peu importe mais pas l’hôpital. Protocole expérimental ? On ne sait même pas si il y aura un résultat. Ou au mieux pour gagner quoi ? 3 mois ? Pour quoi faire ? Qu'est ce que ça va changer ?  Et puis à quel prix ? Etre malade ? Avoir mal ? Encore ? Je ne suis pas certaine de vouloir faire ça. Je n'en ai même aucune envie.

Tu penses vraiment qu'il pourrait y avoir une chance qu'une expérience fonctionne ? Oui je sais Doc à réussi à faire fonctionner le convecteur temporel, mais sérieusement ? T'y crois vraiment ? Mon frère pense qu'il faut essayer parce que c'est la seule possibilité qui existe. Mais c'est faux il y a une autre possibilité : ne rien faire. Je sais que celle là ne te plaît pas, mais dans la vie on obtient pas toujours ce qui nous plaît.
Et puis si jamais j'accepte,  tu sais ce que ça veut dire ? Mais oui tu le sais. T'es vraiment prête à revivre tout ça avec moi ? Je sais que tu me l'a dit mais pourquoi tu ferais ça ? C'est complètement dingue. Seule je n'y arriverai pas. Oui je t'entends d'ici : je ne suis pas seule et tu ne me lâcheras pas. J'ai très bien entendue. Et le pire... c'est que je te crois. J'ai confiance en toi. Même si tout cela n'a aucune raison d'être et aucun sens, je sais que tu ne me laisseras pas tomber. Je sais que tu seras là quoi qu'il puisse arriver. Je ne l'explique pas mais je le sais.

Tu veux vraiment que je signe ce truc ? C'est de la folie.... Tu n'as aucune idée de ce dans quoi on s'embarque. Mais.... tu voulais que je signe, c'est fait.
J'en arrive à la conclusion que tu serais capable de me faire faire n'importe quoi...
Mais... si je récolte un sourire de ta part demain matin quand je te remettrais le dossier, et bien... j'aurais au moins gagner ça.
…....


Et bien voilà ! Enfin ! Enfin tu as compris ce que je m’efforçais de t'expliquer depuis presque un an ? A savoir que j'étais là, que tu n'étais plus seule et que je ne t'abandonnerai jamais. Dans quoi on allait s'embarquer, je n'en avais aucune idée. Mais ce que je savais c'est que je voulais faire ce voyage avec toi.
…....


29/ 15 OCT
Oh la vache ! Je te déteste ! C'est horrible. Quand ils poussent le produit dans la seringue c'est insupportable. Cette brûlure, c'est juste une horreur. Je ne pourrais même pas te décrire cette sensation. Tout ce que je pourrais te dire c'est que je ne souhaite pas ce truc à mon pire ennemi. A ce moment là  j'ai juste envie de hurler : achevez moi ! Mais quand je vois la manière dont tu regardes cette seringue... on dirait qu'à tes yeux c'est la potion magique d' Asterix. Tu en attends tellement de ce traitement. Je tiendrais le coup je te le promets. C'est juste un mauvais moment à passer. Les 10 minutes de l'injection sont insupportables, après ça va. Je supporte. Et ensuite ? Ce qui se passe ensuite je crois que tu le sais mieux que moi parce que je suis tellement mal que je ne me rappelle pas de tout.  Et je pense que ce n'est que le début.
Tu crois que l'on va y arriver ? Tu me répètes que oui. Mais tu le penses vraiment ou c'est juste que tu n'oses pas me dire le contraire ?
…......


Bien sur que j'y croyait. Je ne t'aurais jamais mentis. J'étais morte de peur mais j'y croyait. J'ai cru en ce traitement parce que c'était ta seule chance.
…...

Je ne peux plus. Je n'y arrive plus. C'est trop dur. Regarde moi... j'ai l'air d'un cadavre. Je n'ai plus de force, je n'arrive plus à conduire... je ne suis plus bonne a rien. Ils voulaient me garder hospitalisée mais j'ai refusée. J'ai peut être eu tort d'ailleurs, parce que je vais finir par te tuer en voiture. C'est toi qui passe les vitesses alors que tu n'as jamais touché un volant de ta vie. On joue avec le feu et moi je suis tellement crevée que je te laisse faire n'importe quoi. Tu vas finir par avoir des problèmes à cause de mes conneries. Il faut que je me ressaisisse et vite !! Soit j'encaisse mieux que ça, soit j'abandonne mais je ne peux pas te laisser assumer toute seule. J'oublie que tu n'as que 17 ans. Et parfois, et même souvent je crois que c'est toi la plus adulte de nous deux.
…....

C'est toi qui a fait de moi l'adulte que je suis aujourd'hui. Grâce à toi j'ai appris a prendre des décisions et a assumer mes responsabilités.Alors tu n'as pas à t'en vouloir. Ce que tu ne pouvais pas faire dans ces moments là je le faisais à ta place. C'est aussi simple que cela.
….....

«  Un être humain ce n'est pas rien qu'un tas de boue qui se tient debout … » c'est bien le texte ? Et bien je peux te dire que la tout de suite je me sent comme un tas de merde. «  je voudrais voir le monde à l'envers... c'est peut être plus beau vue d'en haut ».

Mon cerveau va exploser. Ce traitement va me tuer. J'essaye de te cacher la douleur et je crois que je m'en sort pas trop mal mais la peur je ne peux pas te la cacher. Tu lis à travers moi. Ou tu le sent je ne sais pas. La preuve ! Pour que j'arrive à me concentrer tu m'as chanté les Lacs du Connemara. Ah c'est sure que tu pouvais difficilement trouver plus complexe comme texte. Mais pourquoi celle là d'ailleurs ? J'étais au collège quand cette chanson est sortie, toi tu devais avoir … 5 ou 6 ans. Comment tu connais les paroles par cœur ? Moi c'est mon frère qui chantait cette chanson, il rêvait de visiter l'écosse. Mais toi ? D'où tu connais ce texte ? Et sans musique en plus... là... je m'incline. Ce n'est pas une mémoire que tu as c'est un disque dur. Si tes cours pouvait s' inscrirent dessus aussi facilement...

…...

Toi aussi elle t'as marquée cette chanson ? Sur l'instant c'est tout ce j'ai trouvé. Mais depuis je suis incapable de faire plus de cinquante kilomètres sans chanter cette chanson. Autant te dire que je la chante quasiment tous les jours. Et je ne sais pas si ma mémoire est un disque dur mais il n'y a pas que les paroles de nos chansons que je connais par cœur. Je me souviens de tout. De tout,  comme si c'était hier.
…...
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Re: Si je pouvais

le Sam 9 Mar - 15:26
Deuxième Automne


30/ 23 NOV
Heureusement que tu étais là. Encore une fois. Je ne sais pas ce que tu leur a dit mais je te fais confiance.  La 1ère fois que tu m'as ramassée c'était il y a un an et quasiment jour pour jour. A croire que c'était écrit. Et comme la première fois tu étais là. Tu es toujours là quand on a besoin de toi ? En ce qui me concerne je crois que oui. Je ne saurais probablement jamais comment tu fais mais toujours est il que quand je ne vais pas bien tu es là, quand j'ai mal au crane tu le sais et quand je vais vomir tu le sais aussi. Quand je te dis que tu as un don, tu rigoles, mais alors donne moi l'explication logique. Je t'écoutes.... parce que même si je ne veux pas l'admettre il n' y en a aucune. De l'empathie ? Oui certainement... mais poussée  à l’extrême alors.
….....


Ne t'inquiètes pas. Je leur ai juste dit que si l'un d' entres eux avait la mauvaise idée de parler de ton malaise, je lui cassait les dents.
Comment je devinais ce que tu ressentais ? Aucune idée. Je le savais c'est tout. Peut être à force de t'observer. Un don ? Je ne pense pas. Juste l'envie de soulager des douleurs et tes souffrances du mieux que je le pouvais pour te rendre la vie plus supportable.
….....

Je sais ! Tu voudrais que je me repose, que je prenne un arrêt maladie, mais c'est non ! Je ne peux pas me permettre de prendre du retard dans le programme. Même si tu ne dis rien je sais que tu as eu peur l'autre jour. Mais maintenant je vais bien. C'était juste un petit malaise. On savait qu'il y aurait des effets secondaires, il ne faut pas t'en faire pour ça. Je suis fatiguée, c'est vrai ! Mais je vais bien. A part les nausées et ma migraine qui refuse de me lâcher, je vais bien. Je m'y suis habituée. Ce n'est pas toujours des plus agréables mais je gère. Et arrête de t'en faire pour moi. Tu deviens pire que mon frère.
….....

Que j’arrête de m'en faire pour toi ? Effectivement tu croyais encore au Père Noël.
Il est vrai que mise à part tout ce que tu cites, tu allais très bien. C'est ironique ? Oui...
…...

31/ 16 DEC
Alors là... je n'ai qu'une seule chose à dire. Non deux en fait ! C'est bravo ! Et merci. Ce bouquet est juste sublime et je me doute que c'est toi qui l'a choisi. D'ailleurs... des lys blancs ? Tu étais la seule à le savoir. Et vous voir là devant moi, fiers de vous, souriants... vous étiez combien ? 40, 45 ? Je ne sais pas.... mais tu voulais me faire comprendre quoi ? Que les élèves apprécient mes cours ? Ce n'est que le bonus ça. Moi mon but c'est qu'ils réussissent le bac. Si, grâce à mes cours, ils ont la possibilité de construire leur propre avenir, alors oui... c'est l'une des raisons pour laquelle j'ai choisi ce métier. Et je peux te jurer que je ferais tout mon possible pour terminer le programme et leur offrir un maximum de possibilités.

Ce qui au passage, signifie devoir aller au bout de ce traitement. J'y arriverai. Je vais y' arriver parce que tu seras là. Et je crois que je viens de comprendre où tu voulais en venir avec ta surprise. Si j'ai bien compris tu ne veux pas que j'abandonne. Et moi ? C'est les 40 regards que j'avais devant moi ce soir que je ne veux pas abandonner. Tu peux être fière de toi. C'est bon, t'as gagné ! Je vais terminer le traitement.

…...

A défaut de gagner au Trivial ou au bowling, j'aurais au moins gagné cette partie là.
…..

Tu vas faire quoi pendant les vacances ? Moi, le médecin m'a interdit de jouer au basket pour quelques semaines. Trop faible soit disant... Et comme j'ai eu la mauvaise idée de t'en parler et bien je ne peux pas aller jouer. J'ai 125 copies à corriger mais je ne pense pas en avoir pour deux semaines de boulot. Donc... je vais tourner en rond et l'idée ne me plaît pas du tout. Le mois d’août m'a servi de leçon, je crois que j'étais au bord de la dépression. Et puis … je n'ai pas envie d'être seule. On se fait un cinéma ? Une après midi VHS ? Tu as des devoirs à faire aussi, mais si tu veux je t'aide.
….....
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Re: Si je pouvais

le Sam 9 Mar - 15:33
Deuxième hiver

32/ 23 DEC
Ça fait longtemps que tu me parles de ce film. Aujourd'hui je comprends pourquoi. Tu l'as vu quand tu avais 10 ans et tu dis qu'il t'as marqué. Ah oui !! Tu m'étonnes. Ce film évoque un concept que tu n'es même pas censé comprendre à l'age de 10 ans. Mais visiblement toi oui. Partir du principe qu'il peut exister un lien tellement fort entre deux êtres que même la mort ne pourrait pas le briser, c'est du pur délire. Depuis des milliers d'années, toutes les civilisations cherchent en vain à communiquer avec les morts. Télépathie, medium, réincarnation.... choisie ce que tu veux. Toujours est il que peu importe le choix, il est impossible de prouver quoi que ce soit. Et si l 'on a pas de preuve alors c'est que cela n’existe pas. Dommage ? Sans doute. Mais si on avait la possibilité de communiquer avec les morts, la moitié de la planète deviendrait cinglée.

Le passage n'est pas le moyen de passer de la mort à la vie, c'est l'héritage. C'est les traces que l'on a laissé avant de partir. Jean laisse à son fils, son dessin animé, son scénario, et avec eux, ses idées et ses convictions. En disant à son fils qu'un jour c'est lui qui le tournera. En clair, il lui a laissé un chemin à suivre. Le passage est un couloir à traverser au fil du temps. Un couloir dans lequel David devra avancer jour après jour pour vieillir, et ainsi le ramener aux cotés de son père.

«  Si tu penses à moi aussi fort que je pense à toi alors c'est sure on se retrouvera ».

... mais oui... évidemment ! En marchant dans les traces de son père David deviendra ce que son père aurait voulu devenir. Ils se ressembleront et ne feront plus qu'un.
Alors c'est peut être ça le but notre existence : laisser un passage, tracer un chemin...
Mais comment ? Par quel moyen ? Moi je vais partir mais je trouverais le moyen de le faire exister, je te le promets.
…....


En lisant ce texte, je n'ai pas pu empêcher mes larmes de couler. Tu avais raison. Tu as tenue ta promesse. Le passage tu l'as trouvé. C'est l'héritage, ton héritage. C'est tes idées, tes convictions, tes phrases, ton humour, ta manière d'être, ta façon de voir la vie et d'un point de vue plus général, tout ce que tu étais. Ce que tu as laissé avant de partir ? Tout. Tout, sans aucune exception. Jusqu'à la souffrance et la douleur, tu m'as tout laissé. C'est grâce à cet héritage que j'ai réussie à me construire. Grâce à lui aussi que j'ai survécu sans toi. Et aujourd'hui c'est ton neveu qui suit tes traces. En écrivant le livre je lui ai transmis ton héritage. Et c'est aussi grâce a lui que ton neveu se bat pour remarcher, et qu'il trouvera la force de surmonter le décès de sa mère. Alors merci. Merci d'avoir tenue ta promesse.
…....


33/ 29 DEC
Ces quelques jours resteront gravés au plus profond de moi jusqu'à la fin.  Ce mur de pierres traversé par les guerres et les tempêtes, depuis des centaines d'années. Regarde !! Il tient toujours debout. Ce décor aux milles et une couleurs m'a ébloui les yeux, ces lumières traversées par le brouillard de l'hiver lui donne un air de film fantastique. Tout cela pour te dire que ce château est magnifique. Passer cette grille à provoqué en moi une sensation de bien être, un peu comme si je rentrais chez moi après un très très long voyage. J'ai oublié mon passé, sans penser à mon avenir. Ici c'est vivre l'instant présent à la seconde prêt.
Grâce à toi, je viens de réapprendre a écrire le mot « vivre ».

Pour toi m'emmener ici c'était juste histoire de me faire prendre l'air, de me faire plaisir mais.... tu n'as aucune idée de ce que tu viens de faire. Et je ne pourrais jamais te l'expliquer, je n'ai pas les mots.

Ceux là peut être....

«  Et même si le temps presse, même s'il est un peu court
si les années qu'on me laisse ne sont que minutes et jours
Et même si l'on m'arrête ou s'il faut briser des murs,
j'irais au bout de mes rêves, tout au bout de mes rêves, où la raison s’achève »

Ma raison s'est achevée le jour où tu m'as ramassée. Depuis je fais tout le contraire de ce que je dis. Alors oui, j'irais au bout de mes rêves... et tu vas m'accompagner.
…...


T'accompagner ou te précéder ? Au fil du temps tes rêves sont peu à peu devenus les miens. J'aurais mis tout en œuvre pour avoir une chance de les réaliser un par un, même si j'avais du y passer ma vie toute entière. La plupart de tes rêves sont nés dans le parc de ce château. Un jour je trouverai le courage d'y retourner, je te le promets.
…...

Il s'est passé quelque chose aujourd'hui. Mais je ne peux pas t'en parler. Et à mon frère encore moins. Le jour où les médecins m'ont appris que j'étais condamnée, la première personne que j'ai appelée c'est mon frère. Mais ensuite... j'ai pensé à nos parents. Il y a plus de 10 ans que l'on ne les a pas vus. Non, je n'ai jamais envisagé qu'ils pourraient m'aider et d'ailleurs je ne le veux pas. Mais j'avais envie de leur dire un truc du style : « Vous n'avez jamais été des parents pour moi et bien sachez qu'aujourd'hui il est trop tard parce que je suis condamnée. En clair vous avez vraiment tout foiré ». Pourquoi leur dire ça ? Je ne sais pas, par vengeance peut être...
Alors j'ai cherché à les retrouver et j'ai fini par y arriver.
Sauf que cela ne s'est pas vraiment passé comme je l'avait prévu. Je voulais leur faire du mal mais au final... C'est moi qui aie pris la gifle. Notre connard de Père est condamné et il lui reste encore moins de temps que moi. Cancer des poumons. Je pensais que de le voir souffrir me ferait plaisir mais.... il lutte pour respirer, il lutte pour garder les yeux ouverts, son regard réclame la fin. Et notre mère reste plantée à ses cotés a attendre cette fin. C'est désespérant, et plutôt triste finalement. J'aurais presque de la peine. Non ! Il me fait pitié surtout.
…...

Je ne retournerais pas voir notre père. Je ne lui ferais pas ce plaisir. Mais je dois admettre que même si pour moi ce n'est qu'un inconnu, le voir souffrir c'est presque inhumain. Je ne veux pas finir comme ça. Et surtout , je ne veux pas que l'on me voit comme ça. Je suis restée quoi ? 20 minutes ? Et c'était il y a deux semaines. Pourtant il m'est impossible de me sortir ces images de la tête. Je refuse que vous supportiez ça. Vous ne me verrez pas dans cet état c'est hors de question !

Et toi tu supportes ça toutes les semaines. Comment tu fais ? Pourquoi tu continues ? Pourquoi tu restes ? A cause de cette promesse ? Même les médecins ont parfois du mal a supporter la souffrance de leurs patients alors qu'ils sont formés pour ça. Je me souviens très bien... l'une des premières interventions de mon frère en tant que médecin SMUR c'était pour une femme en fin de vie qui refusait de mourir à l'hôpital. Mon frère est resté plus de 3h à ses cotés à attendre que son cœur s'arrête. Cette intervention l'a ravagé, il n'en a pas dormi pendant des semaines. Mais toi t' encaisses. Peu importe ce qui se passe tu trouves une solution, tu sais quoi faire, quoi dire.... Mon frère a fait 10 ans d'études mais on dirait que chez toi c'est inné. Je ne vais pas te le dire , tu risquerais de prendre la grosse tête mais t'es incroyable. Moi je serais incapable d'en faire autant même avec la meilleur volonté du monde.
…...


Je supportais quoi toutes les semaines ? Tu n'en a quasiment aucun souvenir. Comment j'ai fait ? Il fallait que quelqu'un le fasse et moi j'étais là. C'est la seule explication qui vaille la peine.
…...

34/ 10 FEV
Notre père est mort ce matin. Et j'aurais presque envie de dire : Enfin ! Il lutte depuis un mois alors il était temps. Mais cela prouve que la mauvaise herbe ne crève pas facilement. Maintenant qu'il n' est plus là je vais peut être enfin réussir à dormir.
Est ce que je vais en parler à mon frère ? Pour m'entendre dire que je n'aurais jamais du chercher à les revoir ? Pour qu'on s'engueule ? Je crois que c'est inutile. Il l'apprendra bien un jour...
…...


35/ 14 MARS
Ouhhhh !!!! Ben tu ne t'énerves pas souvent mais quand c'est le cas, on en prend plein la gueule. Je ne t'ai jamais vu comme ça. Non je  ne voulais pas te parler. T'en fais déjà assez. Mes problèmes familiaux tu laisses tomber. Tu ne vas pas en plus m'aider à régler ça. Mais je crois que si en fait ! T'es juste incroyable. Comment t'as compris ? D'accord ces derniers temps je suis à coté de la plaque. Mais le traitement est lourd... je fatigue. Mais non ! Toi tu savais qu'il y avait autre chose. Comment ? Quand je dis que tu lis dans ma tête. Quand mon frère m'a demandé ce que j'avais je me suis contenté de lui dire que j'étais fatiguée à cause du traitement et il n'a pas cherché plus loin. Mais toi... tu ne m'a pas crue.
Tu sais ce que tu m'a balancé ce soir ? Je sais que tu étais en colère, mais tout ce que tu m'as dit n'était pas des paroles en l'air, je le sais très bien. Le temps en abscisse, tes sentiments en ordonnée... et ? Une courbe exponentielle qui tend vers l'infini ? T'as fait le graphique ? Celle là je ne l'ai pas vue venir. C'était juste pour que je comprenne ? Ou c'est vraiment ce que tu penses ? Je ne sais pas ou tu es allée chercher cette métaphore mais si le but était de me faire réagir et bien bravo c'est réussi. Réagir ? Je devrais même plutôt dire réfléchir. Le prof de Maths c'est moi. Mais là je sèche sur ta démonstration. En clair ça veut dire quoi ? Je n'en ai aucune idée mais en tout cas tu m'auras bien fait rire.
Ce qui me fait nettement moins rire c'est le fait que tu tiennes absolument à m'accompagner sur la tombe de mon père. Je ne sais même pas où elle est. Mais je crois que je n'ai trop le choix, tu ne vas pas me lâcher. Et on dit que moi je suis têtue... Et bien je ne suis pas la seule. Quand tu as une idée dans la tête... tu ne l'as pas ailleurs.

…....


Oh non ! Je n'avais pas l'intention de te lâcher. Pour encaisser le traitement tu avais besoin d'être concentrée a 200% sur  toi même. Il était hors de question que le décès de ton père te ronge à petit feu. Il fallait à tout prix déposer cette colère, cette haine et tout ces sentiments malfaisants quelque part. J'ai trouvé qu'au cimetière, c'était le bon endroit.
Quand à ce que ma phrase voulait dire... le prof de maths c'est toi non ? Alors... tu as très bien compris.
….

T'es juste stupide ou complètement sadique ? Tu savais que le fait de rentrer dans un cimetière allait te rendre malade mais tu t'es sentie obligée de venir avec moi. J 'hallucine ! C'est complètement tordu. Pourquoi tu as fait ça ? Pour moi... encore une fois. Le problème c'est que tout ce que tu fais, tout ce que tu me dis je ne pourrais jamais te renvoyer l’ascenseur. Je n'ai pas les moyens de te dire merci comme je le devrais. Parce que contrairement à moi, tu n'as besoin de personne. Mais le pire c'est que tu n'as aucune idée de la valeur que représente tout ce que tu fais. Et je ne suis pas persuadée que je pourrais te le faire comprendre un jour. D'une part, parce que je n'en aurait probablement pas le temps, d'autre part parce que je ne sais pas comment faire.
…...


Besoin de personne ? Si ! Besoin de toi.
Tu voulais me remercier ? Me renvoyer l'ascenseur ? Mais tu l'as fait. Sans le savoir, mais tu l'as fait. Et tu continus encore aujourd'hui. Tous les jours je me sert de notre histoire, aussi bien pour moi que pour mes proches.
…....

Depuis un an et demi ta vie tourne autour de moi et ce n'est absolument pas normal. Je ne devrais même plus être là. Tu n'as plus de vie, plus d'amis, plus de loisir tout cela va trop loin. Il faut que ça s'arrête. Tu es en train de gâcher ta vie à cause de moi et je ne peux pas consciemment te laisser faire un truc pareil. Tu as le droit de vivre une vraie adolescence, tu le mérite. Tu en as assez fait, il faut que tu arrêtes. Mais je sais que tu ne seras jamais d'accord avec ça. Il faut que tu sortes de ma vie. Et pour ça il faut que je t'éloignes de moi. Le voyage scolaire ? Tu vas y aller. De gré ou de force mais tu vas y aller. Ça me laissera le temps de réfléchir à la suite. Je crois que je vais partir. Je ne supporterais pas longtemps de te croiser sans te parler, alors le plus simple c'est que je parte. Tu vas m'en vouloir et même me détester, mais tu comprendras dans quelques années que c'était le mieux à faire.
…..

Comment voulais tu que je sois d'accord avec une connerie pareille ? Tu pensais vraiment réussir à te sauver ? Sérieusement ?
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Re: Si je pouvais

le Lun 11 Mar - 0:04
Deuxième printemps

36/ 16 AVR
Je viens de te dire que tout allait bien, qu'au lycée tout se passait bien et que je me sentais bien. Pour la première fois... je t'ai mentis. Non ! Je n'en suis pas fière. Je ne dors plus et je n'ai rien mangé depuis 4 jours. Cet après midi en cours, je voyais des étoiles. Mais il va falloir en passer par là. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que l'on ne se verra plus en dehors du lycée. C'est mon choix je le sais et je sais aussi pourquoi j'ai pris cette décision. Mais ça ne rend pas les choses plus facile pour autant. Ton visage restera figé dans mes souvenirs aussi longtemps que je serais vivante... et peut être même après ...va savoir... Je n'oublierais jamais tout ce que tu as fait pour moi et je ne pourrais jamais te remercier pour ça. Mais toutes les choses ont une fin et il est temps que tu vives. Te dire tout cela en face j'en suis incapable. Je suis lâche ? Oui c'est vrai. Je vais te l'écrire. Je ne peux pas faire plus, je suis désolée, vraiment désolée, sincèrement désolée....

…..

Me l'écrire ? Oui je me souviens. J'ai toujours cette lettre. Et je me met en colère à chaque fois que je tombe dessus.Je crois que c'est l'idée la plus stupide que tu as pu avoir en 4 ans.
…...

37/ 4 MAI
J'ai lu ton texte mais … laisse moi du temps. Tu viens de me planter un pic à glace en plein cœur. Et je suis persuadée qu'il ne t'as pas fallu plus de 10 minutes pour l'écrire. Tout est vrai, tu as entièrement raison. Mais je dois réfléchir. Si je reste avec toi, tout ce qui se passera ensuite va tracer ton futur. Et même si je ne sais pas encore exactement de quelle manière, je ne peux pas me permettre de faire n'importe quoi. Moi je partirais quoi qu'il arrive, mais toi tu dois pouvoir vivre après. Je ne veux pas que notre histoire te détruise. Le médecin veut que j'entame un nouveau traitement mais je ne veux pas et je sais que tu ne l'accepteras pas. Oui il faut qu'on parle, mais parler de quoi ? Pour que l'on se dispute ? Je ne veux pas. Je ne veux pas te voir en colère, je ne veux pas te faire souffrir. Et puis... il y a autre chose mais je ne peux pas l'expliquer. Je ne comprends pas, je ne l'explique pas alors ne me demande pas de l'écrire.

…...

Autre chose ? Peut être la raison pour laquelle je ne voulais pas que tu partes. La raison pour laquelle tu ne voulais pas vraiment partir non plus...
…...

38/ 11 MAI
J’appréhendais cette conversation depuis des jours. Une fois de plus tu as réussie à me faire dire ce que je ne voulais pas te dire. Le traitement ? Je ne voulais pas t'expliquer. Je voulais t'épargner ça, mais il a fallu que tu insistes. Pourquoi tu voulais savoir ? Parce que tu veux comprendre... je sais. Comprendre pour pouvoir m'aider. Maintenant tu me parles d'inventer un langage, c'est du délire. Mais t'es vraiment sérieuse en plus. Ça me ferait presque peur. Depuis l'age de 10 ans je ne parle à personne. Comment veux tu que je fasse ? Exprimer ce que je ressent ? T'es gentille mais moi je ne sais pas comment on fait. Donne moi la notice. Tu veux que j'essaye ? En même temps est ce que j'ai le choix ? Avec toi en face... pas vraiment ! Quand tu dis que tu ne me lâcheras pas, pour toi ce n'est pas juste une phrase. Tant que je ne ferais pas ce que tu me demandes tu continueras d'insister. Et aussi longtemps que je serais vivante tu insisteras... jusqu'à ce que je cède. Têtue ? Ah non ! Pire ! Déterminée je dirais. Mais.... Surtout...ne change jamais.
…..


Je n'ai pas changée. Avec l'age j'ai appris à négocier. Mais négocier ne veut pas dire céder.
…..

39/ 28 MAI
J'y crois pas ! Tu sais ou je suis là ? Mais oui tu le sais puisque tout ce cirque c'est à toi que je le dois. Florence ?.... mais c'est juste un rêve. Et toi tu te rappelais de ça ? Alors que j'ai du t'en parlé une fois, sans même t'expliquer pourquoi. Je sais qu'avec toi il faut que je fasse attention à ce que je dis parce que tu retiens tout, mais là... je suis scotchée. T'es quand même une grande malade.  Avec mon frère en plus... c'est génial. Merci.
Mais tu ne vas pas t'en tirer comme ça. La prochaine fois c'est à mon tour de te surprendre. Et j'ai déjà ma petite idée. Attend que je rentre et tu vas voir...

…...

Je savais que tu rêvais de visiter Florence, alors quand ton frère m'a demandé si j'avais une idée de cadeau pour ton anniversaire, ce voyage m'est apparu comme une évidence.
…..

40/ 31 MAI
Et bien voilà ! J'ai enfin réussie à te surprendre. Avoue que tu ne t'attendais pas à ça. Surtout venant de moi. Moi qui te répète depuis des mois que les mots ont plus de valeur que les objets. Je le pense et c'est la vérité dans la plupart des cas, mais je voulais que tu comprennes l'importance que tu as pour moi. Je voulais que tu possèdes quelque chose qui vienne de moi. Au moins une. Je sais que les bijoux ce n'est pas ton truc. Moi non plus d'ailleurs, mais si il y a une chose dont je ne me sépare jamais c'est ma gourmette qui me vient de mon frère. Alors de la même manière je pense que tu seras attachée à cette chevalière. Et maintenant que j'y pense, c'est bien la première fois que j'offre une bague à quelqu'un. Saches que tout ce que je t'ai dit, je le pensais. Avant de te dire tout ça j'y ai longuement réfléchie et c'est vrai, tu es l'amie la plus fidèle que l'on puisse rêver d'avoir. Et je suis fière d'être ton amie.

Tu aurais du voir ta tête lorsque tu as ouvert la boite... je n'oublierais jamais. Au moins ça t'as fait plaisir c'est l'essentiel.
…......


Plaisir ? C'était bien plus que du plaisir. J'avais très bien compris ce que représentait pour toi le fait d'offrir une bague. Et je savais que ce geste était très important pour toi. Je l'ai gardée très longtemps cette chevalière. Et puis un jour, j'ai rencontrée quelqu'un qui en avait plus besoin que moi. Je me suis dit que si cette chevalière pouvait lui apporter le réconfort, que moi elle m'avait apportée tout au long de ces années, alors sa place était avec elle. Je ne l'ai pas perdue. Tu peux être rassurée elle est très bien là ou elle est. Elle est en sécurité.
…..

41/ 2 JUIN
L'année dernière ont a fêté mon anniversaire ensemble au bord de la mer et c'était génial. Alors cette année je veux aussi le fêter avec toi. C'était la semaine dernière ? Oui et alors ?  Samedi soir je t’emmène. Même si, quand tu vas comprendre ou je veux t'emmener tu vas hurler, mais je m'en moque.
Laisse moi faire ça s'il te plaît. Quand les médecins m'ont expliqué ce qui se passait, je me suis totalement renfermée. J'ai claquée la porte à tout le monde, je ne sortais plus de chez moi et je passais mes soirées et mes week-end à regarder des trucs débiles à la télévision. Je voulais disparaître. Mais depuis que je te connais c'est différent.
« il y a tant d'envies tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance... » ...Ma chance c'est toi.


J'ai eu une chance incroyable que ce soit toi qui rentre dans cette salle le 19 Novembre. La chance que ce soit toi et personne d'autre. C'était le hasard ? Non je ne crois pas. Je ne crois pas au hasard. Rien arrive par hasard. Tout a une explication même si on ne le sait pas toujours tout de suite.
Tu m'as redonné envie d'aller au cinéma, de sortir, de manger au restaurant... Les 3 jours au château m'ont fait comprendre que ma vie ne s'arrêtait pas là, que je pouvais encore faire des choses. Et je voudrais pouvoir le faire avant qu'il soit trop tard. Tu m'accompagnes ? Ben oui qui d'autre ? Et puis seule, c'est nettement moins intéressant.
Et si on partait en vacances ? Ce serait chouette non ? Mais tes parents ? J'oublie que tu n'as pas 18 ans, alors partir en vacances avec moi je ne suis pas sure qu'ils acceptent. C'est vrai que vu de l'extérieur cela peut paraître étrange, mais personnellement ton age ? Si tu savais ce que je m'en moque. Ce qui m'importe c'est ce que tu as dans la tête, pas le chiffre qui est inscrit sur ta carte d'identité. Et ce que tu as dans la tête et bien j'aimerai bien le savoir. Mais je ne suis pas comme toi, moi je ne lis pas à travers. Je n'ai pas ce don. Et c'est bien dommage...

Mais Samedi … resto. Tu vas voir, je suis certaine que ça va te plaire.
…....


1844 francs. C'est le montant de la facture. Non, ce n'est pas la seule chose que j'ai retenue. C'est aussi la première fois ou je t'ai vue dans cette magnifique robe noire .
…....

42/ 3 JUIN
Depuis combien de temps je ne me suis pas habillée pour sortir moi ? Je crois que la dernière fois c'était pour le mariage de mon frère. Mais ce soir j'en avais envie. Et puis je ne mettrais certainement pas cette robe pour faire cours. Résultat elle prend la poussière dans l'armoire. Mais si je veux mettre cette robe il faut aussi que je mette la main sur mes chaussures et là c'est pas gagné. Mes baskets ? Oui je sais où elles sont mais mes chaussures ? Je ne les aies  pas mises depuis au moins 3 ans... remettre la main dessus c'est un peu partir en expédition. Et je ne m'appelle pas Indiana Jones. Mais je vais trouver. Je ne veux plus que tu me vois comme ton professeur. C'est fini ! Je ne t'ai plus en cours mais on est toujours dans le lycée et malheureusement tu restes élève et moi professeur. Mais je ne veux plus. Je voudrais que tu comprennes que pour moi tu es bien plus. Le lycée c'est le lycée, mais au delà de ces grilles c'est différent. Tout est différent. Arrête de te retenir, laisse tomber cet espèce de respect de la hiérarchie. C'est ridicule et on en est plus là. Plus là du tout. Alors regarde moi autrement... simplement... Tu ne m'a jamais traitée comme une malade, tu n'as jamais fait preuve de pitié mais aujourd'hui je veux que tu me vois comme quelqu'un de normal. Tu ne me surveilles pas, tu ne me protèges pas, vie juste l'instant présent.
…..


Pas comme mon professeur, juste comme quelqu'un de normal ? Tu voulais dire quoi exactement ? Comme une femme ? Alors je vais faire court. Avec la robe que tu portais ce soir là j'aurais eu du mal de me tromper.
…..

43/  5 JUIN
Il est 15h et je viens juste d'émerger. J'ai un mal de crane à se fracasser la tête dans un mur. J'ai peut être un peu abusé sur le champagne. Je ne sais même pas comment je suis rentrée chez moi hier soir. Mais ça valait le coup. Ton expression en montant dans la voiture... tu peux me la refaire s'il te plaît ? Tu as enfin compris ? On a rie, on a parlé de plein de choses, c'était génial. Parler de plein de choses mais pour une fois on a pas parlé du lycée. Tu commences à séparer les deux c'est bien. Pour toi le lycée et ta vie privée c'est la même chose mais pour moi non. C'est là ou les choses se compliquent mais je pense que tu commences à comprendre.
Je voulais que tu me regardes autrement et c'est exactement ce que tu as fait, mais je ne m'attendais pas à ça. De quoi je parle ? En fait je n'en sais strictement rien. Et j'ai tellement mal que je n'arrive pas à réfléchir. Je crois que je vais me recoucher c'est plus simple. On se verra demain.
…....


Je t'ai regardé comment ? On peut savoir ? Tu n'en savais vraiment rien ou tu n'osais pas l'écrire ?
…...

44/ 17 JUIN
Je ne pourrais jamais imaginer ce que tu as du vivre ces derniers jours. Un enfer je pense. Tu devais probablement être morte de peur. Je te répète de ne pas t’inquiéter pour moi et tu te retrouves à venir me voir en réa. Et mon frère t'as laissé faire. Pourquoi il t'as laissé rentrer en réa. Ce n'est pas un endroit pour toi. Cela dit, tu aurais été capable de défoncer la porte. Comment tu as pu le supporter ? Tu es venue tous les jours. Tu m'as regardé sur ce lit, branchée à des tuyaux pendant des jours... moi je serais incapable d'en faire autant. Tu as du te poser 200 000 questions sans que personne ne puisse te donner les réponses. Tu as du vivre un enfer. Je suis désolée. Tu ne mérite pas de vivre un truc pareil. C'est trop difficile. Enfin … pour la plupart des gens en tout cas. Malheureusement un jour je ne me réveillerai pas. Tu ne crois pas que tu ferais mieux de te sauver pendant qu'il en est encore temps ? Tu vas me dire que non mais ce serait pourtant probablement beaucoup mieux pour toi.
Ils m'ont expliqué ce qui s'était passé et ils ont du te le dire aussi. Et te connaissant, tu as du t'en vouloir de ne pas avoir été là. Mais tu ne pouvais pas le savoir, tu n'aurais rien pu faire.
La colère, la peur et l'impuissance, ce sont les sentiments que tu détestes le plus. Et je suis persuadée que pendant 8 jours ce sont les seuls que tu as ressentie et je m'en veux pour ça. Je ne pourrais jamais effacer ce qui vient de se passer. Tu n'en a pas conscience mais cette étape restera malheureusement gravée en toi... à vie. Maintenant je vais bien mais je sais que tu n'oublieras pas.... jamais.
…....


C'est vrai ! Je n'ai jamais oublié. Il m'arrive encore de me réveiller en sursaut après un cauchemar. Un cauchemar rythmé par le bruit de ventouse du respirateur. Mais si c'était à refaire... je ne changerais pas une ligne.
Même si depuis cet épisode la hantise de devoir rendre visite à un proche en réa ne m'a jamais quittée. Le seul avantage c'est que lorsqu'il a fallu y retourner pour ton neveu et ta belle sœur je savais à quoi m'attendre. Je savais a quel point ce serait difficile après. Je savais que mes cauchemars allaient revenir.
…..

45/  20 JUIN
Il faut que je sorte d'ici. Je dois retourner au lycée. Je n'ai pas pu leur donner les derniers examens blancs et je dois encore leur donner quelques conseils avant les épreuves. Oui j'ai terminé le programme. Mais ils ne sont pas totalement préparés et je dois absolument parler aux terminales avant le début des épreuves. Retourner en cours va m'épuiser, je devrais rentrer chez moi et me reposer... je sais. Mais rentrer chez moi pour faire quoi ? Tourner en rond ? Déprimer ?  Je ne veux pas faire cours, je veux juste les voir et leur parler. Ce n'est pas ça qui va me fatiguer. Je ne veux pas d'arrêt maladie. Au pire, il finira en classement vertical.

….

Une année scolaire qui se termine. Une de plus. Cette année à défilée à toute vitesse. Il y a eu des moments difficiles mais tellement de moments magiques. Le dernier en date ? Cette semaine. Comment tu as réussi à faire un truc pareil ? Tu me dis que tu n'y es pour rien mais je sais que c'est faux. Tu ne l'a peut être pas organisé. Ça je veux bien te croire puisque tu étais avec moi, mais l'idée vient de toi je le sais. Tu sais combien de profs seraient prêts à payer pour vivre un seul moment comme celui ci dans toute leur carrière ? Lorsque j'ai ouvert la porte et que je les ai vus tous debout devant moi, je n'ai pas compris tout de suite. Mais quand ils sont montés sur les tables, alors là.... et puis... le coup de grâce « Oh capitaine, mon capitaine ! ». En fait tu voulais juste me faire pleurer, c'est ça ? Et bien c'est réussi. Tu sais très bien que les bibelots, les objets attrape poussière ce n'est pas mon truc. Mais ce ballon, lui, il va aller bien sagement sur une étagère. Il ira avec mes trophées parce que pour moi c'est un trophée. Merci, merci pour tout ce que tu fais.
…..

Tu ne croyais pas si bien dire. Ce ballon va retrouver tes médailles et tes trophées très prochainement. Dès que ton frère aura déménagé.
…..
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Re: Si je pouvais

le Lun 11 Mar - 0:11
Deuxième été

46/  5 JUIL
Demain soir c'est les vacances et je pars Vendredi, en Espagne avec mon frère. Mais tu le sais déjà. D'ailleurs il faudrait peut être que je songe à préparer ma valise. D'autant plus que je dois garder un peu de place pour emmener mes cours. Mon frère va me tuer quand il va s’apercevoir que j'ai emmené mes classeurs de cours en vacances mais si je les emmènes ce n'est pas pour les cours. C'est pour pouvoir continuer d'écrire. C'est devenu une habitude. Je ne peux pas te parler, c'est simple je t'écrie. Et rien que de savoir que je ne vais pas te voir pendant au minimum 1 mois et demi... j'en suis malade. Pourquoi d'ailleurs ? Je devrais être contente. Tu vas enfin profiter de ta famille et faire autre chose que de surveiller comment je dors et compter mon rythme cardiaque. Pour toi c'est très bien c'est juste à moi que ça ne convient pas. Je me suis habituée à t'avoir près de moi presque tous les jours. A l'exception de la semaine où j'étais dans le coma il ne s'est pas écoulé plus de 36h sans que l'on se parle depuis 8 mois. Et là... du jour au lendemain, plus rien ? On se téléphone dans 8 jours ? Je vais faire quoi sans toi moi ? Cela dit, je ne suis pas encore partie, il reste encore demain et je compte bien en profiter. Demain c'est toi et moi. Et juste toi et moi,  on ira pas en cours.

…....

Séparée de toi pendant un mois de demi ne me convenait pas vraiment non plus. Pas du tout même. Mais ce n'était pas vraiment un choix.
…...

47/ 6 JUIL
Je viens de rentrer chez moi. Je t'ai planté sur le trottoir sans même me retourner. Je ne voulais pas que tu vois mes larmes coulées. Je n'avais aucune envie de partir, mais je crois que tu l'a compris. La douleur je connais, mais là... c'est différent. Différent, mais ça fait tout aussi mal. Heureusement que je pars dans deux jours avec mon frère parce que en toute honnêteté je ne me donne pas 3 jours avant de faire une dépression. Ne me demande pas ce qui me met dans cet état là je n'en ai aucune idée. Je ne suis pas malade, physiquement je vais bien et pourtant... ça ne va pas du tout.


«  Je voulais simplement te dire, que ton visage et ton sourire resteront près de moi sur mon chemin... »

…...

«  Pour toi, pour toi
pour oublier tout mes problèmes, souvent à toi je me suis confiée
Pour toi , pour toi
j’écris ma vie sur du papier, mon cœur sert toujours d'encrier
Pour toi, pour toi
je sais que chacun de nos regards restera figé dans nos mémoires
Pour toi, pour toi
J'ai tout donné de moi ce soir, espérant qu'on va se revoir
Mais faut dire... bye bye, bye bye
bye bye, bye bye....

Pour toi, pour toi
pour chaque geste de ta main, c'est une larme que je retiens
Pour toi, pour toi
pour la tendresse que me crie ton cœur, j'irais jusqu'à demain
Pour toi, pour toi,
pour une larme ou un sourire de toi, j'offrirais tout de moi
pour toi , pour toi
pour entendre ta voix encore une fois, je ferais n'importe quoi
Mais faut dire... bye bye, bye bye
bye bye, bye bye.... »
….....


Je connais cette chanson mais les paroles ? Ce n'est pas l'original, c'est tes mots. Mais il faut que tu saches que j'aurai pu les écrire aussi...
…...


48/ 10 JUILL
Tu me manques... à un point que tu es loin d'imaginer. Ce qui n'est absolument pas normal d'ailleurs.

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »... je confirme.


«  quoi que je fasse, ou que je sois, rien ne t'efface, je pense à toi »


Ne pose pas de questions je ne connais pas les réponses. Et j'ai assez de mon frère pour m'en poser. D'accord je n'ai rien avalé depuis 2 jours mais je vais bien. Je n'ai pas faim c'est tout. Il en fait toute une montagne mais je ne vais pas dépérir non plus, n’exagérons pas.
…....


Je te manquais au point que tu trouves ça anormal. Tu ne mangeais rien mais tu n'étais pas malade. Avec le recul, je crois que je peux t'aider. Tu étais juste en train de tomber amoureuse. Si si ! Je t'assures. Et non je ne me moque pas. Je serais très mal placée.
…..


49/ 15 JUILL
Je viens de raccrocher le téléphone et je me suis mise à pleurer. Mon frère n'a rien compris. Il a même cru que l'on s'était disputées. Mais non pas du tout. C'est juste que...je sais pas. Je ne sais pas ce que c'est. La seule chose qui me console c'est que toi tu t'amuses.

…....

Ce que c'est ? Et bien je viens de te le dire. Mais... tu avais déjà été amoureuse avant notre rencontre ? Je demande parce que les symptômes sont quand même flagrants.
…...

50/ 20 JUILL
J'ai l'impression de ne vivre qu'à moitié et je ne te caches pas que c'est franchement désagréable. Il y a plein de choses que je voudrais faire avec toi et là, j'ai l'impression que l'on perd du temps. Il y a encore plein de choses dont il faut que l'on parle.  Mais moi du temps je n'en ai pas tant que ça. Concrètement je joue déjà dans les prolongations. Tu rentres quand ? Il va rester quelques jours avant la rentrée alors je t'emmène. Tes parents ? Oui je sais c'est le seul problème. Mais je suis certaine que tu vas trouver. Au pire, dit leur la vérité, on verra bien ce qui se passe. Tu ne vas pas leur mentir éternellement de toute façon. Et puis tu vas bientôt avoir 18 ans. Ce qui, en passant, va simplifier certaines choses.

…...

Les vacances ? En fin de compte tu avais prévu ton coup depuis longtemps à ce que je vois.
…..

51 /  1er AOUT
Le mois de juillet est enfin terminé. Mais il reste encore plus d'un mois de vacances. Toi tu vas retourner au château....je t’envie. Moi, il faut que je prépare mes cours mais je n'ai aucune motivation, vraiment aucune.

…....

Alors là, je suis sur le cul. Pas motivée pour préparer tes cours ? Tu m'expliques ?
….

52/  10 AOUT
Je devais commencer à préparer mes cours. Et au lieu de ça j'ai fait quoi ? J'ai regardé Top Gun. J'ai pleuré comme un bébé... évidemment. A la mort de Goose ? Ah oui ! Mais je pleurais déjà bien avant. Il ne s'était pas écoulé 30 minutes de film que je pleurais déjà. Pourquoi ? Tu te rappelles quand ils se croisent dans l'ascenseur après le dîner ? Sur le dos, elle a un tee shirt blanc et un blouson de cuir.... comme toi....

«  Il aurait volé de toute façon. Même sans toi. La mort dans l'âme mais il l'aurait fait »

Toi aussi, un jour où l'autre, tu devras continuer de voler sans moi. Et je ne sais pas de quelle manière je peux te préparer à ça. Je ne sais même pas si c'est possible.

« Bon ou mauvais il faut tirer partie de tout. Il faut que ça puisse servir de leçon »

Je sais que ce sera difficile mais surtout ne plaque pas. Il faudra que tu réengages le combat. Le meilleur pilote on ne le laisse pas au sol. Quoi qu'il arrive, on le renvoi combattre.
…....



La vie ne fait pas de cadeau, tu avais raison. Mais je n'ai jamais plaqué. Engager le combat ? J'ai appris à le faire.
…...

53/  26 AOUT
C'est quoi cette histoire d'assurance ? Mon frère et toi, vous vous foutez de moi tous les deux. Je ne suis pas stupide à ce point. Conduite accompagnée c'est bien cela ? Et si je comprends bien, mon frère t'as assurée sur ma voiture. Je ne vais même pas demandé pour quelle raison. Je sais ce que tu as dans la tête. Le traitement ? Je ne sais pas. On en reparlera mais pas maintenant. Mais dit moi depuis combien de temps tu prévois ton coup ? Parce que la conduite ne se valide pas en 8 jours. Comme d'habitude tu penses 6 mois plus loin. Moi j'ai du mal à réfléchir jusqu'à demain, toi tu penses à dans 6 mois, normal... logique... je ne cherche plus à comprendre.

…...

Il fallait bien que l'une de nous deux réfléchisse un peu plus loin. Et puis au final j'ai eu raison de le faire, ne me dit pas le contraire.
…..

54/  29 AOUT
Je sais que tu voudrais savoir ou je t'emmène, mais je ne te le dirais pas. Je veux te faire la surprise. Je sais que c'est bizarre mais je suis très contente de partir quelques jours avec toi. J'y pense depuis 3 semaines. Je devrais même dire que je ne pense qu'à ça depuis 3 semaines. J'ai envie de voir l'océan, de manger une glace sur la plage, de manger un plateau de fruits de mer... on pourrait faire un basket aussi. Tu dis que tu es nulle mais ce n'est pas grave c'est juste pour s'amuser.
…..

Mon sac est prêt. Oui j'ai préparé mes médicaments. J'ai même rangé et nettoyé la voiture. Si si je te jure. En même temps je tourne en rond depuis 3 semaines alors j'avais largement le temps. Je suis debout depuis 4h du matin, je n'arrivais plus à dormir alors je me suis levée. Je te récupère dans 1h et je suis vraiment impatiente de te revoir. Je suis certaine que ces quelques jours vont être super.... Allez j'y vais. Se serait quand même dommage d'être en retard.
….....


Excellente idée ces vacances. De magnifiques souvenirs. Et oui je suis nulle au basket ; Demande à ton neveu il te le confirmera.
…....

55/ 3 SEPT
Je savais que l'on passerai de bonnes vacances mais c'était bien au delà de mes espérances. J'ai adoré ces quelques jours passés à tes cotés. Je crois que je n'ai pas aussi bien dormi depuis des mois. Pas de cauchemar, enfin en paix. Tu n'imagines pas le bien que ça fait de pouvoir se coucher sans avoir peur de s'endormir. A croire qu'il n'y a que dans tes bras que je me sente bien. Ce qui n'a aucun sens. Merci d'avoir partagé ces merveilleux moments avec moi. Ce sont des souvenirs en plus que j'emporterai avec moi.
Je garderai en souvenir chacun de tes mots, chacun de tes gestes, chaque regard, chaque sourire... Un jour on me prendra la vie, mais mes souvenirs, personne ne me les prendra.


« Quand la folie m’envahit, je ne peux plus lutter
je vois ma vie défilée sans pouvoir l'arrêter
mais dans tes yeux, j'oublie ceux qui m'ont toujours trahie 
de voir tes larmes coulées, c'est mon cœur qui va se déchirer...
Alors je me laisse dériver, isolée ou prisonnier
devant les dangers de la vie, j'ai peur de tout j'ai peur de nous
Et si j'aime autant m'évader, si je passe mon temps à rêver
m' imaginer une autre vie, et oui tout ça c'est grâce à toi
Personne ne comprend ce bonheur car personne connaît la chaleur, celle de ton cœur, celle du bonheur»


dans tes yeux, j'oublie tout....


« Et je cours, je me raccroche à la vie, je me saoule avec ta voix … et tes mots, qui m'entourent... »

…....

Dans tes yeux ? C'est sur l'album « Notre monde à nous » ; C'est toi qui m'a fait découvrir cette chanson. Mais tu as encore modifier les paroles... comme d'habitude.....
…...
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Re: Si je pouvais

le Lun 11 Mar - 0:15
nuit décalée

Il est 9h du matin. On est épuisés et je crois qu'il est vraiment temps d'aller se coucher. A 14h on doit aller voir P'tit loup au centre de rééducation, alors il faudrait vraiment que l'on se repose un peu.

On est à la fin de la deuxième année et donc au milieu de notre histoire. Mais même si nous brûlons d'impatience de lire la suite, il va falloir attendre un petit peu.
On a déjà tapé une quarantaine de pages et je suis certaine qu'il en reste autant, voir plus. En 24h on vient de lire et de revivre deux ans de ta vie. Un bond en arrière doux et violent à la fois.Chacun de tes textes me renvoie à un instant précis de ma propre vie. Lire tout ça aujourd'hui, c'est passé d'une émotion à l'autre, d'un paragraphe à l'autre. J'en arrive même à ne plus savoir si je dois rire ou pleurer. Mais ce sont tes mots, et par extension tes phrases, avec tes sourires et tes intonations de voix. Tes mots qui sont bel et bien devenus les miens. Tu écrivais comme tu parlais et à force de t'écouter j'ai fini par parler avec tes mots à toi. Maintenant c'est plus que flagrant.

Pour certains de tes textes, pour comprendre de quoi tu parlais exactement, j'ai du rouvrir mon propre livre. Et c'est en faisant cela que je me suis aperçue d'une chose. Tout ce que toi tu as écrit c'est exactement la partie manquante du livre. Comme un puzzle dans lequel il manque des pièces. Il suffit de prendre chacun de tes textes un par un, de le placer au bon endroit et l'image se révèle peu à peu.
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Re: Si je pouvais

le Ven 15 Mar - 12:38
4. REVELATIONS

Un pied devant l'autre


P'tit loup va bien. Lundi c'est une nouvelle étape qui l'attend. Il va commencer à travailler aux barres. Il appréhende mais il est content. Il va enfin pouvoir commencer à marcher. Ou plus exactement réapprendre à mettre un pied devant l'autre.

Moi j'ai repris le boulot et contrairement à ton neveu moi je peux marcher normalement. Pourtant, comme lui, j'essaye de mettre un pied devant l'autre. Plus, j'en suis incapable. Ne me demande pas de réfléchir ou de me battre j'en suis incapable. Je déteste que l'on me fasse faire des choses qui me semblent illogiques. Mais là... j’exécute sans discuter. Je fonctionne comme une machine, comme un robot. Pourquoi ? Parce que mon esprit est ailleurs. Quelque part entre deux pages.

En principe j'utilise mon travail comme un échappatoire. Douze heures de répit pour mon cerveau. Mais en ce moment c'est compliqué. On a trop de travail et pas assez de personnel, ce qui a pour effet de mettre tout le monde à cran et d'engendrer une ambiance détestable. J'aime mon travail mais en ce moment je suis bien contente lorsque la journée arrive à sa fin.

J'ai dit à ton frère de continuer à taper tes textes sans moi. Alors tous les soirs je récupère par mail deux ou trois de tes textes. C'est plus ou moins devenu mon feuilleton du soir. Et tous les jours c'est la surprise. Joyeux ou triste ? Optimiste ou pessimiste ? Explicatif ou révélateur ? Il y a de tout. On avance doucement parce que certains de tes textes sont difficiles à lire, difficiles à encaisser et difficiles à accepter. Mais on avance un pas après l'autre.  Chaque jour on fait un pas de plus. Un pas de plus vers la fin.
Et c'est un problème. Pour moi c'est un problème. Lire l'un de tes textes tous les soirs c'est t'écouter tous les jours. Mais il arrivera forcément un moment où il n'y aura plus de texte. A un moment ou a un autre on écrira le dernier. Il n'y aura rien après. Il n'y en aura plus jamais d'autres.
C'est déjà inespéré d'être tombé la dessus après si longtemps que je devrais m'estimer heureuse. Je le suis, mais ce n'est pas plus facile d'accepter pour autant.
Mais on est encore loin de la fin ? C'est exact ! Ton frère m'a envoyé toute la troisième année par mail jour après jour.
Tu veux savoir ce qu'il y avait dedans ? Et bien je te laisses le découvrir....
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Re: Si je pouvais

le Ven 15 Mar - 12:49
Retour vers la troisième année

56/ 6 SEPT
Demain c'est la rentrée, pour moi. J'ai hâte de reprendre le lycée. De retrouver nos petites habitudes, de manger avec toi tous les midis, comme avant. Et puis tu vas avoir 18 ans alors à partir de maintenant il est hors de question que je me cache  pour passer du temps avec toi. Je me fou que les élèves ou mes collègues le voit. Tu n'es plus mon élève alors je vois qui je veux en dehors du lycée. Je sais que je vais m'attirer les foudres de certains, voir alimenter certaines rumeurs mais je m'en moque. Si ils n'ont que ça a faire. Moi je n'ai pas le temps de me préoccuper de ce que pense les autres. Alors ce sera toi et moi, un point c'est tout. Au pire, ils auront de quoi alimenter leurs conversations pendant quelques semaines... et après ?  J'en ai marre de faire attention à ce que je fais ou à ce que je dis sous prétexte qu'on est sur le parking du lycée. J'ai l'impression de te mentir, c'est frustrant et je ne le supporte plus.  Oui je passe l'intégralité de mon temps libre avec toi et j'en suis fière. Si ça leur pose un problème et bien tant pis.


« De toi à moi en passant pas nous ça ne les regarde pas »
…....


On peut dire que tu commençais bien l'année. Je ne sais pas quel effet a eu sur toi nos vacances, mais... déterminé ton discours. Pour ne pas dire violent. Tu avais quoi dans la tête pour écrire ça ?
…....

57/ 8 SEPT
Déjà une journée de passée. C'était sympa de manger tous ensemble ce midi on devrait le faire plus souvent. Manger avec des élèves ce n'est pas interdit que je sache. Ce n'est pas comme si je les mettait dans mon lit. Et voilà l'autre raison pour laquelle je ne peux plus t'avoir comme élève. J'imagine le scandale d'ici. Mais honnêtement ? Ça m'est égal. Ils pourront parler longtemps... je serais morte avant. Je sais que tu ne voulais pas prendre le volant justement pour restée discrète. Mais maintenant ou dans 3 mois quelle différence ? Demain c'est ton anniversaire, tu seras majeure donc... tu fais ce que tu veux avec qui tu veux. Et je t'avoues que oui, d'un coté je suis soulagée. Parce que, dormir dans ton lit en vacances au bord de la mer, ne me pose aucun problème, mais chez tes parents... je voudrais éviter de me retrouver devant un tribunal. Au moins maintenant, la dessus, on est tranquilles. Je sais que toi tu ne t'ai jamais posé la question, ce n'était pas un problème. Mais ce n'était pas à toi de te la poser, c'était à moi de le faire. Et si, bien sur que j'y ai souvent réfléchie et je sais que raisonnablement c'était une très mauvaise idée. C'était même la dernière chose à faire. Si mon frère n'est toujours pas au courant ce n'est pas un hasard. Mais je crois qu'il y a des choses contre lesquelles il ne sert à rien de lutter.


Et en parlant de lutter il va falloir que je te dises quelque chose, et rapidement. J' ai appelé l’hôpital, je recommence le traitement à partir de mercredi. Voilà pourquoi il va falloir que tu prennes le volant. C'était déjà horrible la dernière fois, ce sera pire cette fois ci. Je le sais, ils m'ont prévenu. Mais je ne te laisserai pas. Je ne veux pas mourir. Pas maintenant. Je veux revoir le château, repartir en vacances, revoir l'océan... et pour faire tout cela j'ai besoin de temps.  Alors on va se battre pendant 2 mois et ensuite on repartira. Je vais être malade comme un chien mais je sais que tu seras là, alors on y arrivera. Mais je vais vraiment avoir besoin de toi parce que je ne sais pas ce qui va se passer. Ce traitement va m'épuiser, je ne serais peut être même plus capable de marcher. Quand aux effets secondaires alors là... choisie... la liste fait 2 pages. Depuis le début tu as tout gérer alors je sais que tu y arriveras. Si t'es capable de le supporter à 18 ans je peux le supporter à 26.
Alors on y retourne …


En revanche il y a une chose importante dont il va falloir que l'on parle. Je ne veux pas finir au rayon fruits et légumes. Mais comment je vais t'expliquer ça ? Est ce que j'ai le droit de te demander ça ? Mais... a qui d'autre ? Tu en as déjà fait tellement....
….....


Ah ! Ben disons que là je te retrouves. L'esprit de combattant, peur de rien ni personne. Voilà, on y est. Et rien ne pouvait me faire plus plaisir.
Quand au rayon fruits et légumes je vois très bien de quoi tu parles. Cette expression me suit depuis le jour ou tu  l'a prononcée pour la première fois. D'ailleurs, ce jour là je ne l'ai pas comprise. Mais aujourd'hui... je sais que malgré le coté morbide de cette expression tu avais cent fois raison.
…...


58/ 14 SEPT
Je n'avais pas le courage de rentrer chez moi. Je vais dormir à l’hôtel ce soir. Je suis crevée, je vois flou, je ne vais pas faire 45 kilomètres comme ça. Pourquoi je ne t'ai rien dit ? Parce que rester chez tes parents c'est impossible. Et puis je vais me coucher et demain j'irais beaucoup mieux. De toute façon ici ou chez moi il n'y a pas de différence. Au contraire je peux dormir plus longtemps demain matin.
…...



Sauf que ce jour là tu m'as mentis. Tu étais censée rentrer chez toi. Il valait sans doute mieux que tu dormes à l’hôtel, je suis d'accord. Mais ce qui aurait été encore mieux c'est que tu me le dises.
…...


59/  29  SEPT
Je n'ai pas dormi de la nuit. Une horreur. Heureusement que depuis 3 semaines je dors à l’hôtel le mercredi parce que je serais incapable de conduire. Non je ne t'ai rien dit. Tu ne vas pas en plus me surveiller et t'occuper de moi la nuit. Je pars de chez toi je fais 10 kilomètres et je me recouche. Ça va aller. On est à la moitié du traitement je vais y arriver. Oui je préférerais que tu sois là mais tu ne vas pas passer des nuits blanches et aller en cours le lendemain, à cause de moi.
…....

Il est 2h du matin... et je ne me sent vraiment pas bien. J'en peut plus de vomir. Il faut que ça s'arrête. En prime, à cause des médocs je n'arrête pas de pleurer, ce qui bien sur me donne mal au crane. Je n'arrive pas à mettre mes lentilles donc je vois que dalle mais à part ça tout va bien. Une fois que j'arrête de me plaindre tout va bien. Je voudrais t'appeler mais... il est 2h du mat' et je ne suis pas certaine que tes parents apprécient la blague.
Quand je me regarde dans le miroir je me fais peur toute seule et ce n'est pas très rassurant. Si je perds connaissance ici, personne ne me ramassera. Personne ne sait que je suis là, ni toi ni mon frère. Ce n'est pas malin ? Oui je sais. Mais si je vous le dit vous allez débarquer. Et puis seule dans mon appartement ou seule ici je suis peut être mieux ici, c'est plus près.

…....


Quand je lit ça j'ai juste envie de t'étriper. Pourquoi tu ne m'a pas demandé de rester avec toi à ce moment là? Mes parents ? On aurait pu s'arranger. Déjà les après midi c'était une horreur alors je veux bien croire que tu dormais mal la nuit. Sauf qu'évidemment les mercredis après midi tu t'en a aucun souvenir. Ce qui n'est pas mon cas. Je voudrais pouvoir effacer certains passages de ma mémoire, mais c'est malheureusement impossible. Si je les ais appelés les mercredis en enfer, ce n'est pas pour rien.
….

60 / 5 OCT
Je crois que j'ai eu chaud sur ce coup là. La gare ou chez mon frère ? Bah,  la gare c'est bien. Je peux aller à l’hôtel à pied. Je sais que je ne suis pas en état de conduire mais ce n'était pas mon intention. Je dors à l' hôtel comme tous les mercredi. Mais... je ne te l'ai toujours pas dit.

Je ne me souviens de rien c'est horrible. Il y a un blanc entre le moment ou l'on est partie de l’hôpital et celui ou tu as refusé de me donner les clés de la voiture. Qu'est ce qui s'est passé ? Qu'est ce que je t'ai fait ? J'ai mal partout, j'ai même des bleus et je ne sais pas d'où ils sortent. Et je sais très bien que ce n'est pas toi qui m'a donné des coups. En général les coups je me les donnent toute seule. Toi tu serais plutôt du genre à les éviter.
Il faut vraiment que l'on en finisse parce que je ne vais pas le supporter longtemps. Ce traitement me fait peur. Si je m'endors et que je ne me réveille pas ? Et si je perdais la mémoire complètement ? Peut être que la semaine prochaine je ne te reconnaîtrais pas.

….....

Tu avais mal partout ? Je veux bien te croire. Les bleus ? Effectivement ce n'est pas moi mais je sais d'où ils viennent. Le jour où je réussirai à mettre des mots sur la partie manquante de ta mémoire, je comblerais les blancs. Je t'expliquerai mais ...laisse moi un peu de temps.
…....


61/ 15 OCT
C'était une super idée la pizzeria et le ciné tous ensemble. J'ai passée une excellente après midi et je n'avais même pas envie de rentrer. Pourtant je suis crevée et j'ai un match demain matin mais je n'avais pas envie de rentrer. Et puis j'en ai marre de te déposer sur un parking ou sur un trottoir. L'avantage des vacances c'est que je te jette nulle part, on rentre au même endroit. On repart quand ?

…...

Moi aussi j'appréciais nos vacances ensembles. Et à l'époque on avait la chance d'avoir douze semaines de vacances par an. Ce qui n'est plus mon cas aujourd'hui.
…...

62/ 19 OCT
Cette soirée t'as probablement coûté une petite fortune. T'es complètement folle. La raison pour laquelle tu voulais travailler cet été c'était celle là ? Tu avais tout calculer en fait. Surprise ? Non. Venant de toi ça ne m'étonne pas. Je commence à avoir une vague idée de ce dont tu es capable. Juste parce que je t'ai dit un jour que je rêvais de voir un match de NBA ? Tu comptes réaliser tout mes rêve ? A bien y réfléchir... on dirait que oui.

J'ai mal au crane à en vomir mais... au moins pour le coup il a une raison d'être. Cette salle, cette ambiance, c'était vraiment génial. Le basket c'est pas ta passion, c'est la mienne. C'est toute ma vie. Et quand j'ai réalisé que tu as cherché, réservé et payé les places juste pour moi... mais comment veux tu que je réagisse ? Tu l' as fait juste pour me faire plaisir à moi, je le sais. T'es complètement cinglée. Mais t'es géniale. Personne n'a jamais fait ce genre de choses pour moi. Alors crois moi quand je te dis que cela me va droit au cœur. Et en disant droit au cœur, je pense que ce n'est pas une métaphore. Le jour où tu m'as ramassée c'est une flèche en plein cœur que tu m'as plantée, sans même le savoir.

…...

L'essentiel pour moi à ce moment là c'était de te voir heureuse ; Je savais que ce match était l'un de tes rêves alors si je pouvais contribuer à le réaliser et bien tant mieux.Depuis quatre mois j'organisais cette soirée et ce soir là...Oui j'étais fière de moi. Fière parce que j'ai eu ce que je voulais.

Une flèche en plein cœur ? Qu'est ce que tu veux dire ? Dit de cette manière, la seule chose que ça m'évoque c'est la flèche de Cupidon. Tu m'expliques ?
…..


63/ 21 OCT
C'est bizarre ! Quand Jeremy dormait chez moi je le virait à 4h du matin parce que je ne supportais pas de l'avoir dans mes pattes le matin. Me souler avec des questions stupides dès le matin, je ne supportes pas. L'avantage avec toi, c'est que le matin tu ne risques pas de souler qui que ce soit. Tant que tu n'as pas avalé ton café tu ne décroches pas un mot. Je trouve ça drôle d'ailleurs. Tu vas me dire que ce n'est pas la première fois. C'est vrai. Mais en vacances rien ne presse, pas de réveil, pas d'horaire à respecter. Mais hier ?? Tu peux m'expliquer? J'ai toujours vécue seule et je sais que je suis une emmerdeuse avec mes habitudes à la con. Mais toi ça ne te déranges pas ? Tu t'effaces, tu t'adaptes sans même te poser une seule question, ni même dire quoi que ce soit. T'es comme les caméléons en fait. Tu t'adaptes à l’environnement. Avec Jeremy on finissait toujours par s'engueuler et je me suis souvent dit que ça ne venait de moi, et que je ne serais jamais capable de vivre en couple mais finalement j'avais peut être tort. Me réveiller à tes cotés, préparer nos affaires comme deux étudiantes et partir bosser ensembles … c'est plutôt chouette en fait.
…...


Oui c'était chouette. Tes habitudes à la con ? Tu parles du fait que tu passais quatre fois dans la salle de bain parce que tu étais incapable de tout faire en une fois ? Ça me faisait rire en fait. Quand à mon café du matin je te rassures je n'ai pas changée. Si par malheur je n'ai pas eu le temps de boire mon café avant d'aller bosser mes collègues savent qu'il va vite falloir trouver un distributeur. Sinon, ce n'est même pas la peine de me parler.
….
Schrtoumpfy
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Re: Si je pouvais

Hier à 23:10
Troisième automne

64/  22 OCT
Ta prof de Français commence à m’énerver passablement. Je garde mon calme parce que je ne veux pas qu'elle se venge sur toi mais si elle continue je vais lui rentrer dedans. Elle n'a pas de vie qu'elle s'amuse à espionner la notre ? En quoi ça la regarde ce que je fais avec toi le mercredi ? Tout le monde sait que l'on arrive ensemble et que l'on repart ensemble. Tout le monde s'en moque... sauf elle. Certains pensent que je passe devant chez toi en venant travailler, d'autres pensent que l'on se connaît depuis bien avant le lycée, et le reste se rappelle avoir entendu que tu étais ma demie sœur et je n'ai contredit personne. Mais elle, je ne sais pas ce qu'elle cherche. Ses élèves la déteste, moi ce n'est pas mon cas, mais on a pas non plus la même conception de l'enseignement. Elle est jalouse ou quoi ? Sauf qu'à mettre son nez partout je vais finir par avoir des ennuis. Si elle sait ce que je fais tous les mercredi et qu'elle balance, je suis bonne pour la médecine du travail. Et là je vais avoir un problème. C'est mon frère qui s'occupe de tout ça et il s'arrange pour planquer une partie de mon dossier médical. Et jusqu'ici tout fonctionne très bien, alors qu'elle ne vienne pas foutre sa merde.

Et mon dossier médical ce n'est pas le pire. Je sais à quoi elle pense mais si j’entends un mot sur le sujet je l'accroche au mur. On est bientôt en vacances et j'espère que ça va la calmer. Qu'elle nous oublie ce serait bien.
Et en parlant de vacances, je crois qu'on a du boulot parce que tu n'as pas travaillée beaucoup ces dernières semaines.

…..

Ma chère prof de Français. Elle nous aura bien pourrie la vie celle là. Et mon petit doigt me dit que je ne sais pas tout. Je suis bien curieuse de découvrir ce qu'elle t'a fait. Même si je pense que ça va m'énerver.
…....

65/  24 OCT
Au moins maintenant tu comprends d'où sort cette phrase de Baudelaire. J'adore ce film. Parce que le sujet porte en partie sur l'enseignement ? Oui en partie. T'avais raison en disant que j'aurais bien aimé passer l'agrégation mais malheureusement je n'ai pas le temps nécessaire devant moi. Je me suis faite une raison, le poste que j'occupe aujourd'hui me convient très bien.  Oui ce film est un peu ce que j'aurai voulu faire de ma vie mais ce n'est pas la seule raison. Ce que j'aime c'est leur histoire. Ce mec sorti de nulle part avec qui elle n'a aucun point commun.... et pourtant, il va lui apprendre énormément de choses. Sur elle même, sur la vie. Et finalement, si elle obtient son diplôme c'est grâce à lui. Cette rencontre dans le métro par hasard ( pas sure) provoque son destin. C'est comme si elle était piégée, elle ne peut pas lui échapper. Comme si c'était écrit quelque part. J'adore le concept.
….....


Le film dont tu parles c'est L'étudiante. Et je sais que les passages du film que tu préferais dans ce film c'est celui ou Ned compose son thème au téléphone et la scène finale, celle de l'examen. Celle ou elle dit : « C'est l'union de ces deux êtres si imparfaits et si affreux ». Oui je connais le film par cœur jusqu'à la réplique de Ned au restaurant. La tirade qu'il lui sort juste pour lui prouver qu'il sait finir une phrase. Et bien oui je la connaît par cœur.
…...

66/ 25 OCT
Et voilà c'est repartie ! Demain il faut retourner à l’hôpital. Les manèges ce n'est pas un problème mais je ne sais pas ce que va nous dire le professeur. Je me sent bien, mais j'ai peur qu'il nous dise que le traitement n'a pas fonctionné.  Tu veux tellement que ça marche, j'ai peur que tu sois déçue. Je ne veux pas te voir triste. Je sais que depuis 2 ans tu as beaucoup souffert par ma faute et il serait temps que la chance tourne. J'en ai marre de t'obliger a passer tes journées à l’hôpital avec moi. Tu vas me dire que je ne t'obliges à rien mais j'ai la sensation du contraire. Moi j'ai envie de vivre autre chose. Tu mérites de vivre autre chose. De vivre normalement. Malheureusement je ne suis pas certaine de pouvoir t'apporter cette vie là. Et je le regrette sincèrement, tu peux me croire.
Mais toi ? Comment tu vois ta vie ? Qu'est ce que tu voudrais en faire ? Comment tu l'imagines ? Je ne suis même pas certaine que tu te sois posée la question. A force de te répéter qu'il faut profiter de l'instant présent, je crois que tu n'as jamais pris 5 minutes pour réfléchir à ton propre avenir. Il serait peut être temps de le faire...

…...

C'est vrai je n'avais pas pris le temps de le faire. Ce que je voulais faire de ma vie ? Je n'en avais aucune idée. Comment je l'imaginais ? Aucune idée non plus. Mais je peux te dire ce que je n'imaginais pas. A savoir, passer ma vie sans toi.
…....

67/ 23 NOV
Finalement, elle ne s'est pas si mal passée que cela cette consultation. Un jour tu vas finir à l'étage d'en dessous, à force de creuser le sol, mais ce n'est qu'un détail. J'ai encore du mal à réaliser ce qu'il nous a dit. 6 mois ? 6 mois de plus ? Au minimum ? Ça signifie Noël, les vacances de pâques et peut être les vacances d'été. Je ne voulais pas de ce traitement mais... merci d'avoir insisté. 6 mois ce n'est peut être pas grand chose mais c'est assez pour pouvoir partir en vacances, retourner au château, aller au cinéma, manger une pizza, faire une partie de bowling... On va avoir un planning chargé.
Mais l'opération ? Je ne sais pas. Est ce que cela en vaut vraiment le coup ? Les risques sont monstrueux. Vivante ? Oui peut être mais dans quel état ? Il faut vraiment qu'on parle.

…...
Parler ? Pour me dire que tu ne voulais pas des fruits et légumes ? Je me souviens très bien de cette conversation. Et même si pour moi c'est l'une des choses les plus difficiles que j'ai entendue, tu as bien fait.
…....

68/ 29 NOV
Alors c'est à ça que ressemble une vie normale ? Depuis la consultation la semaine dernière, je te trouves plus calme, plus détendue.Tu as enfin compris que ce n'était pas la peine de t’inquiéter pour moi ?  Ou plutôt... tu le montres moins, c'est déjà pas mal. Et c'est bien. Parce qu'il faut vraiment que tu relâches la pression. Moi j'ai des migraines en permanence, mais c'est ton cerveau qui va finir par exploser. Maintenant on va peut être pouvoir parler d'autre chose que d’hôpital et de traitement, parce que je t'avoues que j'en ai un peu marre. Depuis le début tu es là pour moi et je me suis beaucoup attachée à toi. Un peu trop peut être. Mais la question c'est qu'est ce que tu veux toi ? Mais je ne suis même pas sure que tu connaisses la réponse. Oui, pour connaître la réponse il faudrait déjà que tu te poses la question. Et ça je crois que ce n'est pas pour demain. Non tu préfères te demander :quand est ce qu'ils vont m'opérer ? Ou ? Comment ? Pour quels résultats ? Quels effets secondaires ? ... Je vois ton cerveau fumer d'ici. Tu ne voudrais pas te poser 2 secondes et réfléchir ? Je dis ça mais je ne suis pas mieux. Depuis un moment je sais qu'il y a un problème quelque part mais aucune envie de me poser des questions la dessus.
Il faudrait ? Oui sans doute. Mais j'ai 6 mois devant moi alors j'ai le temps. Et puis je n'ai aucune envie de tout foutre en l'air. J'aime notre vie comme elle est et je ne veux pas que les choses changent. Alors c'est très bien comme ça.

….....

Moi aussi j'aimais notre vie comme elle était alors pourquoi je me serais posé des questions ? Un problème ? Lequel ? Oui je voulais que tu acceptes l'opération. Bien sure parce que je voulais que tu restes à mes cotés le plus longtemps possible, tout simplement.
….....
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Re: Si je pouvais

Hier à 23:24
Troisième hiver

69/ 21 DEC
Cette semaine c'est révisions de Français. Et je ne veux rien savoir. Tu ne m’achèteras pas avec les tartines. Il faut que tu bosses. Je vais très bien alors toi tu bosses. Et il vaut mieux que ça rentre parce que si on termine je t’emmène en vacances entre Noël et Nouvel An.
Et la deuxième raison pour laquelle il faut que tu bosses c'est pour avoir une bonne note au bac blanc, histoire de clouer le bec à l'autre conne. Je ne supporte plus ces réflexions. Si tu n'étais pas dans sa classe je lui casserai les dents. De quel droit elle veut me dicter ma conduite ? Comment elle peut se permettre de juger ? Elle ne sait rien de notre vie.


….
Notre vie ? C'est comme ça tu voyais les choses toi ? Tu savais ce que cela signifiait, Ou tu l' as écrit parce qu'elle t'avais mise en colère ?
…...

70/ 24 DEC
J'ai quasiment passée la semaine chez toi et tu veux que je te dises ? Je voudrais être nulle part ailleurs. Les vidéos, les chansons, nos plateaux télés.. j'adore. J'ai l'impression de revivre. Ou de vivre tout court, tout simplement. C'est peut être ça d'ailleurs. Tu rends les choses tellement simples. On a l'impression que pour toi tout est normal. Même ce qui ne l'est pas du tout d'ailleurs. Mais ça c'est une autre histoire. Tu réalises qu'au jour d'aujourd'hui c'est avec toi que je partage ma vie ? Je ne pense pas. Et si je passe mes journées avec toi ce n'est pas parce que je suis malade et que je ne vais pas bien. Non. Je vais très bien. Je vais même plus que bien.

Il y a longtemps tu m'a demandé ce que je voulais faire de ma vie. Tu te souviens ? Je suis certaine que oui. Et je t'ai sortie une liste stupide que tu connais bien mieux que moi. Mais il y a quand même une chose dont je me rappelle. Je t'ai dit que je voulais rêver et que je voulais connaître l'amour et l'envie.... alors … bravo ! Et merci.


Ce soir c'est le réveillon alors... Joyeux Noël. Et à lundi...
…....

Je me souviens très bien de ta réponse. Elle est même devenue un but a atteindre. Et aujourd'hui je peux dire que je m'en suis bien sortie.
…...

71/ 26 DEC
Hier soir en rentrant de chez mon frère j'avais le CD de Balavoine dans la voiture. Et... il faut vraiment que je te fasse écouter celle là. Je suis certaine que tu la connaît mais tu n'as jamais écouté les paroles.


« Et ta seule insolence, c'est de me faire confiance
un peu de ton absence est une infirmité 
Me laisse pas m'en aller...»


disons que je n'aurais pas dit mieux.
…....


Tu n'aurais pas mieux dit ? Et bien moi non plus.
…...


72/ 3 JAN
Ce que j'aime avec toi c'est que l'on est jamais au bout de ses surprises. T'es complètement cinglée. En quelques jours tu as rempli mon existence comme personne ne l'a jamais fait.. et tu ne le sais même pas. A la base, je voulais te faire plaisir et profiter d'un bon moment en t'emmenant la bas. Et évidemment ça a été le cas. Mais... tout le reste... j'en ai encore la tête qui tourne.
Je le sais. Je n'arrive pas à le dire, ni même à l'écrire mais je le sais. Et je crois qu'au fond de moi je le sais depuis le début. Depuis le 1 er jour. J'ai essayé d'y échapper, j'ai refuser de l'imaginer, j'ai cherché une explication, j'ai trouvé des excuses mais... il arrive un moment ou il faut se rendre à l'évidence.

…....

Tu sais quoi ? Tu n'arrives pas à dire ni même à écrire quoi ? Oui je pense avoir compris. La réponse que j'attends depuis si longtemps je pense que c'est celle là ; Alors vas y... écrit le.
…..

Quand j'ai vu la gravure sur la gourmette, tu n'imagines même pas ce que j'ai ressentie. Et je serais incapable de te l'expliquer. Trop beau, trop fort, alors j'ai pleuré. J'aurai voulu crier, le hurler à la terre entière. Mais c'est impossible, alors j'ai pleuré.

Et puis finir la soirée aux urgences. Le comble ! Comme si je t'avais emmené là bas pour aller à l’hôpital. Sauf que bien évidemment il a fallut que tu insistes. Et comme d'habitude j'ai fini par céder. Cela dit, la tête que tu as fait quand l'interne m'a demandé me déshabiller... je ne suis pas prête d'oublier. Tu veux que je te dise ? T'es jalouse. Oh oui !!!! Et le pire ? C'est que j'adore ça. Rien que pour ça je ne regrette pas d'avoir finie aux urgences.
Et la boite de nuit ? On en parle ?  Qu'est ce qui t'as pris de m'envoyer tout droit dans les bras de ce mec ? Ce n'est pas lui que j'aurai du gifler c'est toi. Tu ne comprends vraiment pas ? Je crois que non en fait. T'es vraiment incroyable !

….....

Et bien non ! En effet, à l'époque je n'ai rien compris. Il aura fallu que je repasse notre histoire des dizaines de fois dans ma tête pour oser me poser la question. L'interne des urgences ? Je suis probablement passée au rouge écarlate en moins de trois secondes. Tu as raison j'étais jalouse. Mais je ne m'en suis pas rendue compte.
…...


73/ 4 JAN
Pourquoi tu es revenue l'autre soir ? Comment tu le savais ? Je suis désolée. Ces derniers jours ont étés tellement intenses que de me retrouver seule ici., je ne l'ai pas supporté. Je me suis effondrée et impossible de me relever. Tu as raison ça devait faire environ 3h que je pleurais toute seule dans le noir. Mais ça aura eu le mérite de me confirmer une chose : sans toi je perds pieds, je m'écroule. C'est toi qui me tient debout, toi qui me fait vivre, toi qui me donne le courage d'affronter le pire et l'envie de vivre le meilleur...

Et.....


« Là tes cheveux qui me frôlent, mon visage sur ton épaule
Donne-moi de ta chaleur, contre ma peau sur ton cœur
Toi si fragile et si belle, emmène-moi sous ton aile
Je sais que tu me protèges, du mauvais sort des sortilèges
Tous mes démons mes délires, pour le meilleur et même pour le pire
Le pire, je n'en ai plus peur
Je deviens fou je deviens fort, je suis déjà soûl j'en veux encore
Encore, que tu m'aimes encore
Comme un animal blessé, lèche-moi le bout du nez
De mes cauchemars de mes rêves, réveille-moi du bout des lèvres
Sans le savoir d'un sourire, tu me touches je te désire
Là mon ventre qui palpite, sur des vagues d'eau bénite
Tous mes démons mes délires, pour le meilleur et même pour le pire
Le pire,… » 


Le pire ??? c'est que tout est vrai, c'est la stricte vérité.
…......


Cette chanson....merci pour les larmes.Je suppose que les erreurs dans le texte ne sont pas des erreurs.Si tout est vrai, alors je crois que je commence à comprendre ce que tu ressentis vraiment pour moi. En revanche, ce que je ne comprends pas c'est la raison pour laquelle tu ne me l'a jamais dit.
…......


74/ 5 JAN
Je crois qu'il faut que j'arrête de te regarder de cette façon parce que je vais finir par te faire peur. Mais c'est plus fort que moi. Je sais que tu sais lire à travers mon regard alors fait le.  Hier soir à table … je … un jour je vais craquer. Je deviens dingue. Tu vas me rendre dingue.
Mais ce n'est pas du tout le moment de te perturber. Tu passes le bac blanc de français dans 1h et je profites que tu sois sous la douche pour écrire. Assure moi ce bac blanc s'il te plaît, que je puisse lui mettre dans les dents. Et qu'elle nous lâche une bonne fois pour toute.

…......

Pas le moment de me perturber ? Hummm, la bonne excuse....
…...


75/  13 JAN
Je ne voulais pas en arriver là mais je n'avais plus vraiment le choix. Stupide comme elle est, elle serait bien capable de te sortir une réflexion, et en plein cours encore. Devant des gamins de 18 ans,. Super !!! Idée de génie. Les rumeurs de la salle des profs, je m'en moque complètement mais qu'elle ne s'attaque pas à toi parce que ça va très mal se passer. De toute façon les gens critiquent forcément ce qu'ils ne comprennent pas, c'est dans la nature humaine. Et je commence à comprendre pourquoi elle ne dépasse pas les 60% de réussite au bac. Avoir l'esprit aussi étriqué en tant que prof de Français c'est spécial quand même. Je ne vais quand même pas lui faire un cours sur Rimbaud et Verlaine, si ?

Mais bon ! Je pense que là, elle a compris. Je l'espère en tout cas. Je l'ai prise à part, et là j'ai encore été sympa, et je lui ai gentiment expliqué qu'au lieu de s'occuper de notre vie privée elle ferait mieux de se concentrer sur son enseignement. Et oui !!! J'en ai profité pour lui rappeler que moi j'obtenais 90% de réussite et pas 60% . C'est méchant ? Oui et bien il ne fallait pas me chercher.


Toujours est il qu'en principe elle devrait la boucler un moment.
…...

Moi je ne pouvais pas la voir. Mais tu lui trouvais des excuses. Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de tout ça ? Visiblement elle t'as poussée à bout, elle t'as pourrie la vie jusqu'à propager des rumeurs. Et aujourd'hui j'imagine très bien ce qu'elle a pu dire. Tu as réglé le problème sans m'en parlé. Pour me protéger je suppose...
…...


76/ 18 JAN
Tu voulais savoir pourquoi j'étais en retard ? Tout simplement parce que j'ai discuté un moment avec Eric. Le prof d'anglais des TS2. Et ben si je m'attendais a ça. On se croise depuis 3 ans mais c'est vrai on avait jamais pris le temps de se parler. Je ne peux pas t'expliquer ça de vive voix alors je vais te l'écrire. Comme tout le monde, il a entendu les rumeurs qui circulent (merci l'autre conne), sauf qu'au lieu d'arrêter de parler quand je rentre dans la salle, lui, il est venu me voir. Pour me dire quoi ? Ben c'est a ce moment là où je suis tombée sur le cul. Il m'a dit de ne pas rentrer dans leur jeu, de ne pas faire attention et que ça finirait forcément par se tasser. Sur le coup, j'ai pas compris. Et puis il a fini par m'expliquer qu'il vivait avec un homme depuis 6 ans et qu'il était très heureux.

…....

Et bien je comprends mieux pourquoi tu fuyais la salle des profs. Sympa les collègues ! Comment tu as fait pour supporter ces rumeurs sans rien dire ?
…....

Alors effectivement il a soulever quelques questions. Voilà pourquoi j'étais en retard.

Parce que si toi, des questions tu ne t'en poses aucune. Moi ce n'est pas mon cas. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi te dire. J'ai peur de te faire fuir et je ne veux pas te perdre. C'est même la dernière chose que je veux. J'ai mis du temps à comprendre. C'est vrai, mais je ne peux plus le nier. C'est impossible. Tout ce que l'on vie jour après jour me prouve que je ne me trompe pas. Mais comment je vais te l'expliquer ? Est ce que tu vas l'accepter ? Quand et comment tu vas l'accepter ? Il y a un peu trop de questions sans réponses. Je refuse de prendre le risque. Pas maintenant, pas encore....
…....


Confiance, complicité, affection, réconfort, voilà en quelques mots ce qui définissait notre relation. J'étais bien avec toi et je savais que c'était réciproque. Alors pourquoi me poser des questions ? Notre relation n'a m'a jamais soulevée le moindre problème, alors pourquoi chercher des explications ? Je n'ai jamais eu besoin de le faire.
…..


77/ 24 JAN
Quand je t'ai demandé ce que tu voulais faire plus tard, ce n'était pas uniquement professionnel. Je voulais que tu me dises comment tu imaginais ton avenir. Tu veux te marier ? Tu veux des enfants ? T'es majeur maintenant, il serait normal que tu y penses, ou au moins que tu commences à y réfléchir. Toi qui pense toujours avec 6 mois d'avance là non. Je ne comprends pas. Ça ne te viens même pas à l'esprit. Parce qu'au final tu ne m'a jamais répondu, je ne suis même pas sure que tu m' aie écoutée. Mais bien sur que non tu ne m'as pas écoutée. La seule chose qui te préoccupes c'est la consultation de demain après midi. Tant pis, on aura l'occasion d'en reparler et on va en reparler. Pourquoi ? Tu veux la vérité ? Parce que je veux savoir ou je met les pieds. J'ai vécue trop de déception par le passé pour prendre le risque de prendre une gifle de plus.
….....


C'est facile de te dire ça aujourd'hui mais je peux t'assurer que le risque de la gifle il était nul. Cela dit, je comprends très bien ton hésitation.
…..


78/ 25 JAN
Je suis désolée d'avoir réagi de cette façon. Je m'en suis prise à toi alors que tu n'y es pour rien. En plus, a cause de ma réaction, ce qui devait être une bonne nouvelle à fini par une dispute. Je sais que tu as raison mais quand il a parlé d’opérer en Avril j'ai complètement paniqué. L'opération on m'en parle depuis 3 ans.  Mais... je l'ai espérée longtemps au début, jusqu'à ce que l'on me dise que c'était trop tard. Que c'était inopérable et que j'étais condamnée. Quand on en a reparlé il y a quelques mois j'ai refusée d'y croire. Pour ne pas être déçue. Et maintenant ? Maintenant on me dit que c'est possible. Et là maintenant tout de suite. Dans 2 mois. Je ne peux pas. Le bac des terminales c'est juste une excuse. Cette intervention comporte des risques énormes. Je peux très bien ne pas en revenir. Tu le sais aussi bien que moi. Ce qui veut dire que je dois faire certaines choses avant. Il y a des choses que je veux que tu comprennes, qu'il faut que tu saches. Il faut que tu puisses survivre après. Et te préparer à ça en deux mois c'est mission impossible. J'ai besoin de temps. Alors m’opérer en Avril tu peux oublier l'idée tout de suite. C'est hors de question ! Je ne te laisserai pas de cette manière.

…....

Que je puisse survivre après ? Tu voulais retarder l'intervention pour moi ? Tu voulais me préparer à ton départ ? Mais tu comptais faire quoi exactement ? Je comprends mieux pourquoi tu t'es mise en colère ce jour là et pourquoi tu as refusé de me parler.
…....

79/ 2 FEV
Je peux savoir ce qui t'as pris d'inviter ma mère à manger avec nous samedi midi ? T'es ravagée ou quoi ?  C'est de l'incitation au meurtre. Je sais que c'était pour éviter que je fasse un scandale sur le parking. Mais si tu savais ce que je m'en moque. Je ne suis pas à ça près. Et puis je n'y suis pour rien. La dernière fois que l'on s'est vues s'était à l’hôpital avant le décès de mon père. Depuis ? Rien, néant ; pour ne pas changer. Et là, elle se pointe comme une fleur sans prévenir. Et sur mon lieu de travail en prime. Tu voulais que je reste calme ? Ah non ! Impossible.
Heureusement que j'avais ma sacoche dans une main et ta main dans l'autre parce que sinon je crois que j'aurais été capable de la gifler. D'ailleurs, je crois que je t'ai écrasée les doigts, je suis désolée. Si elle l'a vu ? Ah oui ! Étant donner la manière dont elle t'as dévisagée je peux t'assurer qu'elle a très bien vue que je te tenais la main. Et j'espère, je souhaite  même plus que tout, que ça lui aie fortement déplut. Moi ça fait 20 ans que tout ce qu'elle fait me déplaît, alors laisse moi ce plaisir s'il te plaît.

Et tu veux qu'on mange avec elle samedi ? Tu n'as peur de rien toi ? Arrange toi pour que l'on mange avec des couverts des plastiques. Franchement ? Là je te déteste.  Pourquoi tu veux m'obliger à faire un truc pareil ? Je comprends pas. On va perdre notre temps.

…..

Tu m'as effectivement écrasé les doigts ce soir là. Mais si je tenais tant à ce que tu lui parle, il y avait une bonne raison. La haine et la rancœur que tu avais envers elle n'était pas ce dont tu avais besoin. Il fallait s'en débarrasser une bonne fois pour toute ; Et j'ai trouvé que c'était une excellente occasion de le faire. Et peut être même la seule que tu aurais. Voilà pourquoi j'ai insisté. Et comme tu ne pouvais rien me refuser...
…....


80 /4 FEV
Je dois avouer que tu avais raison. Cette conversation avec ma mère m'a libérée d'un poids. Je disais avoir certaines chose à faire avant de partir et bien celle là en faisait probablement partie. Et c'est vrai, c'est une très bonne chose. Maintenant je vais pouvoir passer à la suivante. Il faut vraiment qu'on parle, mais je ne sais pas par où commencer. Bon ! Pour l'inhumation et les cendres tu le sais déjà. Mais il faut que je te parle de l'ordre NPR, que je veux que tu me laisses partir si je n'ai plus aucune chance, que je ne veux pas de cérémonie. Il faut aussi que l'on parle de l'intervention et de beaucoup d'autres choses. Mais tu as raison on va commencer par le début. Et le début c'est qu'il va falloir que je t'explique que je loue une chambre d’hôtel parce que je ne veux plus rentrer chez moi après les traitements. Je ne peux pas continuer à te mentir et je ne veux plus le faire.
…..


Oui, il était peut être temps que tu me dises la vérité. Tu mérites des baffes, tu le sais ? Je pense que oui. Même ton frère s'est mis en colère en lisant que tu me mentais depuis des mois.
Quand à toutes ces conversations qui t’effrayaient tant, tu as fini par m'en parler. Je sais que pour toi me dire ces choses là étaient loin d'être facile. Parler de ton décès, de cérémonie, d'inhumation, c'était regarder la fin en face. C'est toutes ces choses auxquelles moi je refusais de penser parce qu'elles me faisaient peur. J'ai pleurer en t'écoutant parlé. Pleurer à ne plus pouvoir respirer, mais tu as bien fait de le faire. Et aujourd'hui je pense que l'on devrait tous exprimer nos dernières volontés, d'une manière ou d'une autre, bien avant que nos proches se retrouvent face à une situation qui les dépassent totalement.
…....


81/ 9 FEV
Je ne voulais pas te dire que je ne rentrais plus chez moi le mercredi soir, parce que je sais que tu ne m'aurai pas laissée seule. J'avais raison. Mais là où j'ai eu tort c'est que j'aurai du te demander depuis le début de rester avec moi. Je ne voulais pas le faire parce que tu as cours le jeudi, mais je me rend compte qu'avec ou sans moi tu ne dors pas mieux, ni plus. Alors égoïstement je préfère t'avoir près de moi.
Cette nuit tu as dormi quoi ? 2h ? Mais à 6h du matin tu étais debout et prête a aller en cours. Je sais ce que tu as fait cette nuit, pour une fois je m'en rappelle. Mais je suppose que l'on en parlera pas. Je crois que j'ai fini par m'endormir vers 4h du matin. J'avais la tête sur ton épaule et c'est ton rythme cardiaque qui m'a servi de métronome. Si j'osais, je te demanderais de rester avec moi tous les mercredi soir mais je ne peux pas te demander ça. Et tes parents ? Mais c'est vrai que le fait d'être malade... ta présence me rassure. C'est pas vrai ! Enfin si, mais pas seulement. Disons que c'est surtout une bonne excuse pour dormir dans tes bras. Je sais que c'est complètement tordu mais une fois dans tes bras j'ai l'impression que plus rien ne peut m'arriver, la sensation de pouvoir fermer les yeux en me disant qu'au pire, si je ne les rouvre pas et bien ce n'est pas plus grave que cela parce que j'y suis bien.
…...


Tu réalises ce que tu viens d'écrire là ? Tu trouvais que dormir dans mes bras c'était complètement tordu ? Vraiment ? Vouloir dormir dans les bras de la personne que l'on aime n'a rien de tordu. Toi tu le savais, alors pourquoi tu ne le dis pas ? Tu n'étais pas prête à l'avouer ?
…...

82/ 14 FEV
Tu veux savoir pourquoi je voulais t'inviter au resto ce midi et non pas manger au parc comme d'habitude ? Parce qu'il fait froid et que je voulais manger chaud? Oui, c'est ce que je t'ai répondu mais ce n'est pas la vraie raison. Regarde le calendrier et tu vas comprendre. Tu me fais rire... Je t'invites au resto un midi en pleine semaine mais tu ne cherches pas à comprendre ? Je te dirais on saute dans le lac gelé, tu serais capable de me suivre sans réfléchir. Méfie toi quand même, il m'arrive d'avoir des idées tordues.

Mais je ne regrette pas j'ai passé un très bon moment. Comme tout ceux que l'on passe ensemble.
Demain en revanche, le moment va être nettement moins agréable. Oui, demain on est mercredi. Mais le mercredi... tu restes avec moi. C'est même la seule chose de bien.
….....


Moi qui ai toujours dit que je ne fêtais jamais la St valentin parce que cela n'avait aucune signification pour moi. J'ai toujours défendu le fait que l'on avait pas besoin d'une date sur un calendrier pour faire plaisir à la personne que l'on aime. Que la St Valentin n'était qu'un produit commercial. Et bien on dirait que j'ai menti..
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83/ 17 FEV
Il faut que je parle à mon frère. Je pense que c'est les effets secondaires du traitement mais il y a un problème. Et je voudrais savoir ce qui se passe avant de t'affoler. Le problème c'est qu' hier j'étais tellement épuisée que je n'ai rien vue de la journée. Aujourd'hui il bosse, donc je ne pourrais pas le joindre. Et je sais que ce soir il n'est pas là. Conclusion ça va devoir attendre quelques jours. En espérant que d'ici là tu ne te rendes compte de rien. Et là... j'ai des doutes. Le problème c'est que je ne sais pas quoi te répondre parce que je ne sais pas quel est le problème. C'est pas normal, c'est certain. Je pense que je serais au courant quand même. Mais pourquoi ? Je n'en sais rien.
Cela dit, il faut que je fasse quelque chose parce que c'est vraiment galère. Devoir me changer 3 fois par jour, au lycée en plus, c'est vraiment chiant. Et trouver une excuse à chaque fois, là j'arrive en rupture de stock. Et puis cette connerie m'épuise. J'ai l'impression de me vider. C'est le bon terme d'ailleurs. Je ne vais pas tenir longtemps, au moindre effort je vois des étoiles. Je n'arrive même plus à mettre un pied devant l'autre. Oui je sais, tu m'as dit de prendre un arrêt parce que je suis trop fatiguée pour faire cours. Mais c'est bon, on arrive aux vacances, je ne vais pas me mettre en arrêt maintenant.
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C'est vrai, pourquoi prendre un arrêt maladie ? Peut être pour éviter de se retrouver aux urgences. Mais ce que j'en dit... Tu as fini dans le véhicule du SMUR, mais il était inutile de te mettre en arrêt. Si tu m'avais écouté au lieu d'en faire qu'à ta tête...
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84/ 25 FEV
Le médecin vient de sortir de ma chambre. Il vient de m'expliquer ce que je fais ici. On est vraiment le 25 février ou la télé est mal réglée ? Dit moi que ce n'est pas vrai ! Pourquoi je ne me rappelle pas de comment je suis arrivée ici ? C'est toi qui m'a emmenée aux urgences ? Mais quand ? Et pourquoi ? Il a parlé d'un malaise mais quel malaise ? Quand ? Et ou ? Je ne me souviens de rien.
Je suis ici depuis combien de temps ? J'ai mal au crane, j'ai l'impression de me réveiller après un cauchemar. J'étais en train de perdre un match de basket, donc ça devait être dimanche. Et toi ? Toi tu étais là, dans les gradins. Tu écrivais. Je peux savoir ce que tu écrivais ? Tu prends des notes sur mes matchs ? Mais tu ne m'as jamais vu jouer. Tu ne sais même pas ou est la salle. Je n'y comprend rien. Je me doute que tu vas débarquer dans pas longtemps, au moins tu pourras m'expliquer.
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Tu viens de partir et... machinalement j'ai repris mon stylo. Je sentais encore ton parfum dans la pièce que je pleurais déjà. Ce que je t'ai fait vivre est horrible. C'est monstrueux. Le vivre une fois c'est déjà difficile mais toi c'est la deuxième. Venir tous les jours en réa,  sans savoir si je vais me réveiller, mais comment tu as pu supporter ça ? Si je devais restée dans un état végétatif tu viendrais tous les jours ? Je ne veux pas de ça. On a pas encore eu le temps d'en parler mais il va vraiment falloir. Je veux que tu débranches. Laisse moi partir, libère toi. Je refuse que tu vives avec un poids pareil. Mon frère ne pourra pas le faire, il faudra que ce soit toi qui le fasse. Et il va falloir que tu me fasses cette promesse.

Mais pour le moment c'est toi qui vient de partir. Et c'est pas comme ci tu revenais demain. Non, tu reviens dans 8 jours. Je sais que ces vacances au ski tu en as vraiment besoin mais j'ai l'impression que l'on vient de m'arracher un bras. Et toi tu m'as regardé sur ce lit pendant une semaine sans pouvoir me parler...Si tu as réussi à faire ça, alors je devrais réussir a patienter une semaine. Et puis on se parlera au téléphone tous les soirs. Je vais y arriver. Ça va aller.

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Bel effort d’auto persuasion. Tu venais de passer 8 jours dans le coma. Et je devais partir au ski. Je n'avais aucune envie de partir mais je n'avais pas vraiment le choix et tu le savais. Je suis partie à contre cœur en te laissant seule, couchée sur ce lit. Mais au moins tu n'étais plus dans le coma. Et c'est bien la seule chose qui m'a consolée.
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Mon frère vient de m'apporter mes cours. Parce que je lui ai demandé. Depuis que je suis ici je t'écrie sur des feuilles volantes et je viens de les ranger dans mon classeur. Je viens de réaliser que tout ce que je vie et tout ce que je pense depuis que l'on s'est rencontrées se trouve dans ces classeurs. Et c'est peut être la seule chose qui restera de nous. Et probablement la seule chose que je laisserais derrière moi. Il faudra que tu le lises. Et je sais que tu le feras... un jour ou l'autre.
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Un jour ou l'autre ? Oui. 22 ans plus tard. Ce n'était probablement pas ce à quoi tu pensais en écrivant ces lignes.Tu pensais que ces lignes seraient la seule chose que tu laisserais derrière toi ? C'est faux, il y a tout le reste. Tout ce que l'on a vécue, tout ce que tu m'as appris et tout ce que tu étais.
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Tu me dis que le décor blanc immaculé est magnifique et je veux bien te croire ; Moi, le seul espace de blanc que je vois, c'est le plafond de cette chambre. Et j'en ai marre de le regarder. Je n'ai pas le droit de me lever. Je ne peux même pas aller pisser toute seule, j'ai 'impression d'être une handicapée. Clouée au lit, à ne rien pouvoir faire, je ne vais pas le supporter longtemps. Tu as raccrochée en me disant que je devais me reposer. Tu parles ! A trop se reposer on fini par crever, je te l'ai déjà dit.
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« A trop se reposer on fini par crever » Tu vas rire mais c'est ton neveu qui m'a répliqué cette phrase il n'y a pas si longtemps. D’où il la tient ? De toi bien sur..
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Je vais rester ici combien de temps ? Ça va durer encore longtemps ? Je vais bien. Un peu mal à la tête mais je vais bien. Mais non ! Ils ne veulent toujours pas que je me lève. Si tu crois que je vais attendre une autorisation écrite. Ras le bol d'être coincée ici. Et puis... tu me manques. Je voudrais pouvoir te parler. Mais à l'heure qu'il est tu es sur les pistes. J'ai besoin de te parler, besoin de te voir. J'ai besoin de toi tout simplement.
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J'en ai marre des prises de sang. Ce n'est plus des bras c'est des passoires. Au lieu de piquer 10 fois ils n'ont qu'a prendre 2 litres d'un coup et on en parle plus. Tout ça parce que je dois modifier mon traitement. Des comprimés supplémentaires... super ! Comme si je n'en prenait pas assez. Et ce n'est pas le pire. Non le pire c'est que je vais devoir avoir 3 injections par jour. Et rien que le mot injection me donne la nausée. Si ils croient que je vais me planter une aiguille 3 fois par jour, ils se mettent le doigt dans l’œil . Je ne suis pas sadique. Les injections... on verra. Et puis tout ça c'est bien beau, mais je voudrai me lever moi. Je vais très bien. Ils ne m'ont toujours pas enlevé la perfusion mais elle ne sert plus à rien, c'est de l'eau. Mon traitement ils me le donne en cachets. Les médocs je peux les prendre à la maison, pas besoin de rester à l’hôpital.…...
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On voit que je n'étais pas à tes cotés. Tu t'énerves pour rien. Tu n'avais pas le choix. Sauf que sans moi il n'y avait personne pour te calmer, ni te raisonner. Et on voit le résultat.
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Mon frère passe me voir dès qu'il peut. Je crois qu'il s'inquiète encore plus que d'habitude. Il a jeter un œil sur mon dossier. Pour lui tout est normal. Alors pourquoi je suis encore couchée, si tout est normal ? Et puis c'est quoi toutes ses questions ? Comment ça qu'est ce qu'il m'arrive ? Il m'arrive que je suis coincée sur un lit d’hôpital. Il ne faudrait pas en plus que j'ai le sourire, si ?
Il dit que j'ai l'air totalement déprimée. Ben oui ! T'es à 800 km d'ici, normal que je déprime. Il devrait pourtant savoir, que mise à part lui, tu es la seule personne qui compte dans ma vie. Il le sait ça pourtant ! Mais non ! Monsieur insiste. Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce qui m'arrive ? Il veut que je lui parle. Mais il veut que je lui parle de quoi ? Tu me vois lui dire que je suis tombée amoureuse de toi ? La blague ! Comment veux tu que je lui explique ça ? Je n'arrive déjà pas à me l'expliquer à moi même.
Et puis avant de l'expliquer à mon frère ce serait peut être bien que toi tu sois au courant.

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Oui ce serait bien. Alors comme ça tu es tombée amoureuse de moi ? Enfin tu l'avoues ? Je me moque ? Oui un peu. Mais l'ironie de l'histoire c'est que je m'en doute depuis des années mais je crois que j'avais besoin de le lire de ta main. Le lire aujourd'hui me rend heureuse mais de ne pas l'avoir compris avant qu'il soit trop tard me rend triste. Pourquoi tu ne m'a jamais rien dit ? Tu as du vivre un enfer.
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Ça doit faire 3h que je pleure toute seule comme une conne sans pouvoir m'arrêter. Les effets secondaires des médicaments ? Oui probable, et quoi d'autre ? Mon frère m'a donné les textes que tu as écrit lorsque j'étais dans le coma. Je les ais lu...et là... je voudrais pouvoir te serrer dans mes bras. T'es douée pour me faire pleurer. Je suis ta raison de vivre ? Tu veux traverser le pire, faire mon bonheur et réaliser mes rêves ? Mais c'est exactement ce que tu fais depuis deux ans. Tu m'as écrit :  «  plus rien ne pourra éclairer mes nuits, plus rien ne pourra éclairer ma vie » Mais alors...ce que je pense tu le penses aussi...
En lisant tes textes je comprends à quel point tu as souffert la semaine dernière. Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi. Ni maintenant, ni après. Mais je crois qu'il est trop tard, je ne pourrais pas l'éviter. Je voulais te protéger, je voulais t'épargner et je te jure que j'ai essayé. Mais je crois que l'on échappe pas à son destin. Si on m'avait dit que.... j'aurais répondu que c'était absolument impossible. Et pourtant.... regarde !
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Oui tes sentiments étaient réciproques. Je les ais tout simplement exprimés d'une manière différente. En ayant aucune conscience de ce que cela signifiait réellement.
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Tu as de la chance d'être à 800km. Je vais te tuer. Tu as parlé à mon frère ? De nos parents ? Je rêve ! Mais pourquoi ? Tu sais très bien que mon frère ne veut plus en entendre parler, alors pourquoi lui avoir dit ? Là, il faut que tu m'expliques. Si tu as estimé devoir lui en parler c'est qu'il y a une raison. Laquelle ? Si il y a bien un sujet, et un seul, dont on ne parle jamais avec mon frère c'est bien celui là. Tu le sais très bien, alors pourquoi avoir fait ça ? C'est quoi le but ? Je commence à te connaître, je sais que tu ne l'a pas fait pour rien. Alors explique moi. Je me rends compte que je m'énerve toute seule. Tu ne peux même pas me répondre. Et tu veux que je lui en parle ? J'ai une confiance aveugle en toi, mais là j'ai des doutes. Il va m'en vouloir à mort et me dire que je n'aurai jamais du essayé de les retrouver. Résultat ? On va s'engueuler et je n'en ai aucune envie.
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Sur ce coup là il fallait me faire confiance. Tu devais parler avec ton frère. Et une fois la colère passée, tu as finie par le faire. Preuve que j'avais raison.
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Je peux enfin me lever. Il était temps. Si on passe sur les vertiges et le fait que je vois le sol se dédoubler sous mes pieds, tout va très bien. Et maintenant je peux sortir ? Je suis debout donc je peux rentrer. Mais bien sur que non ! Quoi encore ? Je vais devoir restée encore combien de temps ?  De toute façon tu rentres demain soir, donc je sais que dimanche tu seras là. Ce qui signifie que lundi on sort d'ici. D'accord ou pas d'accord, lundi on s'en va. Je refuse que tu passes tes journées avec moi à l’hôpital alors on s'en va.
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Ce soir là, tu m'as dit exactement la même chose au téléphone. Et vu l'état dans lequel tu étais, je n'ai même pas essayé de te contredire.
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Tu m'as dit que tu venais à 14h et il est 10h du matin. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai comme dans l'idée que je vais trouver le temps long.. Si tu savais comme j'ai hâte de voir. Je veux juste pouvoir te prendre dans mes bras. Tu ne seras pas seule, je le sais. Mais je m'en moque. Une semaine c'est plus que l'éternité alors seule ou pas, je ferais ce que j'ai envie. Je ne veux plus être séparée de toi, je n'y arrive plus. Et c'est moi qui dit ça ? Je ne me reconnais pas. Mais c'est la vérité.

Je voulais m' habiller mais j'ai un léger problème d'équilibre. Et pour trouver quelqu'un ici qui te file un coup de main, tu peux t'accrocher. En résumé, il faut que tu m'aides. Fait moi sortir d'ici s'il te plaît. J'en peux plus de ces murs.
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Tu voulais sortir, je t'ai fait sortir. Et tu n'as rien trouvé de mieux à me dire que le décor en béton était moche et que ça manquait de verdure.
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85/ 5 MARS
Et voilà ! Tu viens juste de partir et moi ? Moi, je recommence à pleurer. J'ai l'impression d'avoir 10 ans,.Je ne sais pas pourquoi je réagis de cette manière. Te voir passer cette porte, j'ai la sensation que tu m'abandonnes. C'est complètement stupide. Je sais très bien que c'est faux. Je me sent ridicule.

Mais la bonne nouvelle c'est que je sors demain. Et c'est quoi cette histoire de voiture ? Comment ça ma voiture est toujours sur le parking ? Depuis quand ? Et... elle est arrivée comment sur le parking ? Ne me dis pas que.... tu n'as pas fait ça ? Mais je pense que si. Te connaissant tu en es largement capable. C'est de la folie. Tu sais ce que tu risques ? Tu mérites des baffes. Cela dit, en y réfléchissant, je crois que si la situation était inversée j'aurai sans doute fait exactement la même ch
ose. Mais ne recommence jamais ça ! Jamais !
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Oui, j'ai conduit ta voiture. Et je m'attendais à prendre une gifle, mais finalement.... et bien non.
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86/ 6 MARS
Moi je suis prête. Je t'attends. Mais tu vas me dire... ça change ! Tu veux faire quoi aujourd'hui ? Tu ne voudras jamais sortir, tu vas me dire que je dois me reposer. Je me repose depuis deux semaines, tu ne penses pas que j'ai assez dormi ? Mais c'est vrai que toi tu rentres du ski, tu es peut être crevée. Et puis si tu dors aussi bien que moi en ce moment... On se regarde des vidéos ? Ça te va ? Et comme on a le temps... depuis le temps que tu me parles des chevaliers Jedi... On regarde Star Wars ? Parce que, oui je connais l'histoire, mais je ne les ais jamais vu. Pour voir les 3 il faut au moins 7h non ? Au pire on regardera le dernier demain.

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Un jour tu m'as dit que j'étais comme les chevaliers Jedi, mais c'est faux ! De nous deux le Jedi c'est toi. Ah si ! Je t'assures. Qui est capable de lire à travers l'autre ? Qui est capable d'encaisser la souffrance et les douleurs de l'autre ? Ce n'est pas moi c'est toi. Et chez toi c'est de l'inné. C'est en toi, c'est bien un don. Tu peux me répondre ce que tu veux mais c'est bien un don. Alors la force c'est quoi ? Mais la force ne s'explique pas. La force elle est en toi.
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Spéciale comme théorie ! Et je ne suis pas complètement convaincue mais disons que je t'accordes le bénéfice du doute.
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87/ 8 MARS
Je déteste le moment où je dois partir de chez toi. Pour faire quoi en plus ? Rentrer chez moi... génial ! Je sais que tes parents rentrent du travail et que si tu me laisses partir c'est plus par obligation que par choix. Mais me retrouver seule dans cet appartement où je n'ai pour ainsi dire aucun bon souvenir, je le supporte de moins en moins. A part y manger et y dormir c'est tout ce que j'y fait. A se demander pourquoi je paye un loyer. Un garde meuble serait aussi bien. Je dors mieux dans une chambre d'hôtel avec toi que dans mon propre lit. C'est tout simplement n'importe quoi ! Encore une fois.

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J'ai toujours eu l'impression que tu évitais ton appartement. Sans jamais vraiment comprendre pourquoi. Tu n'en parlais pas, je dirais même que tu évitais le sujet, alors je n'ai jamais posé de questions.
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88/ 12 MARS
Les cours reprennent demain et je sais que tu as 2h de français demain matin. Mais c'est quoi le problème ? Tu ne l'aimes pas, je le sais. Rassures toi, même si je ne t'en parles pas, ce n'est pas vraiment ma copine non plus. Mais pourquoi tu t'énerves à ce point au sujet du cours de demain ? Tu as peur de quoi ? Elle t'as fait une réflexion ? J'espère que non, parce que si c'est le cas, elle a plutôt intérêt à longer les murs. Si elle te jettes à la figure que sortir avec un prof c'est une très mauvaise idée, je l' explose. Qu'elle me le dise à moi c'est une chose. Je suis grande, je gère. Mais si elle te balance un truc pareil alors que toi même tu n'en as aucune conscience, je n'ose même pas imaginer ce qui va se passer.

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Je ne voyais pas les choses de cette façon. Mais j'avoue que si elle m'avait balancé quelque chose de ce genre en plein cours je n'ai aucune idée de la manière dont j'aurais réagit.
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Eric me disait de laisser tomber et de ne pas répondre à ses conneries. Et c'est vrai, je me moque de ce qu'elle pense. Mais qu'elle n'essaye même pas de se mettre entre nous.
C'est quand même impressionnant ce besoin qu'ont certaines personnes à se mêler de la vie des autres. Ils s'emmerdent à ce point là ? Personnellement je trouve que notre vie est assez complexe comme ça, les histoires des autres honnêtement... je n'aurais même pas le temps.

Je ne sais même pas pourquoi je m'énerve à cause d'elle. Elle ne le mérite même pas. Mais surtout... tu as bien assez comme ça sur les épaules, tu n'as pas besoin de te préoccuper de cette conne. D'autant plus que mercredi il faut retourner à l’hôpital pour commencer la nouvelle chimio. Je ne sais pas comment ça va se passer. Personne ne peut le savoir. J'espère juste que je ne serais pas aussi malade que la dernière fois.
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Le nouveau traitement te faisait peur et je le savais.Mais comme toi je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer.
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89/ 16 MARS
Je suppose que comme d'habitude tu ne me raconteras jamais ce qui s'est passé hier après midi ? C'est si horrible que cela ? Je sais qu'on a finies sous la douche, mais en dehors de ce détail je n'ai aucun souvenir. Si... des mots, des phrases mais leur sens ? Je pense que j'ai le tirage dans le désordre. Tu sais que c'est frustrant de vivre avec des morceaux manquants ? Il me manque 2 semaines de ma vie, et je ne te parle même pas du nombre de demies journées dont je n'ai que de vagues éclairs. En fait, tu pourrais faire de moi n'importe quoi, je n'en aurai aucun souvenir. Je sais !  Ça ne te viendrais même pas à l'esprit. Et si un jour il doit réellement se passer quelque chose entre nous, je voudrais vraiment m'en souvenir.

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Moi aussi j'aurai souhaité m'en souvenir. Mais ce dont tu parles ne figure malheureusement que dans mes rêves.
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90/ 17 MARS
Heureusement que ce soir j'ai entraînement parce que si je te raconte ce que j'ai fait de ma journée et bien tu n'en fera pas le film de l'année. J'ai probablement regardé ma montre 200 fois. Si je n'ai rien à faire ? Ah si, si ! Le ménage, la lessive, les courses aussi, parce que là on touche le fond des placards. Mais bon!Comme je n'ai pas faim, vide ou pas ce n'est pas très grave. L'avantage c'est que je ne dépasse pas les dates de péremption. Mais je n'ai absolument rien fait de tout ça. Je me suis levée à midi, parce que je n'avais aucune envie de le faire avant et puis je me suis réinstallée devant la télé sur le canapé. Ce que j'ai regardé ? Aucune idée.
Et je viens de réaliser que j'ai oublié d'appeler l'infirmière hier soir pour les injections.  Tant pis tu me les feras demain. Heureusement que tu ne comptes pas les ampoules. Mais je devrais me méfier parce que tu serais bien capable de le faire.

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Je n'avais pas besoin de compter les ampoules. Je savais que tu ne faisais pas les injections quand je n'étais pas là.
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91/ 20 MARS
Je sais que tu n'aimes pas mon idée, mais franchement laisse moi rigoler un peu. Derrière ses airs de grandes dames elle se prend pour un maître de conférence. Sous prétexte que madame enseigne depuis 15 ans, elle sait tout mieux que tout le monde. Tout le monde doit suivre son exemple, tout le monde doit l'écouter. Madame à causer, il faut exécuter. J'ai l'impression d'avoir la belle mère de mon frère en face de moi. Et crois moi ce n'est pas un compliment. Demande à mon frère il en sait quelque chose. A croire qu'elles ont été fabriquées dans le même moule. Les cons se fabriquent en série ? Remarque ! Oui probablement !
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La belle mère de ton frère ? Ah ! Mais je peux t'en parlé aussi. J'ai eu affaire à elle il y a quelques mois et en effet ce n'est pas le genre de personne que j'apprécie. J'ai essayé de faire un effort pour ton neveu. Mais au final c'est lui qui l 'a éjecté de sa vie. Depuis ? Aucune nouvelle de la vieille chouette. Et bon débarras !
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Il faut obéir aux directives de madame? Je ne dois pas mélanger le lycée et ma vie privée ? Je n'ai rien à faire avec une élève en dehors du lycée ? Son discours ancestral m'exaspère. Alors elle ne va pas être déçue. Oui je vais m'arranger pour qu'elle apprenne que je t’emmène en vacances. Je vais même faire en sorte qu'elle sache que j'ai réservé l’hôtel. Même si ce n'est pas encore fait. Pourquoi je fais ça ? Juste pour l’énerver. Pour qu'elle comprenne qu'il est inutile de me dicter ma conduite. Elle se prend pour ma mère ? Je lui souhaite bien du plaisir... Pour qu'elle comprenne aussi, qu'il est inutile de me faire des leçons de moral, parce que je me moque royalement de ce qu'elle pense.
C'est typiquement le genre de personne qui a l'habitude d'obtenir tout ce qu'elle veut d'un simple claquement de doigts. Et bien désolée, moi je ne marche pas. Et puis je fais ce que je veux de mes vacances. Le Proviseur ? Et alors ? Il est responsable de ce qui se passe dans l'enceinte du lycée, pas de ce que font les enseignants pendant leurs vacances.

…....

Sur le principe tu avais parfaitement raison. Mais tu ne crois pas que la provoquer c'était prendre un risque inutile ? Je comprends que ses réflexions et ses commentaires t'exaspéraient mais quand même. Il aurait pu y' avoir pas mal de conséquences.
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Re: Si je pouvais

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