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Le coming-out: état des lieux.

le Jeu 15 Mar - 15:23
Je voudrais aborder un sujet qui est finalement peu débattu tellement ça parait évident et un passage obligé: le coming-out.

- Avez-vous déjà fait un coming-out?
- Pensez-vous que ça a été bénéfique dans votre parcours?
- En quoi cela vous a-t-il aidé à vous assumer?
- Des années ou des mois plus tard, qu'en retirez-vous?
- Conseillerez-vous un proche ou non proche de le faire?



_______________________  Opinion perso.


Coming-out : Pourquoi ça pue.

Comme la plupart des homos, j'ai vécu ce moment décisif de ma vie sexuelle, où j'ai dû révéler mon orientation sexuelle. Souvent, ça paraît le meilleur choix possible lorsqu'on découvre notre homosexualité : faire son coming-out, c'est s'assumer, s'assumer, c'est être plus heureuse, d'autant que je le refoulais clairement. Ha...

Avec le recul et l'expérience, j'en viens à penser que j'aurai aimé que quelqu'un m'arrête et me dise : "Non, ne le fais pas. Tu n'as PAS à le faire" plutôt que me dire que c'était un passage obligé.

Premièrement, le coming-out est pour moi une des consécrations de l'hétéronorme. Aucun hétéro n'a à révéler son hétérosexualité, c'est un fait. Parce que c'est une norme dominante. Et avouer ton homosexualité comme si c'était un crime, c'est valider cette norme, en pensant que tu n'es pas normée. Aujourd’hui pourtant, je pense que l'homosexualité est une norme.

Ensuite, l'idée de faire un coming out est absurde. Tu avoues à certaines personnes être homo, mais le reste de la population ne le saura pas pour autant. Alors à moins de passer à la télé  : le reste s'en fou et la transpiration sur ton front n'a servi que pour 0,1% de ton existence.

On sous entend que faire son coming out, c'est assumer son homosexualité. Je trouve ça tellement faux. Faire son coming out, c'est simplement le dire à une poignée de personne, tout au plus arrêter de faire semble d'être hétéro. Ce n'est pas parce que je fais un "coming-out" que soudainement, je n'ai plus honte de faire comprendre à une femme qu'elle m'attire, ou bien que j'assume auprès des femmes mon attirance envers elles, ou bien que je ne me sens pas mal à l'idée que des personnes en qui j'ai aucune confiance sachent que j'aime les femmes.

Assumer son homosexualité, sa sexualité, ça prend un temps aussi infini que pour n'importe quelle femme, aussi hétéro soient-elles. Quand je vois le nombre de lesbienne qui peuvent avoir des sueurs froides "juste" parce qu'elles ont rencontré une nana qu'elle imagine peut-être hétéro, et qui se font des montages de crâne pas possible pour savoir si elles peuvent ou pas assumer leur attirance... non. Quand bien même elles auraient faire leur coming out, pour moi elles ne s'assument en rien dans leur sexualité.

J'aurai préféré commencé par ça.

En prime, la sexualité est parfois fluctuante. Ça veut dire qu'aussi bien, durant 20 ans, on aura simplement été attirée par les femmes, et là, il te suffit d'un rencontre avec un homme pour avoir une autre attirance sexuelle. Mais ton coming-out t'enferme : une fois que tout le monde te sait lesbienne, tu n'as plus le droit de t'éloigner du droit chemin, à moins que c'était "pour de faux" ou que "tu n'avais pas rencontré le bon", devoir te justifier et faire un autre coming-out: "T'es bi, t'es homo ou t'es hétéro"? Et pardon mais, j'ai l'impression que c'est d'autant plus vrai chez les LGBT que du côté des hétéros: "traitresse", "tu ne sais pas ce que tu veux", "t'étais pas vraiment homo alors".

Alors quoi, faire son coming-out, ce serait savoir en être fière ? Quelle fierté peut-on tirer de préférer la vulve ? Est-ce que préférer le pénis est plus honteux ? Mes relations sexuelles et affectives sont des trophées?

J'imagine à quel point les femmes qui ont simplement vécu leur sexualité au gré du vent sans avoir eu s'"avouer" un quelconque crime sexuel contre l'humanité a dû faciliter leur acceptation.

Pour celles qui ne s'assument pas, qui refoulent, il n'y a-t-il pas d'autres moyens d'apprendre à accepter sa sexualité qu'en la verbalisant sans rien comprendre de ce que ça implique en réalité ? D'avoir à endosser cette pression énorme d'un "coming out", de déterminer le "bon moment", d'être "sûre", d'être prête à affronter le monde et ses attaques ignobles contre l'homosexualité ? Pourquoi plutôt que de conseiller "de le dire", on ne conseillerait pas "de le vivre"? Pourquoi ne pas apprendre à assumer, comprendre, s'affirmer dans sa sexualité plutôt que son homosexualité?

J'admire les célébrités qui font le parti de faire un coming-out. Et là ça me parait utile. Le dire devant des millions de spectacteurs, pour des personnes qui ont autant de poids dans l'espace médiatique, c'est nous accorder leur soutien et faire avancer la cause.

Mais pour nous, à notre échelle, en quoi le dire change quelque chose?

Un jour, j'ai entendu un collègue dire : Parfois, on soupçonne, on sait, qu'une personne est homo même si elle ne s'assume pas. Ah, parce que, ne pas le crier sur tous les toits, c'est ne pas s'assumer? Il y a une école du soupçon, des investigations, des enquêtes presque judiciaires? Et c'est ça, quand on dit "fais ton coming out" qu'on voudrait pousser à faire?

Je n'ai pas fait qu'UN coming out dans ma vie, j'en ai fait de nombreux (perso, puis pro, puis scolaire...) parce qu'un seul ne suffisait pas. Aujourd'hui j'ai cessé de "l'avouer". J'ai pas à avoué quoi que ce soit. Je n'ai pas à raconter à des gens qui ne font pas partis de mon intime avec qui je couche ou préfère coucher, et je n'ai pas à savoir ce que les autres font au pieu. En fait je m'en fou.

C'est pourquoi je ne participe plus à ça.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Jeu 15 Mar - 15:41
Exactement.
On s'en fout de savoir comment, avec qui, où, combien de fois par jour les gens couchent.
Sérieux.
J'ai jamais compris le sens profond du coming out. Pour moi c'est un truc qui ne fait que creuser davantage encore le fossé des différences. Alors que la sexualité est un truc tellement naturel.
Donc non.
Tu me poses la question je vais te répondre. C'est tout.
Et c'est pas la peine de faire cette tronche.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Jeu 15 Mar - 15:53
Tiens d'ailleurs ça me fait penser à la gay pride ça. La marche des fiertés. Je n'ai rien contre hein. Mais non, je ne suis pas fière. Je suis assez fière de ce que je suis ok (oui mes chevilles vont bien), mais je ne vois pas trop en quoi je peux être fière d'aimer les filles. Et les pâtes. C'est un peu le même trip que le coming out.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Jeu 15 Mar - 18:39
Mrs.Robot a écrit:

- Avez-vous déjà fait un coming-out?
- Pensez-vous que ça a été bénéfique dans votre parcours?
- En quoi cela vous a-t-il aidé à vous assumer?
- Des années ou des mois plus tard, qu'en retirez-vous?
- Conseillerez-vous un proche ou non proche de le faire?


Alors ouai, j'en ai déjà fait deux de coming-out. Un quand j'avais 16 et un autre fin 17 ans.
Le premier j'étais entrain d'essayer d'assumer le fait de «ne pas être comme tout le monde» donc je m'étais dit que je serais «à moitié» normale ainsi.. ça m'a aidé dans le senstrain où personne ne m'a jugé/repoussé/laissé tombé.
Vers la fin de mes 17 ans, j'avais l'impression d'avoir besoin d'être claire avec mon entourage, que le fait que je gueulais haut et fort que j'étais bi, n'était absolument plus le cas. J'avais besoin qu'on... mapprecie à ma juste valeur.

Puis en vieillissant, je me suis, rendue compte que ça me mettait dans une case où je ne voulais qu'on me voit dès qu'on me rencontre.
Plus les années passent moins j'aime la foule et le regard des autres. C'est assez bizarre j'ai l'impression, mais je n'arrive plus à faire comme quand j'étais ados, à m'en foutre.
Les gens, en apprenant à me connaître découvrent eux-même que je suis lesbienne, je n'ai plus à en parler ou à me mettre moi même dans une boîte.

Bon, mnt est ce que je le conseillerai ? Tout dépend de la situation familiale, avec l'entourage etc, si les gens autour de vousla semblent un minimum ouverts ou si se sont des rustres :')

Voilou
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Jeu 15 Mar - 21:47
Pour ma part, oui, j'ai fait plus ou moins des coming-out: auprès de mes parents, de certains de mes amis... Mais je ne vois pas vraiment ça comme une manière de montrer qu'on s'assume. C'est plutôt que comme les gens considèrent de base qu'on est hétéro, faire un coming out permet d'éviter les questions du genre "Est-ce que tu as un copain ? Ben alors, tu ne nous présentes pas ton copain ? Comment veux-tu plaire au garçons si tu ne t'habilles pas de manière plus féminine ?" etc. Bon, d'un autre côté, quand je dis faire son coming out, c'est juste l'annoncer par une phrase dans la conversation si l'occasion se présente, pas préparer un long discours de 3h. Ce n'est pas un "aveu", c'est juste dire à mes proches une particularité sur moi.
En fait quand j'y pense, j'ai l'impression que je fais plus de "coming out" sur le fait d'être végétarienne que sur le fait d'être lesbienne Voui
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Sam 17 Mar - 0:46
C'est chouette d'avoir vos avis les filles. Wink

@FFDT: Mais comment diable fais-tu pour dire en 5 phrases ce que j'arrive pas à synthétiser en 50 lignes? TropChou

J'avais besoin qu'on... mapprecie à ma juste valeur.

C'est intéressant Renantelle. Qu'est-ce que tu entends par là? Est-ce que tu avais l'impression de mentir sur toi en omettant la vérité?

Bon, d'un autre côté, quand je dis faire son coming out, c'est juste l'annoncer par une phrase dans la conversation

Ah oui... Pour moi le coming-out, c'est autre chose que de parler de sa sexualité ou de ses relations. C'est "sortir du placard", faire un aveux, faire une annonce un peu officielle. Je veux dire, quand un hétéro dit "j'aime cette/les filles", je n'ai pas l'impression qu'il fasse un coming-out.

C'est plutôt que comme les gens considèrent de base qu'on est hétéro, faire un coming out permet d'éviter les questions

La question pourrait aussi être: Pourquoi les gens n'en viennent pas naturellement à se dire que tu es attirée par les filles? Je veux dire, quand quelqu'un t'annonce ça: "Comment veux-tu plaire au garçons si tu ne t'habilles pas de manière plus féminine ?", j'ai l'impression que la personne questionnée doit vraiment se censurer à mort pour que la personne qui questionne en arrive à faire cette remarque. Il y a tellement de façon de faire comprendre sa sexualité autre que "d'avouer" son homosexualité: Nos relations passées, actuelles, la façon dont on parle ou regarde une fille, la façon dont on se rapproche d'une femme ou de la séduire devant les autres... ou même ne serait-ce que notre absence totalement d'émotivité face à un corps masculin.

c'est juste dire à mes proches une particularité sur moi.

En vrai, je comprends ce que tu veux dire Zoune Wink. Mais pour approfondir: si ce n'est pas un "aveu" mais une simple "particularité", pourquoi tes proches ne glissent jamais dans une phrase "Je suis hétéro au fait"... mais toi oui?
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Sam 17 Mar - 2:14
à une époque, je suis passée par la phase coming-out, car c'était nouveau pour moi, naturel, mais "nouveau" de savoir. Donc forcément, quand tu en parles, au début tu guettes les réactions, cela dévient un coming-out.

En vrai, j'ai tenté avec ma famille de le faire comprendre sans rien dire, mais une amie m'a planté le couteaux dans le dos en l'annoncant à tout le monde un jour ou je n'étais pas là, j'ai su ce jour-là qu'en fait, 1 seule personne sur les 5 l'avait compris ^^

Mais maintenant je parle tout simplement comme je le souhaite, je ne ment pas comme toujours, et donc le féminin sort toujours, puis basta, parce que c'est plus nouveau pour les personnes qui me rencontrent Smile
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Sam 17 Mar - 15:06
Je participe rarement aux  débats du forum mais celui-ci a fait écho en moi
Bon je ne vais pas forcément aller dans le même sens que vous les filles bien que je vous comprenne.

Évidemment je pense comme vous qu’on ne devrait pas annoncer notre sexualité. Ça devrait juste faire partie de la vie. Mais ça, c’est dans le monde idéal et ce monde sera peut être celui de mes enfants à qui j’explique qu’on peut aimer la personne qu’on veut quelque soit son sexe mais pas celui que j’ai connu.

Mais je vais peut être passer pour une vieille. Je suis issue d’une famille plutôt conservatrice.
J’ai eu une 1ere vie dans laquelle je me suis totalement fondue dans la « norme » attendue. Je me suis mariée avec un homme et j’ai fondé une famille. Le tableau idyllique quoi ! Mais je sentais bien que je n’étais pas à ma place sur la photo de famille.

Bref, je vous passe mon parcours chaotique pour déjà m’avouer a moi même que j’aime les femmes.
Quoiqu’il en soit, tout mon entourage m’a connu hétéro et n’imaginait pas qu’il puisse en être autrement.
Lorsque j’ai rencontré ma chérie, nous nous sommes d’abord cachées car j’étais encore en couple puis au fil du temps j’ai annoncé a mes amies d’abord que j’étais amoureuse d’une femme. Le dire m’a rendue plus libre et plus sure de moi car les réactions ont toutes été positives. En ce sens, mon coming out a été libérateur et nécessaire pour avancer encore
Dernièrement, je l’ai annoncé à mes parents qui sont tombés de 10 étages. Ils n’avaient aucun soupçon sur mon orientation sexuelle. Je suis donc sortie du placard pour passer d’une vie de mensonge à une vie assumée...  enfin presque car mes enfants ne le savent pas encore.

Le dire permet d’être complètement soi même et de partager

Ok je suis d’accord, on n’annonce pas qu’on est hétéro mais malheureusement la société n’est pas encore assez évoluée pour considérer l’homosexualité comme une simple version du couple au même titre que l’hétérosexualité. Ce qui nous amène fatalement à faire notre « coming out » sans pour autant que cela soit une annonce officielle et pompeuse.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Sam 17 Mar - 20:37
@Jodie75: Merci beaucoup pour ta mise à nue. Dans ce que tu nous révèles, on sent bien qu'avouer, s'avouer, décider de le dire ou non, de jouer un rôle ou d'être pleinement soi est difficile.

Je compatis entièrement puisque je n'ai pas grandi dans un pays où l'homosexualité était, non pas acceptée, mais ne serait-ce qu'existante. Je crois qu'aujourd'hui, il n'y a qu'une asso qui milite pour nos droits, et c'est récent. C'était donc totalement impensable de ne serait-ce que se poser la question "est-ce que j'aime les filles?". J'ai joué mon rôle d'hétéro et j'ai prolongé ce comportement en France. Bien que, malheureusement, j'ai repris les rennes plus tôt dans ma vie que toi.

Le dire m’a rendue plus libre et plus sure de moi car les réactions ont toutes été positives.

Ne penses-tu pas que ce qui t'a libéré, au delà d'annoncer ton homosexualité ou ton amour pour cette femme, c'était de savoir qu'il existait cette femme dont tu étais folle amoureuse et avec qui tu te sentais heureuse? Est-ce que ne pas le dire t'a empêché de vivre ton homosexualité finalement? Qui ont été les plus malheureux quand tu as vécu cette relation? Toi ou ceux qui ne l'acceptent pas ou ne l'ont pas accepté?

Je ne doute pas que le dire "allège", particulièrement quand on refoule son homosexualité. C'est donner plus de réalité à ce qu'on pense tout bas. C'est acter. C'est un courage incommensurable qui est demandé aux non-hétéro de le faire. Ça m'a ponctuellement libéré aussi. Cependant, pour moi c'est insuffisant et même oppressant, et je pense que, particulièrement aujourd'hui, il y a d'autres manières de faire valoir son droit d'existence que conforter "cette société" que ça sort de l'ordinaire. C'est parfaitement ordinaire. Et je pense qu'avoir cette pression de "devoir le dire", de devoir "l'avouer", en tout cas d'avoir en tête que personne ne le saura sans qu'on "s'avoue", rend le fait de s'assumer beaucoup plus pesant que ça pourrait l'être.

Je me demandais s'il n'y avait pas d'autres moyens de faire ce parcours d'acceptation. Ton parcours, comme le mien, a été celui-ci, pour autant, si ça libère ponctuellement, je trouve ça tellement, tellement plus complexe que l'idée de "le dire". En fait, je trouve que le coming-out est une démarche particulièrement violente.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Dim 13 Mai - 1:05
C'est normal que ce mot suscite à la fois une pression sociale  et à la fois du soulagement étant donné qu'à partir du moment où on le dévoile on prend un engagement envers nous même, celui d'être le plus à l'aise possible avec soi même et les autres, et ça ça commence par ne plus mentir, ne serait-ce que par omission.

Au début c'est flippant parce que les premières personnes à qui on songe pour le faire sont généralement des membres de notre famille et amis proches, c'est sûrement à cause du premier vécu et le sentiment effectivement de "devoir en parler" qu'on le subit un peu.

personnellement ça fait tellement longtemps que mon premier coming out est fait que maintenant je n'annonce plus rien du tout, et même pas par principe, juste parce que cet aspect de ma personnalité ne m'étonne plus depuis un bail et que j'oublie que ça peut en étonner certains. Si je raconte une anecdote dans laquelle je dois parler de ma moitié je le fais et puis c'est tout. Souvent je ne réalise même pas que dans ce cadre c' est la première fois que j'en parle mais quelle importance à part celle qu'on lui prête nous même ?
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Dim 13 Mai - 5:39
Je plussoie tout à fait la réponse de Zoune, je vois les choses pareilles. Et je vois aussi dans le coming out une façon de vivre pleinement qui nous sommes sans avoir l'impression de devoir nous cacher, non pas par honte, mais parce que les autres ne comprendrait pas certains comportements, ou que ça nous mettrait dans des situations confuses, exactement comme le fait d'être végétarien (très bon exemple Zoune lol). Certaines personnes savent et d'autres non, pour mon cas, et du coup c'est bizarre parfois...sans compter certaines réflexions maladroites qui peuvent être évitées lorsque les gens nous connaissent vraiment.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Mer 20 Juin - 22:09
Mon cas est, je dois dire, assez drole : au fond dans ma famille tout le monde a comprit plus ou moins que je ne cherchais pas de mec. Mais personnes n'osent en parler. Un peu comme quelqu'un qui a de l'épinard coincé entre les dents et que personnes n'osent le faire remarqué...
En ce qui me concerne le coming out ca me saoul. Si les personnes me demandent je réponds, sinon je dis rien. Après apparament je dois avoir marqué le mot "lesbienne" sur mon front car beaucoup me considère comme étant lesbienne...
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Sam 30 Juin - 1:20
Ce sujet est intéressant. Je me suis longtemps demandé si je devais ou non en parler avec mes proches et amis. J'ai finalement choisi de le faire avec certains, plus ou moins officiellement et je ne le regrette absolument pas. Je l'ai fait pour pouvoir parler plus librement. Je l'ai fait parce que je ne supportais plus de mentir par omission à des gens que j'aime. Et justement, je l'ai fait pour la raison même qui m'a fait hésiter à en parler: l'hétéronormativité. J'en avais assez que l'on me demande si j'avais un copain, ou que l'on m'engage dans des conversations gênantes sur les hommes parce que l'on présumait qu'en tant que femme j'avais forcément quelque chose à dire sur le sujet. Aujourd'hui je n'ai plus à subir ce genre de gêne ni besoin de faire semblant avec les personnes dont je suis le plus proche. Je sais que faire son coming-out, c'est un peu comme dire à des gens soit disant "normaux" que l'on n'est pas dans la norme, alors que c'est précisement ce que l'on souhaiterait eviter et que dans un monde idéal on serait tous dans la norme et il n'y aurait donc rien à annoncer. Mais peut-être que justement, ces coming out peuvent contribuer à lutter contre cette héteronormativité parfois pesante puisqu'ils rappellent aux gens que ce n'est pas la seule possibilité.
Pour répondre aux autres questions, mes coming out m'ont aidé à m'assumer dans la mesure où j'ai pu me confier et en parler; et que je sais que les personnes dont je suis le plus proche continueront d'être là le jour où je serai en couple. Mais ça ne m'a pas rendu plus assurée devant une fille qui me plait, et chaque nouveau coming out reste associée à une bonne dose de stress...
Je conseillerai de le faire si on pense que les personnes en question réagiront bien et que vous pourrez ensuite leur parler sans crainte. Je conseille d'y réfléchir à deux fois dans le cas contraire.
Dans tous les cas, une grande annonce officielle n'est pas forcément nécessaire. ^^ mais le faire comprendre d'une manière ou d'une autre peut être un grand soulagement pour certaines. Maintenant c'est un choix très personnel et chacune vivra la chose différemment.
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Re: Le coming-out: état des lieux.

le Lun 30 Juil - 13:31
J'en ai parlé à mes proches, mais ce n'était pas un coming-out.

Je ne l'ai pas fait dans l'intention d'assumer quoique ce soit. Bien sûr, la première fois que je suis tombée amoureuse d'une femme je me suis demandé ce qu'il valait mieux que je fasse. Parler de ma sexualité et avouer ma bisexualité ou ne rien dire ? Je n'ai fait ni l'un, ni l'autre.

Lorsque j'ai fréquenté ma première copine dont j'étais sérieusement amoureuse, je n'ai fait que dire à mes proches que j'avais une relation sérieuse. Lorsque mes frères ont présenté leur copine respective, ils ne catégorisaient pas leur relation de "hétéro" lorsqu'ils en parlaient alors pourquoi moi devrais-je dire que ma relation est "homosexuelle" ? Ils les ont simplement présentées en disant leurs noms, prénoms, âges, ... Et bien, j'ai fait de même. J'ai présenté ma copine à mes parents. Voilà, elle s'appelle telle, elle a telle âge, elle fait telle chose dans la vie, ... Pour moi, c'était uniquement présenter la femme dont j'étais amoureuse à mon entourage, parce que j'étais extrêmement fière de partager cette relation avec elle. Comme étant la prunelle de mes yeux, je voulais que tout le monde sache le bien-être qu'elle m'offrait. Comme je l'aurais fait pour un homme.

Bien sûr, surprise générale, mes amis, mes frères, mes parents ; "Quoi, tu es lesbienne ???!" - "Non, je suis simplement amoureuse."
Pour moi, tu es qui tu es. Tu n'as rien à prouver aux autres et encore moins à expliquer tes sentiments car nul être humain ne saura jamais les maîtriser entièrement. Oui, j'étais amoureuse d'une fille et alors ? L'Amour, que ce soit envers un homme ou une femme, cela reste l'Amour non ? Pourquoi devrais-je faire un coming-out à ce sujet alors qu'il est universel ?
Si on veut que l'homosexualité soit une chose ancrée dans la société, dirais-je "normale" aux yeux de tous, il faut déjà que nous agissions normalement, comme si c'était quelque chose de naturelle et non pas à assumer.

Bien sûr c'est ma vision des choses  Rougis  Bonjour
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Re: Le coming-out: état des lieux.

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