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Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mar 5 Sep - 18:29
Mon activité sur le forum laisse à désirer, mais me voilà avec une petite histoire que j'ai oublié puis repris puis oublié puis effacer et finalement décidé de posté ici! Si vous avez du temps à perdre pour lire un petit récit BIENVENUE!

Chapter Uno 3,2,1...0

J’ai tendance à croire que les mots ont une plus grande répercussion que les gestes. Parfois seulement les gestes suffisent et le silence en dit long. Comme j’aime l’entendre : il faut savoir trouver un juste milieu. Enfin, j’aime les envolés tragiques, les discours bouleversants et les histoires poignantes. Mais j’adore l’humour, les blagues pipi caca, les imitations d’accents, le sarcasme, l’humour noir, raciste ou homophobe. Car je ne connais pas vraiment la demi-mesure et le bon sens. C’est tout ou rien, les extrêmes, aucun sens de la modération.

« -Tu penses que tu vas faire ta vie en continuant de vendre des muffins et faire des cafés au lait ? »
J’ai le regard perdu, mais j’écoute attentivement.
« -Tu t’es inscrite quelque part ? Tu fais quoi de ton année ? Tes études passent avant tout, tu le sais ça ? Ce n’est pas comme ça que tu vas réussir ta vie ! Tu penses à ce que les gens vont s’imaginer ? Ce n’est pas comme ça que tu vas rencontrer un garçon qui va s’intéresser à toi …
-Stop, stop, stop! »
Mes oreilles saignent. Ma mère est de passage à Paris et comme toujours je dois la rassurer. Je suis attentive à ses remarques, mais impossible de tout gober.
« -J’ai une école pour la rentrée et pour les muffins, ce n’est qu’un travail étudiant. Merci de t’inquiéter, mais ne te fais pas de soucis, je gère ! »
Mensonge. Je ne gère pas grand-chose, mais j’ai appris à rassurer toutes ses craintes. Je pense que j’ai même finis par croire à mes paroles. Rien ne va vraiment bien, je vends des cafés à des parisiens sous cocaïne, je change d’orientation tous les ans, ma seule vocation est celle de me faire des films et d’écouter naïvement les autres pensant qu’ils savent mieux que moi quels choix je dois faire et ce qui est bon pour moi. Mais voilà, je veux juste qu’on me fiche la paix. Je renvois ma mère après une heure à l’entendre paniquer pour tout et pour rien. Me voilà de nouveau en proie à mille interrogations. Sa remarque sur les garçons ma quand même offensée… Qui va s’intéresser à moi ? Et moi qui va m’intéresser ? Dans cette pile d’abrutis établissant des stratégies de carabinier prêt à traquer leur gibier en pleins safari. Je les vois arriver à des années lumières, à bord de l’étoile de la mort. C’est les femmes qu’ils veulent soumettre, mais mon cœur perce les belles paroles. Alors je me fiche bien d’eux. Je les collectionne aussi passionnément que des timbres, mais je les lèche avec moins de tendresse. Ma sensibilité me perdra. Je ris. J’attrape mes affaires et sors de chez moi avant d’examiner ma pénurie de sentiment. Encore un soir, le calme plat malgré le torse bombé d’Antoine.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 6 Sep - 23:35
Coucou! La suite pour vous mes chères et tendres!

Episode 2 - Ca se profile

« -Un grand café au lait avec double dose d’expresso. » Michel au comptoir prend les commandes et j’exécute, les yeux rivés sur ma montre.
« -Michel je vais vraiment devoir y aller. Désolé, mais je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps aujourd’hui ! »

Les transports et mon grand sens de l’orientation ont eu raison de ma ponctualité. Vingt minutes de retard pour cette première journée de cours. « Journée d’intégration salle 220 ». Ni plus ni moins que de la branlette pendant trois heures. J’écoute les professeurs promettre monts et merveilles pour cette année et celles à venir. Je rejoins l’élite du monde, prête à conquérir un CDI pour pouvoir me payer une cuisine tout équipée et un Thermomix dernières génération pour impressionner mon « réseau » avec de bon petits plats formatés. L’amphi de présentation terminée, je rejoins une fine équipe à la machine à café. D’ailleurs, à peine le temps de prendre un café avant de repartir pour une nouvelle mission palpitante ! La journée se passe et ça me passe par-dessus. Je me contente de parler avec d’autres étudiants, sympathisant avec quelques gars, remarquant quelques nanas, me sentant presque embarrassée par la beauté de certaines.
Une semaine de projet d’équipe est organisée et je découvre dans un mail l’identité des personnes avec qui je serais. Je stalk les quatre étudiants alors qu’une grande blonde s’installe en face de moi.
« -Morgane ? 
-Oui ?
-On est ensemble, pour le groupe. Moi c’est Léa ! »
Je n’ai pas encore eu le temps de stalker correctement les membres, qu’elle m’a déjà trouvé ! Mon étonnement se remarque et elle en rit.
« -Viens on va trouver les autres !
-Mais tu sais où ils sont eux aussi ? 
-Pas vraiment, mais toi je t’avais remarqué. »
Un léger frisson me parcours alors qu’elle sourit. Je remballe mes affaires la gorge sèche et je la suis. On forme rapidement notre groupe et on se met au boulot aussi sec. Léa a une énergie extraordinaire, elle est brillante, pleines d’idées et d’humour. Comprenez bien : J’aime le travail bien fait, mais je suis incapable de prendre une initiative. Chose au contraire que Léa fait avec naturel, elle est du genre bavarde, à l’aise et appliquée. Même lorsqu’on galère elle trouve le moyen de rendre la tâche merveilleusement attrayante. Cette journée se passe mieux que je l’avais imaginé.

« -Bravo à vous tous pour cette première journée. Vous pouvez être fiers de votre travail et nous espérons que vous avez surtout eu le temps de vous découvrir les uns les autres. Ça sera tout pour aujourd’hui, mais avant que vous ne partiez, je tiens à vous préconisez beaucoup de repos pour ce soir, car demain sera sportif ! »

C’est curieux mais je n’ai aucune envie de rentrer chez moi. Pourtant me voilà sur le chemin du retour, à m’engouffrer dans un wagon de métro avec ce qui me semble être une centaine de personne de ma promotion, une vraie cargaison. Thomas, un étudiant qui va suivre la même formation me parle de son abonnement Netflix, tandis qu’une vieille me rendre son coude dans le flanc droit. N’ayant rien pour m’accrocher, je tente de me tourner désespérément sur un angle de 40° afin d’attraper la barre verticale qui me fait de l’œil. Ce n’est pas la seule chose qui me fait de l’œil. Léa me fixe, adossée au fond du wagon. On se regarde pendant ce qui me semble être une éternité. Elle me sourit, puis arrête, puis on rigole. Elle a un regard que j’ai beaucoup de mal à interprété. On dirait qu’elle est gênée, presque timide et me voilà confuse. J’ai de plus en plus chaud dans ce wagon, qu’est-ce que je suis à l’étroit, j’ai le cœur qui palpite et je me sens tellement crispée. Je ne lâche pas Léa des yeux et j’ai besoin d’air. Le train s'arrête, on arrive à la station suivante, enfin un peu d'air! Elle me fait un salut de la main et se volatilise dans la foule.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 8 Sep - 1:39
Ton histoire me rappelle moi sur certains points (la maman inquiète, le flou pour l'avenir, le retard en cours, et les filles bien-sûr ^^), puis l'ambiance étudiante me rappelle ma fac, ça me parle du coup c'est plutôt plaisant à lire Wink
Hâte de savoir la suite !
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Dim 10 Sep - 14:45
Bonjour!

Ravie que ça te plaise Majid Smile

La suite sans plus d'attente!

Phase 3 -

Enfin dans mon studio de 13m2, je m’affale sur mon lit et fixe le plafond. Je n’ai pas l’esprit clair. Un peu de quiétude, je file sous la douche. Je suis perdue dans mes pensées, ça vagabonde allant du premier expresso de ce matin au grand sourire de Léa. Mon portable bip et je me précipite pour voir qui m’a écrit.
« Léa veut vous ajouter à ses amis »
Le sourire aux lèvres, je suis agitée et m’empresse d’explorer son profil. Plus les photos défilent, plus je m’attendris. Un message me tire de mes pensées.

« Hey ! Alors cette première journée ? Chaude pour un tour chez moi ? »
Retour à la réalité. Antoine me rappelle que j’ai un gros problème sentimental. Cet homme est parfait. Il est gentil, attentionné, pleins d’humour et entreprenant. La dernière fois que j’ai apprécié un garçon à ce point je suis sortie avec lui, deux semaines, c’était en classe de troisième, j’avais encore de l’acné et j’étais sure et certaine que la monogamie était universelle, ainsi que la fidélité. Je n’ai jamais trop compris l’intérêt d’être en couple, alors j’ai préféré ne jamais recommencer.

« Coucou ! Bonne journée et toi ? Je vais prendre mon rythme d’étudiante et me coucher tôt ! Bonne nuit Toni ! » Message envoyé et une sorte de tristesse s’empare de moi. Je décide d’aller me coucher avant de recevoir sa réponse.

Nouvelle journée, nouveau jeu ! Levée de bonne humeur, j’ignore le message d’Antoine et j’arrive en avance pressée de rejoindre mon groupe. On passe la matinée à travailler sur les missions que l’on nous confit par mail et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous avançons rapidement. L’heure de déjeuner arrive et Léa propose joyeusement de sortir prendre un verre. Il est 13h et me voilà en bonne compagnie avec une pinte en terrasse, à parler de tout et de rien.
« -Et sinon, vous avez quelqu’un, en couple ? » Demande Guillaume avide de la réponse.
Mon cœur s’emballe. Instantanément, je suis très mal à l’aise, cela doit se voir car Léa me scrute.
« -A toi l’honneur ! » Lance-t-elle, un sourire malicieux collé au visage.
« -C’est trop aimable ! Je n’ai personne de sérieux.
-Mais tu as quelqu’un quand même ?
-Il paraît. » Dis-je d’un ton froid qui me surprend moi-même.
Guillaume caresse délicatement la main de Léa et demande, pleins de sous-entendu.
« -Et toi princesse ? Quelqu’un, ou bien quelqu’un en vue ? 
-Princesse ? Alors non ! Je rencontre que des tocards, je crois que je les attire. Et toi ?
-Moi personne…et je ne suis pas un tocard ! »
Pas jalouse, juste mal à l’aise. Je les regarde se sourire et une colère étrange s’empare de moi. Je m’excuse et sors fumer. Léa me rejoint la minute suivante.
« -Je crois qu’on a pris pas mal d’avance pour le projet, on est une bonne équipe ! »
Je suis encore bloqué sur ce que Guillaume lui a dit et elle, elle a déjà zappé ! 
« -Oui sacrée équipe… C’est surtout grâce à toi.
-Tu rigoles ? Si tu n’étais pas aussi organisé on n’aurait pas avancé. Enfin on apporte tous quelque chose, mais j’aime bien travailler avec toi. »
J’explose de rire et ça a l’air de l’étonner.
« -Quoi ? EH je suis sérieuse ! » Dit-elle sincère.
« -Merci. Ça me sidère, parce que j’ai surtout l’impression de faire pot de fleurs.
-Ha oui ? Une jolie plante de décoration ?
-Plutôt mauvaise herbe entourée de nains de jardin scientifiques. 
-Ha oui le jardin un peu flippant de la voisine qui a 12 chats ! »
On rit et je m’étonne à penser que son rire est adorable. On papote et putain que je me sens bien. Cinq minutes passent et les autres nous rejoignent dehors. Guillaume passe son bras autour des épaules de Léa.
« -On y retourne ? Histoire de niquer quelques mères. »
La colère monte une nouvelle fois, de la jalousie ? Non, c’est sa façon de parler de blanc-bec. Ça me rappelle le collège, mes amis et surtout Alice… Qu’est-elle devenue ? Je zappe, je ne saurais peut-être jamais et c’est mieux ainsi.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mar 12 Sep - 0:12
Bonsoir à toi!

Je sais pas si vous l'avez attendu, d'ailleurs j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez, toutes les remarques sont bonnes à prendre. Bref voilà la suite! Sur ce, je vais me faire une tisane!


Houuula Hop: Moments 4

Bon il serait peut-être temps que je vous décrive un peu plus Léa ! Même si à mes yeux son optimisme et sa spontanéité me ravissent et pourraient suffire pour dépeindre son caractère, il est évident qu’il me faut plus la connaître, car elle est bien plus que ça. Physiquement, elle a une silhouette svelte, souvent cachée dans un pull XXL à col roulé. Elle semble presque aérienne. En somme, elle ne révèle jamais ses formes, ses fringues amples camouflent son corps que je devine délicat, presque fragile. Fragile, elle me l’a paru dès le premier jour, lorsque d’un geste rapide elle avait relevé sa chevelure blonde en un chignon lâche, révélant une grande trace de brulure marquant sa peau du haut de la nuque, jusqu’à surement bien plus bas. Son épaisse chevelure blonde tombe assez bas pour cacher la cicatrice que je pense être la seule à avoir remarqué. Sa joie est très communicative. Elle a le rire facile, le genre de rire qui éclate et fait rayonner le sourire des gens autour, sans même qu’elle s’aperçoive de l’effet qu’elle produit.
C’était une semaine extraordinaire, qui déjà se termine par une remise de prix en amphithéâtre. On rafle quelques premières places suivant les missions, mais notre projet finis deuxième et on remporte cinq tickets pour une visite guidée dans Paris. Youpi sortez les appareil photos, allons faire les touristes s’écrit Léa. On nous informe qu’une soirée d’intégration aura lieu dans un bar le soir même. Il est 18h et me voilà donc dans l’appartement de Guillaume à faire un apéro avec cette sacrée équipe de champions. Léa est assise à côté de lui et je suis assise sur le lit avec Alexia et Thomas. Antoine m’harcèle de messages maintenant que je l’ignore et je décide de sortir sur le balcon pour l’appeler et mettre les choses au clair. Je ne l’ai pas vu de la semaine et je ne compte pas avorter ma soirée.
« -Allô ?
-Salut ! Comment tu vas ?
-Bof… Tu me manques.
-J’ai cru comprendre. Désolé j’ai pas eu le temps de te voir cette semaine, mais tu peux voir ailleurs tu sais ?
-Et alors ? C’est toi que je veux voir. Viens ce soir ?
-Désolé, mais je ne pourrais pas. Je vais à une soirée avec mon école.
-Alors ça y est ? Tu commences ta vie étudiante, tu m’oublis complètement, tu vas draguer des fils à papa et me snober !
-Mais qu’est-ce que tu racontes ?  Je suis désolé si on ne se voit pas autant qu’avant, mais tu vas pas chier un cake. Je peux voir qui je veux, même des fils à papa si j’en ai envie.
-Et donc passer du temps sans moi ? Tu veux que je te demande qu’on sorte ensemble ?
-Mais quoi ?! Non pas du tout...
-….
- Bon. Cette discussion ne mène à rien. Salut ! »

Je raccroche et à ce moment Léa et Guillaume sortent sur le balcon le sourire aux lèvres. Je suis exaspéré par la discussion, mais les voir, même s’ils paraissent plus complices que jamais, me fait un bien fou. On est là pour s’amuser, je veux profiter, au diable les couples et les sentiments, ce soir mon cœur est brut comme du ciment. Vite, direction la soirée d’intégration.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 13 Sep - 1:24


De la musique en attendant, c'est l'entracte, aller prendre des pop cornzzzz!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Jeu 14 Sep - 22:11

Egarement 5

On papote au bar, Léa sort de temps en temps fumer. Elle me propose un joint que j’accepte même si c’est rarement ce que je fais. On se pose sur le trottoir. La flamme jaillit du briquet et ses yeux verts étincellent comme un millier d’étoiles. Sa peau laiteuse est douce au toucher et je la frôle sans même y penser. A la fin du joint je lui demande :

« -Pourquoi tu fumes ?
-Pour oublier.
-Pour oublier quoi ?
-Ba…J’ai oublié »

Sa réponse me laisse dubitative. Elle rit, sa main attrape la mienne et elle m’entraine à l’intérieur.
Je déteste danser, une vraie phobie. Peut-être trop le traumatisme des Bouuum d’anniversaire à me retrouver dans les bras de minot …Mais avec elle… Elle a cette façon de me regarder, de me jauger, ça me décompose. Le temps ralentis et le reste s’évapore, jusqu’à que Guillaume nous rejoigne. Il prend son temps, ses mouvements sont lascifs, proches, trop proches de Léa qui s’accorde et le suit. Soudainement j’ai froid, je suis glacée sur place et ma tête bourdonne. Un millier de messages m’électrisent « Tu vas refouler ? Qu’est-ce-que tu veux refouler ? Aller ! Tu le sais ! Si si c’est bien ça ! Tu vas fuir ? Encore ? » Je recule tétanisée et me précipite au bar.


« -Un grand Gin Tonic. » J’ai soif et je veux noyer ce torrent de pensées. Pour clarifier la chose, l’amour m’a toujours semblé triste et angoissant. Démêler des sentiments qui me submergent, prise dans un désir qui me laisse errante. J’ai préféré enfouir ces sentiments douloureux pendant tellement d’années. Je finis mon verre d’une traite accoudée au bar lorsque je sens un bras s’enrouler autour de ma taille. Je me retourne et le minois de Léa me fait face.

« - On a soif à ce que je vois ! 
- Ho tu es là ! Faut bien s’hydrater.
- Logique et tout à fait judicieux. Je t’offre un verre ? »

Je refuse poliment mais je sens le rouge me monter aux joues. Elle s’avance au bar un peu éméchée, commande deux Cuba Libre et m’en agite un.
«-Ca me fait plaisir, puis hydrate toi donc, ton verre est vide ! »
Je la connais peu, mais cette fille m’attendrit par chacun de ses gestes. Nous trinquons et elle m’attire à elle pour retourner danser. Je suis hésitante devant son audace, j’ai envie de retourner au bar et oublier ce désir que j'étouffe d’explorer ses lignes de mes mains, car jamais je ne me le permettrais. Mais ? C’est une mauvaise idée, je le sais, mais qu’importe. J’ose. Je lui parle mais elle n’entend pas, la musique couvre complètement ma voix. Déjà proche, on s’effleure à présent.

« -Tu ne serais pas un peu comme moi ? » Ambivalence et ambigüité coucou !

Ma phrase l’immobilise. Elle recule, me fixe interdite, sa main trouve la mienne et la serre avec force. Mon sang fait des tours à l’allure d’un grand huit, mon cœur est prêt à exploser avec violence alors que ses yeux transpercent les miens avec une atroce intensité. Je me sens abominablement vulnérable sous son regard glacial. Elle se détache de moi lentement après des secondes qui ont le goût de l’éternité, recule puis me tourne le dos et s’en va. Mon cœur vient de connaitre la bombe H. Que je suis con putain ! Mais cette excitation aussi ! J’ai l’impression d’avoir tourné la roue de la fortune et d’avoir perdue. J’ai envie de me gifler, qu’est-ce que j’ai foutu ? Plus les secondes passent, plus elle s’éloigne sans même se retourner. Je ne lâche pas sa silhouette du regard. Mon cœur brule. Ravage intérieur. Je finis le verre que je dépose au bar, prête à partir, lorsque Thomas arrive comme une fleur.

« -Ha voilà Mademoiselle Banjo! Aller viens on fait des shoots ! » Je ne sais pas d’où il sort avec ce vilain surnom, alors ne me le demandez pas.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 25 Sep - 21:48
Je m'excuse pour le rythme, j'écris tel un petit escargot. En espérant que ça se lise bien!

Episode 6


Finalement dehors, le froid me gifle mais ne me fait pas décuver. Je pense au réveil qui m’attend demain matin, enfin dans quelques heures. Tout ça pour aller siphonner, moudre et extraire du café. Youpi. J’accélère le pas, sans m’apercevoir que je passe devant Léa, en train de fumer devant l’entrée dans son pull XXL. Elle m’appelle alors que je l’ai dépassé de quelques pas.

« -Hey ! Tu t’en vas déjà ? »
La surprise passée, je me rapproche d’elle.
« - Oui. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ?
- J’avais envie de prendre l’air. »
On se contemple, un ange boiteux passe en déambulateur. Regrettant ma phrase de tout à l’heure j’essaye de crever l’abcès.
-Je suis désolé pour ce que j’ai dit . Enfin, c’est peut-être mieux d’oublier ça, si tu préfères..."
L’ange boiteux a l’air de faire l’aller-retour. Mal à l’aise par son mutisme je préfère tourner les talons en lui souhaitant une bonne soirée.
« -OUI ! »
Son crie me fait sursauter.
« -Oui ! Je suis peut-être un peu comme toi !
- Ha bon ?
-On aime surement les mêmes choses… » Dit-elle d’une voix déchirante. La tristesse se lit sur son visage. Soudain elle hésite à s’avancer vers moi et j’ai l’impression qu’elle se balance sur place. « Bonne nuit ! » lance-t-elle en même temps que son mégot, coupant court à toute conversation.

Le week-end est passé, les commandes au café, les appels « manqués » de ma mère, les messages d’Antoine puis les pâtes au pesto, mais le souvenir de cette soirée ne m’a pas quitté et m’apparaît comme mon unique préoccupation. Ça n’arrête pas de tourner en boucle comme un vieux vinyle rayé. Pathétique, je sais. Ça n’empêche que je me prépare le lundi matin avec une boule au ventre. Je ne sais pas ce que je suis. Je veux dire sexuellement parlant: hétéro, homo, bi, pan, asexuel, aromantique …Oui, j’ai eu le temps d’étudier les combinaisons amoureuses en l’espace d’un week-end… Et je suis sure d’une chose : Je m’en fiche, je veux uniquement Léa ! L’avoir admis, ça me libère !

J’ai pris place en cours, après quelques minutes de retard. Lorsque j’ai fait irruption, dans ce vrai cours (plus de présentation, de missions de groupe, de blabla incohérent…Serious shit you know…) j’ai parcouru la salle, en espérant rencontrer le regard de Léa. Elle n’est pas là. Du moins je ne pense pas. Il serait temps, que je trouve un siège de libre car sa recherche se fera surement plus tard, là je suis debout comme un poteau depuis un peu trop longtemps. Slalom entre les rangs et je pose mon derrière sur une chaise de libre où je pourrais avoir une vue d’ensemble. J’écoute les dix premières secondes ce que raconte le prof et mon attention dévie. J’arpente la salle « discrètement » du regard. Trouvé. Double trouvé visiblement. Elle me fait un Coucou de la main. Mon cœur bat la chamade…
Je n’ose plus la regarder, mais je suis comme magnétisé par ses yeux verts, à la dérive dès que mon esprit divague et on se dévisage plusieurs fois jusqu’à que l’on toque à la porte. La directrice du Master est au seuil de la porte prête à faire ce qui semble être un discours moralisateur sur la vie étudiante. Elle interrompt le cours et demande « Est-ce que Léa Mondes est là ? ». Elle lève la main. « Venez avec moi s’il vous plaît ! » ordonne-t-elle. Elle ramasse ses affaires et en quelques secondes elles ont disparu.

Le temps passe lentement jusqu’à la fin du cours et je réprimande l’envie de tout envoyé chier. A la pause déjeuner j’espère la voir surgir d’un couloir, d’une cage d’escalier ou devant l’entrée, en train de fumer dans son pull XXL. Mais rien, alors je retourne en cours le moral au fond des chaussettes. Des vieilles chaussettes trouées pas lavés depuis deux semaines tricotées en poils de cul. Ma déception est démesurée, je sais bien. Mais il semblerait qu’elle décuple toutes mes émotions ! Parce que cette euphorie quand je l’ai vu assise en classe défit toute logique. Puis cette exaltation, lorsqu’elle m’a demandé « Tu veux venir ? » en pointant la place de libre à côté d’elle, frôle le mystique.


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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Jeu 2 Nov - 21:56
Ça faisait longtemps, très longtemps. Il s’en est passé des choses depuis. Weinstein, balance ton porc, attentat, indépendance des territoires…bien des péripéties. Et moi, toujours là à chercher le pourquoi du comment, à démêler les tentacules de ma pieuvre, à trouver le papillon qui a créé le Bing Bang de ma vie. Etre homosexuelle c’est accepter et faire son deuil de la vie hétéronormée que l’on essaye de me vendre depuis que je suis sur terre. C’est accepté d’être un peu à part, que je n’aurais jamais le même futur que mes parents, que je ne reproduirai pas ce schéma dans lequel j’ai grandis… Ma foi, tant mieux !

Pour résumer la situation (parce qu’on s’est un peu perdu de vue) je suis étudiante en Master et je travaille dans un café à mi-temps. J’ai fait la rencontre d’une fille qui étudie avec moi et qui ne me laisse pas indifférente, même si j’ai préféré nier mes penchants pendant longtemps. Ma mère est une control freak perfectionniste incurable, mon père est au abonné absent et moi j’ai décampé le plus vite possible pour Paris.

J’étais assise à côté de Léa, je craignais que mon regard ne lui pèse. Elle a l’air sérieuse, les yeux fixent au tableau, ses doigts fins jouent avec un stylo qu’elle laisse courir sur ses lèvres, prenant de temps à autre des notes. Elle répond en murmure aux questions du professeur et rétorque lorsque celui-ci ne lui a pas donné raison. Peut-être pense-t-elle participer de cette façon ? L’étudiante studieuse dissipe peu à peu ma propre concentration. Je la trouve magnifique.
A la fin du cours elle me propose d’aller utiliser nos tickets gagner lors de la semaine d’intégration pour visiter Paris. J’ai l’impression de partir pour une grande aventure lorsque nous quittons l’école, comme une fugitive sortie de prison. C’est drôle de se sentir aussi bien avec une personne que l’on vient de rencontrer, comme si nos chemins s’étaient déjà croisés, qu’on se connait depuis longtemps et qu’on vient de se retrouver.
Les quais sont vides à cette heure de la journée et on s’assoit en attendant le bateau mouche.
« -J’aime cet endroit, ça me rappelle pleins de souvenirs. » déclare-t-elle.
« -J’ai fait tellement d’apéros ici, je crois bien que c’est la première fois que je viens sobre. 
-Pour une soirée romantique c’est pas mal aussi !
-Mais même, ça finit en bordel ou tu ne te souviens plus de rien le lendemain. Je peux te demander, si ce n’est pas indiscret, pourquoi la directrice t’a convoqué tout à l’heure ?
- Rien ne t’échappe toi. Ça ne regarde pas grand monde enfaite, mais c’est à cause d’un problème avec la police. C’était il y a longtemps, mais ça m’empêchera peut-être de continuer l’année. Quoi que, j’ai l’impression que ça va aller mieux...
-Qu’est ce qui t’es arrivé ?
-Dis-moi, ça t’es déjà arrivé de penser bien faire et au final d’empirer la situation. Pour toi, mais aussi pour tout le monde ?
-Euh oui…Quand je propose de cuisiner et que ça finit en intoxication alimentaire ? »
Elle rit et hoche la tête.
« -C’est à peu près ça. Avec une chiasse qui dure plus de trois ans. »
Je grimace alors qu’un sourire fend son visage. Les vagues secouent le calme de l’eau et entrainent mon excitation, notre navire est là ! On prend rapidement place à l’intérieur. On suffoque à cause des gigantesques vitres qui décuplent la chaleur et on est en sueur au bout de quelques minutes. Elle hésite, s’agace, puis finalement enlève son pull, relevant ses cheveux qui retombe en pagaille, remuant ses boucles, me troublant encore plus. Emue, la pagaille est dans mon cœur. Je la regarde faire et j’ai envie de passer ma main dans ses cheveux. Un flottement dans l’air et je me perds dans ses yeux rieurs. J’aperçois la naissance de sa cicatrice dans la nuque, j’essaie d’imaginer sa souffrance alors que je rêve de la calmer en la caressant du bout des doigts.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 3 Nov - 0:27
Clap clap clap bravo miss t as un style génial à la Bridgert Jones et quel réalisme dans la description des émotions, et quel humour j adore!❤️
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le Ven 3 Nov - 0:32
Il faut dire que je vis actuellement des choses similaires en ce moment donc ça donne une bonne bouffée d espoir et j espère que ma Léa a moi (façon de parler) me criera OUI comme dans ton récit! Merci à toi pour cet excellent moment et surtout continues d écrire. Ton post est pour moi le meilleur cru du forum
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 3 Nov - 0:33
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 3 Nov - 0:35
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le Ven 3 Nov - 0:36
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 3 Nov - 2:07
Mooooo .... Trop happy Joyceline tu vas m'émouvoir!
Ca me fait plaisir que tu me lises.
Merci pour ces compliments!
Bonne chance avec ta Léa Wink
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 3 Nov - 3:46
Oui j ai tout lu avec grand plaisir (tous les épisodes car j avais louper le début du feuilleton vu que je suis inscrite depuis peu sur le forum). Du coup, tu m as donné la pêche et du coup j ai contacte ma Lea par SMS qui m a répondu de suite et je pense que nous avons fait un grand pas décisif après bien des retards. Elle ne va malheureusement pas très bien et je ferais tout pour la rebooster. Merci pour tout, tu m'as donné la gnaque. Et je veux connaître la suite de l histoire!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Dim 5 Nov - 0:26
Wouuuuuu Aplause
C'est génial!
Hahaha! Je suis heureuse que mon "feuilleton" donne de tels envies!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Dim 5 Nov - 15:27
Bonjour JIiad,
J étais comme toi à ton âge, j aimais écrire et tout particulièrement sur cet emoi que je ressentais profond en moi quand je pensais à mon amie ou partageais des moments avec elle. C était aussi fort, tendre et plein d exaltation que ce que tu écris. C est pourquoi d ailleurs j avais plaisir à lui écrire et elle a me lire. C est ainsi qu on s est déclaré un amour réciproque mais qu elle souhaitait visiblement sans relation physique. J en ai eu confirmation plus tard ill y a cinq ans qd je lui ai de nouveau déclaré mon amour par SMS (une grosse bêtise tout à fait entre nous!) elle m a indiqué qu elle souhaitait qu on reste amies mais pas plus. J étais en couple depuis lors et je viens cette nuit d informer mon actuelle amie du tumulte qui agite de nouveau ma vie avec le retour de ma meilleure amie. Ma relation actuelle est donc en mode pause afin que je puisse aller vers mon bonheur s il en est possible. Voilà sinon je crois que je vais me remettre moi aussi à écrire !!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Dim 5 Nov - 15:31
Question : ton récit est t il autobiographique car il est impossible de décrire ce que tu dépeins sans l avoir vécu? As tu réussi à conquérir ta Léa sans déflorer la fin de l histoire? Tu peux aussi disposer d un joker pour la réponse à ces questions
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Dim 5 Nov - 19:37
Woua je viens de tout lire... on se prend vite au truc! La suite! La suite! La suite! hihi Very Happy
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 6 Nov - 22:20
Joyceline, ta "meilleure amie" a l'air de beaucoup compter pour toi et j'espère que tu puisses franchir le cap avec elle, même si je suis bien pessimiste sur ce genre de relation...

"Based on a true story" Indeed, indeed! Oui oui, mais non!
C'est beaucoup de petits trucs qui me sont arrivés, mais j'ai pas vécu cette histoire, surtout pour ce qui reste à venir! :p

Lois-Lane
Etant donné que je suis un escargot 2.0, je vais me pencher sur l'écriture plus sérieusement!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 15 Nov - 3:39
Episode 7/8

On venait de quitter le bateau-mouche et j’étais sur un petit nuage. Léa avait bombardé de photos les monuments puis avait tourné l’appareil vers nous. J’ai fait quelques grimaces, elle m’a dit « Nan mais ! Mais même comme ça tu es belle !», j’ai rougi et je me suis contenu. Ses yeux me consumaient sur place, j’étais absorbé tout entière, incapable de répondre, paralysé d’amour. Elle a pris une photo. « Celle-là est magnifique ! » Elle me la montre et je réalise à quel point l’amour transparaît. Le voit-elle aussi ? Je ris nerveusement et acquiesce.

L’heure tourne et Léa m’accompagne jusqu’au café où j’embauche à 18h. Elle fait la connaissance de Michel, mon manager, tandis que je passe derrière le comptoir enfiler mon tablier. Elle me détaille de la tête aux pieds, « Jolie » lance-t-elle au milieu de sa conversation avec Michel. Est-ce qu’elle flirte avec moi ? C’est peut-être un simple compliment, je m’emballe. Je vais quand même lui préparer un grand café au lait, pour le plaisir. Elle récupère son gobelet puis le repose « Tu as oublié mon prénom ! » Elle m’exaspère, je lève les yeux au ciel et elle en rit. De ma plus belle plume je trace
« Lait à la chieuse <3»
Troublée, elle fixe mon écriture pendant de longues secondes et mon cœur frôle l’implosion. Son regard doux s’est finalement posé sur moi « Merci, si représentatif ! Celui-là je vais le garder. » Déclara-t-elle en collant le gobelet proche de sa poitrine. « Bon, alors à demain ? Bon courage » Michel me donna une première commande, Léa une bise et finit par partir. Je ne m’étais jamais senti aussi vivante, autant présente, aussi bien. Comme si tout prenait son sens, comme si j’ouvrais de nouveau les yeux et voyais clair. J’ai l’impression de me retrouver alors que je me perds dans des sentiments inconnus… Enfin il y a eu Alice avant, mais c’était différent…Qu’est-ce qu’elle devient ? Surement étudiante à Paris, peut-être dessinatrice à ses heures perdues. Je rêvasse, le collège, le lycée, combien d’années à me mentir à moi-même ? Michel m’interrompt « Houla, toi ça n’a pas l’air d’aller. C’est ta ravissante copine qui te manque ? Aller, tu la reverras tout à l’heure ! Fais-moi couler les cafés ! »

Le gobelet entre les mains, la chaleur du café me redonnait de l’entrain. J’ai tout fichu en l’air une fois, mais pas deux. On ne m’y reprendra plus. J’ai compris ma leçon. L’amour, pas la haine. Peace and love. Un bulldog qui se transforme en chihuahua. On aura tout vu. Instinctivement, je caresse du bout des doigts cet adorable cœur sur le gobelet et le mien s’emballe. Je sors mon portable, fais défiler les photos avec Morgane et m’attarde sur celle-là. La tendresse dans ses yeux noisette et ses hautes pommettes…J’ai l’impression de jouer ma vie en postant cette photo sur Facebook. Sans mauvais jeux de mots.

Il est 22 heures passées, Michel et moi avions fait la fermeture du café. Je raccroche mon tablier et récupère mes affaires « A demain ! », je réponds mais j’ai les yeux rivés sur mon portable. Je ne suis pas du genre à rester collé aux écrans, mais là je suis stupéfaite.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 29 Nov - 1:57
N°9

J’ai toujours douté de ceux qui me parlaient de la loi de l’attraction, mais là je suis médusée devant le message qui s’affiche sur mon portable.
La loi de l’attraction : vous demandez à l’Univers ce que vous désirez et vous le recevez. Je n’ai rien demandé, parce que je n’y croyais plus à ces conneries. Imaginez un peu : la paix dans le monde, la fin de la pauvreté, l’égalité des droits, le respect des femmes, rendre une hétéro homo, la vraie fin de Faking It… Tellement de choses, il suffit de demander à l’Univers non ? J’ai essayé, longtemps et j’y ai cru. Je pensais que ça marcherait. Un vœu, le même à chaque anniversaire, à la fin de chaque prière, même lorsque je soufflais sur un pissenlit « Que maman et papa s’aiment à nouveau » rien que ça, un peu bercé par les films d’Hollywood et bien trop près des murs. Mais j’ai dû me faire une raison. La loi de l’attraction m’a attiré des emmerdes, alors j’ai arrêté les souhaits. Puis simplement, un matin j’ai demandé à nouveau, tout doucement à l’Univers « Je souhaite que le bus soit à l’arrêt. » Puis, un autre jour silencieusement « Je souhaite qu’il n’y ait pas de contrôleurs. » Ce genre de petites victoires qui lentement reconstruisais ma confiance en Lui, l’Univers.
Toutefois, je l’avais laissé tranquille des grosses commandes, parce que j’ai peur de ses malins petits tours.
J’avais laissé tranquille l’univers, me disant que de toute façon il n’avait rien fait comme il fallait. Mais après tout, peut-être que c’était dans l’ordre des choses. J’acceptais la situation malgré les injustices.

Alors, sur mon mur Facebook apparait un post de Léa qui a publié une photo de notre après-midi sur le bateau-mouche, juste après une photo d’elle et Guillaume à l’école. Je ne l’avais pas vu cette photo, ils ont l’air complice, accolade par-dessus les épaules et grands sourires. J’ai un pincement au cœur, la jalousie parle sans que je le souhaite. Le résultat de Facebook et ses albums exposaient au monde entier. Je « Like » sa photo de nous deux et je fonce dans mes messages. Cela m’a d’abord semblé irréel avant de relire une deuxième fois, puis une bonne dizaine de fois. Alice, une amie du lycée que j’avais perdue de vue ou plutôt que j’avais préféré oublié.
« Coucou ! Ce message sort de nulle part. Comment vas-tu ? Je sais que ça fait longtemps que l’on ne s’est pas vu. Presque quatre ans déjà ? Mais j’ai souvent pensé à toi et aux bons moments avant le bac. J’ai arrêté les études et je travaille à Paris dans le 7ème. Bref, fais-moi signe et on pourrait se voir. Bisous ! »

Nuit blanche. Mes pensées fusent, en désordre, esprit chaotique. Mes envies sont contradictoires, je suis un missile à tête chercheuse qui ne trouve pas de cible. Je pensais pourtant avoir une trajectoire, mais je reste une imbécile peureuse. Le sommeil me gagne et je revois Alice, un sourire bizarre, un peu timbré qui ne cesse de répéter « Ne m’oublis pas ! » Comme une enfant capricieuse elle exige que je reste auprès d’elle. Je sors de la chambre pour prendre l’air sur le balcon, la rambarde m’arrive à la taille, je détaille les points d’appuis et la façon dont je pourrais m’enfuir. Alors je l’enjambe et saute sur la balustrade des voisins. Ainsi de suite, j’arrive à m’échapper mais je rencontre des inconnus, qui tentent de me convaincre de la retrouver. Alors je cours le long d’un quai, je sprint, fuyant ses messagers et je découvre une ville magnifique, je suis sereine, heureuse. Je pensais m’être définitivement échappé, mais deux chiens coriaces me poursuivent et je sais qu’ils sont sous ses ordres.
Je me réveil en panique, prête à courir à tout allure. Ce n’était qu’un rêve, mais je sens toujours les yeux clairs d’Alice me fixer. Ça m’obsède, hier je me sentais libre et il a suffi d’un message pour tout bouleversé.

J’enfile des habits qui trainent sur ma chaise,
Je fixe mon portable. La tentation est grande.
« On se voit quand ? » J’ai besoin de lui parler. Léa, j’ai besoin d’être fixé.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 1 Déc - 2:34
Chapitre X


Je suis agacée par ce silence qui dure depuis presque deux jours. Mon portable est resté sous mes yeux pendant tout le weekend dans l’attente d’une réponse de Léa. Pire que le rejet, c’est le silence. Alors j’ai relu le message d’Alice, en me disant que tout le monde méritait d’avoir une réponse.
En marchant en direction du bar où Alice m’a donné rendez-vous, je redevenais cette petite fille peu sure d’elle, un peu timide et pétrifiée à l’idée de prendre une mauvaise décision. C’était sûr que je ne venais pas chercher son amour, ni son amitié d’ailleurs. Notre histoire est restée fraiche dans ma mémoire et je crois qu’on aurait difficilement trouvé une relation aussi toxique que celle qu’on entretenait. J’avais rencontré Alice au collège, elle avait l’allure d’une fille vengeresse, insoumise et sauvage. Une amitié de près de 8 ans, même si malgré la mauvaise opinion de mes parents à son propos j’avais continué à la voir. On se fréquentait simplement pour faire les conneries qui nous passaient par la tête, parfois ça allait trop loin et on a failli avoir des problèmes. Mais on s’en sortait toujours et on continuait avec le désir d’en faire toujours plus la fois prochaine. C’était ma seule amie qui aimait autant le risque, c’était surement malsain et plusieurs fois j’ai cru qu’on allait terminer chez les flics ou simplement morte. Mais c’était enivrant et je l’aimais un peu plus à chaque fois que l’on frôlait l’excès. Ces souvenirs avaient un gout amer et je résistais à ne pas faire demi-tour.

Je pousse la porte du bar et d’un coup ce goût dérangeant me submerge, comme un pressentiment. Après tout, qu’est-ce que je viens faire ici ? L’endroit est bondé mais j’aperçois Alice avachis sur une banquette. Je pousse, dérange et traverse la salle pour venir m’installer à côté d’elle. Elle me salue, m’étreint mollement et bizarrement cela me laisse indifférente. Mon cœur ne bat plus la chamade comme avant, mais elle m’inspire toujours une douce passion.
« -Tu n’as pas changé ! Toujours aussi belle. » me dit-elle d’un ton langoureux
Alors je me souviens. Avec elle j’ai toujours eu du mal à discerner le flirt de la flatterie. Fervente adoratrice d’Alice, que vos pas soient guidés par la prudence !
J’aurais aimé lui retourner le compliment, mais après considération, elle n’est plus celle que j’ai connue. En la dévisageant, j’ai bien vu que ses traits étaient esquintés et que l’étincelle qui avait habité son regard n’était plus qu’une pâle lueur endormie.
« -Merci ! Je ne t’ai pas fait trop attendre ?
-Ho non t’occupe ! J’ai eu le temps de prendre l’apéro…Mais je peux t’offrir un verre ? » me propose-t-elle langoureusement. Flirt ? Civilité ?
Je refuse, elle insiste, je cède, mais les bienséances sont terminées puisqu’il lui manque un billet, alors j’invite.
On parle de banalités, de choses et d’autres, mais j’ai le sentiment qu’elle est excessivement polie et courtoise et ne ressemble en rien à la fille que j’admirais. Elle est avide de détails sur ma vie, sur mes nouveaux amis à l’école, me bombardant de questions, me laissant mal à l’aise.
« -Mais vous avez l’air de bien vous entendre dans votre promo. Il y a une photo avec une fille de ta classe sur Facebook…
-Léa ! Oui une belle promo, même si on n’est pas encore très proche.
-Elle habite ou cette Léa ?
-Dans Paris.
-Oui mais où exactement ?
-J’en sais rien, pourquoi ?
-Ho je cherche à m’installer avec mon copain, je ne connais pas les coins jeunes et sympas. »
Je devine que ce ne sont pas ses véritables intentions.
« -Ha tu as un copain ! Ça fait combien de temps ?
-Presque trois ans. Enfin, on a eu des hauts et des bas, mais oui déjà trois ans ! »
Sa voix se tord et elle part dans ses pensées.
« -Ha si longtemps, je ne savais pas !
-Depuis la fin du lycée. C’est vrai que tu ne l’as jamais vu, quoi que …Ha non ! Ma famille ne l’aime pas trop, alors tu vois on fait en sorte de rester discret. D’ailleurs il n’aime pas s’exposer, c’est un gars tranquille en vrai, même si des fois il a ses sautes d’humeurs. Comme tout le monde, n’est-ce pas ? Par contre, non, jamais il a levé la main sur main, même si on a nos engueulades. Mais bon c’est un sanguin, comme moi, il peut vite être obsédé mais c’est un courageux. Il n’a pas eu beaucoup de chances dans la vie, enfin si moi, mais à part ça… Tu vois avec lui j’apprends à composer et à faire de l’amour une priorité. Mais pour en revenir à toi, tu as cours tous les jours ? »
Adoratrice de son homme, j’ai eu le droit à de nombreuses anecdotes à son sujet, m’assurant une fois pour toute que non, jamais elle n’aurait pu flirter avec moi, aujourd’hui comme à l’époque. La soirée se passe, on parle de nos emplois du temps, des coins ou on aime aller, de nos jolies vies. Sans ça, on aborde des sujets lisses alors qu’une question me tourmente réellement.
« -D’ailleurs, pourquoi ce message, pourquoi vouloir me revoir maintenant ? Tu es nostalgique ?
- C’est ça. Puis ça fait toujours du bien de revoir ses amis ! Tu m’avais manqué ma Morgane ! »
Me caressant dans le sens du poil, cajoleuse en se faisant trop agréable.

Lorsque j’ai quitté Alice devant le bar, une quantité de questions se bousculaient et je ne trouvais aucune réponse valable. Mon premier réflexe a été de penser à Léa, à désirer sa présence. Le dimanche soir me donne souvent le cafard, mais ce coup-ci je ressens le poids de la solitude m’oppresser. Un coup d’œil à mon portable et deux nouveaux messages s’affichent. L’un de ma mère qui veut me voir et le second d’Antoine qui m’attend devant chez moi. Haaaaaa ! Qu’est-ce que tu branles Léaaaa !??


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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 6 Déc - 2:51
1+1

Au chaud dans mon petit studio, Antoine fixe le sol silencieusement. Ses cheveux sont en bataille et ses poings en sang.
« -J’ai merdé là, je vais avoir des cicatrices ! »
J’attrape le nécessaire pour nettoyer ses plaies et bander ses mains. Il me raconte que des gars l’ont emmerdé dans le RER parce qu’il roulait un joint. Il a réussi à se défendre et à sortir à une station, en leur faisant un doigt d’honneur, mais les gars ont retenu la porte et l’ont coursé. Finalement, il me dit en avoir cogné, mais que son poing a heurté un mur en crépi au lieu de retomber sur la gueule du mec. D’ailleurs, il pense que c’est tant mieux parce qu’il aurait pu continuer à frapper, mais au lieu de ça il a pris ses jambes à son cou.

« -Et du coup tu viens chez moi, logique !
-Ba t’était pas loin, puis je n’allais pas me soigner tout seul.
-Ha oui, c’est plus commode, c’est sûr. T’es con aussi de leur faire un doigt.
-Ils m’ont cherché. Avoue que ça te fait plaisir de me voir !
-Du tout ! Tu me fais juste de la peine. Après tu files.
-OK…Putain quel enthousiasme. T’as passé une mauvaise soirée ? »
Je ne peux même pas dire que la soirée était mauvaise. C’était perturbant de revoir Alice, j’ai l’impression d’avoir replongé dans cette période obscure de ma vie où je ne réalisais même pas que j’étais lesbienne, où je me mentais à moi-même.
« -Ecoute, pas top…
-C’est ton nouveau mec qui sait pas y faire ? » Sa phrase m’arrête net.
-Putain mais t’es vraiment trop con !
J’ai envie de lui balancer la compresse à la gueule et le laisser dans sa merde. Il explose de rire alors qu’il me tape sur les nerfs.
-Je sais, calme je rigole. Bon…Il s’appelle comment ?
-Vas te faire foutre avec tes mains en charpies ! Tiens j’espère que ça va te laisser de sales cicatrices…
-C’est pas très gentil ça. Ça te dit d’aller boire un verre après ?
-Non, non du tout. Je ne veux voir personne. »
Mensonge. Je jette un coup d’œil à mon portable, mais toujours aucune nouvelle de Léa. Ça m’exaspère, je m’exaspère ! Aucune patience ! Je soupir et Antoine continue son interrogatoire alors que le simple silence m’irait très bien. Ses questions m’excédent et je me hâte de finir le bandage pour aller à la fenêtre m’allumer une cigarette. Je ne l’écoutais même plus et d’un coup il fait mouche.
« -Bon alors, c’est ta meuf c’est ça ? Ta copine ne sait pas y faire ?
-Quoi… répète ça ?
Mes bien chères sœurs, mes bien-aimés gouines du berceau, le jouvenceau à viser juste. Comme c’est drôle de l’entendre dans la bouche d’un autre. Comme si d’un coup, il me sortait d’une apnée de 23 ans. Mes bien chères sœurs, je vois la lumière à la surface, je sors du cocon et je fais face.
« -Une copine ? Ba oui pourquoi pas, tu devrais essayer. » Il le dit de façon tellement détachée, alors que j’ai envie sabrer le champagne puis me rouler dans la mousse sur des secousses de Queen, Don’t Stop Me Now. C’est beau, c’est bien, c’est ça ! Tout juste l’ami ! Approche, je t’aime ! High Five ! Ha non c’est vrai, t’as les mains en parchemin !
Il écarquille les yeux, j’éparpille ma joie, il se déshabille déjà, alors j’arrête l’athlète.
« -Mais non ! C’est ça j’aime les filles ! Remets ta chemise !
-Ha pardon ! Je pensais que t’allais me prouver que je me trompais !
-Mais non ! Pour une fois que tu disais pas de connerie.
-Au cas où. Si tu voulais goûter une dernière fois avant de faire ton choix. Je rigole, je rigole, s’empresse-t-il de ponctuer pour ne pas s’attirer mon courroux. Alors qui est la chanceuse ? »

C’est étrange la vie. On y donne le sens que l’on veut. On découvre le monde avec les siens, puis avec les autres. Puis on réalise qu’on est seul. Alors on rencontre quelqu’un et soudainement tout prend sens. On devient un couple et on a l’impression d’exister. Pourtant, on se rend compte qu’on a délaissé qui on était, qu’on s’est rendu orphelin à trop s’abandonner. Puis, dans la solitude on entend quelques mots qui résonnent en échos et alors on retrouve son chemin.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mar 9 Jan - 1:31
J'ai mis énormément de temps à accoucher de cet épisode, mais faut dire que le mois de décembre a été intense! S'il reste des téméraires qui n'ont pas lâché l'affaire, voici pour vous les luchadores le douzième manuscrit (surement blindé de fautes et je me confonds en excuses) des folles aventures de la légendaire épopée des zouzettes Morgane & Léa.


12


La lumière du jour caresse leur visage et vient remuer leur sommeil. La lumière rampe doucement et s’infiltre sous leurs paupières. Déjà huit heures du matin et ils émergent.
« -Morgane ? T’es réveillée ? » Un soupir pour réponse.
« - Panique surtout pas, mais rappel moi il est à quel heure ton cours très important ? » Un grognement animal sort de sous les draps.
« -Parce que si c’est 8h, tu es déjà en retard de 23 minutes…»
La danse matinale se fait avec empressement, elle envoie tout valser, il suit le tempo, ils balancent leur pas jusqu’au métro et s’engouffrent dans une marée de corps. Le rendez-vous matinal des Parisiens qui s’ignorent c’est ici ! Ça se trouve, l’amour de votre vie est dans le même wagon que vous, agrippe cette même barre horizontale, ou vous a devancé pour s’asseoir sur l’unique strapontin de libre, mais vous n’en saurez jamais rien. A moins que vous la croisiez par hasard, une seconde fois. Dans tous les cas, saisissez votre chance… Antoine file et Morgane reste comprimée encore quelques arrêts pour ensuite gambader en toute liberté jusqu’à son école. Sa chevelure sautille au rythme de ses pas, ses lunettes glissent le long de son petit nez retroussé qu’elle repositionne du bout de l’index. Elle continue, elle pense même accélérer l’allure, mais après tout elle sera toujours en retard, alors à quoi bon ? Aucune raison, si ce n’est de sentir son pouls s’accélérer, la chaleur monter dans ses joues et le claquement de ses pas sur le bitume.
« -Morgane ??! Morgane !! »
L’appel de son nom la stop net et elle fit volte-face pour voir Léa, quelques mètres derrière elle. Elle reprit sa respiration et s’avança vers elle quelque peu essoufflé.
« -Hey ! Comment tu vas ? On est en retard là ?
-Quoi ? Léa jeta un coup d’œil à sa montre. Non! Enfin oui, mais d’à peine dix minutes. T’as reçu le mail?
-Quel mail ?
-D’hier soir. Le cours a été reculé d’une heure…
Morgane se rappela la soirée avec Antoine, ils avaient fini une bouteille de vin qui trainait et elle lui avait parlé de Léa toute la soirée avant de prendre la position foetus au milieu de son lit. Et la voilà maintenant face à elle, complètement troublé car elle semble encore plus belle que dans ses souvenirs.
-Ha non, je n’avais pas vu ça…
-Alors je t’apporte la bonne nouvelle ! On n’est en retard que de dix minutes. Donc, pas de raison de courir !
-Heu… Si ! Elles se regardèrent en silence.
-Heu…Non ! Je te pari qu’il dira rien !
-Mais si puisqu’on est toujours en retard ! » Morgane hésitait à reprendre sa course et guettait la réaction de Léa, or elle ne reçut qu’un regard furtif et un soupir. Alors elle accéléra, pas à pas, progressivement, en essayant d’entrainer Léa dans sa marche. Elles n’étaient plus qu’à une centaine de mètres de leur école quand Léa explosa de rire et se mit à boiter.
-Est-ce que ça va ? Interrogea Morgane.
-Oui, oui. Enfin c’est les nerfs, c’est rien.
-Tu as mal quelque part ?
-Non, c’est bon. On est presque arrivé…
-C’est une technique pour ne pas avoir à courir ?
-Hé ! Mais non du tout ! Dit Léa, presque offusquée.
-Non, parce qu’il suffisait de le dire…
-Tu crois vraiment que je fais semblant d’avoir un éclat d’obus dans la jambe pour ne pas avoir à faire ta petite course ?
- Un éclat d’obus ? J’ai pas dit ça. Non, non, je pensais juste que t’avais marché sur une mine et que tu revenais à pied du champ de bataille.
-Très très drôle Morgane !
-Merci, merci! Mais la guerre est terminée, tu peux sourire ! » Dit Morgane en lui ouvrant la porte de l’école.


Un homme en costume entra sans dire un mot l’air bourru, pas très réglo. Il ne se présenta pas mais s’installa rapidement pour lancer son diapo, puis s’assit sur le bureau les bras croisés et fixa l’assistance, silencieux. Il se racla la gorge et commença sans transition à détailler les objectifs du séminaire : se familiariser avec les étapes du recrutement. La présence et l’implication était primordiales. Il fut interrompu lorsqu’on toqua à la porte :
« -Bonjour excusez-nous du retard, on a eu un petit problème de transport.
-Nous verrons aussi ce qu’il ne faut surtout pas faire en entretien, comme arrivez en retard. En temps normal je vous aurai renvoyé, vous n’aviez qu’à prendre le train d’avant. Mais je n’ai pas envie de perdre mon temps avec l’administration, alors installez-vous là bien devant. Voilà la rangée des retardataires ! Nous verrons après ce que je vais faire de vous.»
Le professeur reprit son cours, sans omettre un dernier commentaire sur les règles de ponctualité.
« - Pas commode lui ! » Chuchota Léa à Morgane après s’être installés.
« -Tu verra je te parie qu’il ne dira rien ! Imita Morgane. Heureusement qu’on t’a écouté ! »
« -Mais au moins il nous a laissé entrer ! Je ne savais pas qu’on avait affaire à Staline réincarné. »
Les gros yeux impitoyables de l’intervenant les mitraillèrent et leur intimèrent de fermer leurs jolies bouches, ce qu’elles consentirent à faire...pendant à peine cinq minutes.
« -Bon, puisque vous n’arrêtez pas de jacter on va commencer la première mise en pratique. Dit-il en articulant excessivement ses mots. Par binôme, vous allez simuler un entretien d’embauche. L’un sera le recruteur, le second le candidat. Le recruteur peut poser les questions qu’il souhaite, toutefois attention à ce que cela reste légale. Pour le candidat, je veux du story telling ! Raconté votre vie, mais ne vous en inventez pas une non plus ! Soyez convaincant ! »
Morgane prit une grande inspiration et se tourna vers Léa.
« -Alors t’as des questions en tête ? Interrogea Morgane l’air concerné.
-Euh… Oui…Quelques-unes bafouilla Léa, se demandant si on pouvait même refuser d’embauché une fille aussi belle. Même sans CV. Même si elle ne demandait pas d’emplois. N’importe qu’elle entreprise aurait créer un poste sur mesure pour garder une fille pareille dans leur bureau non ? D’ailleurs, c’est peut-être comme ça que les Happiness Manager ont commencé ? Juste une belle fille et ça suffisait pour faire sourire le monde autour d’elle…

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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 10 Jan - 16:51
"On s'est rendu orphelin à trop s'abandonner..." J'adore ta façon d'écrire, spontanée, vive, efficace. Continue, c'est génial...
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 10 Jan - 23:33
Merci Fleur de Grimm! C'est bien la première fois que je tiens une histoire aussi longtemps, alors contente que ça te plaise héhéhé

PS: Dans un autre style, j'aime bien aussi ce que tu fais
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Jeu 11 Jan - 2:59
C'est l'histoire qui te tient, ou le fait de la partager, qui la fait tenir longtemps, cette histoire?

P.S : Merci! Wink
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 12 Jan - 3:26
L'un dans l'autre, c'est l'histoire et l'aboutissement c'est de pouvoir la partager, même si ça m'angoisse parce que c'est un récit encore assez niais.
Mais c'est le processus qui est plaisant, de penser à l'histoire, de chercher les mots exacts, les tournures et de visualiser les scènes.
Puis c'est vos petits messages qui m'encouragent, ça me fait plaisir que ça te plaise, c'est un peu le meilleur booster!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Jeu 18 Jan - 15:41
PomPom Girl  PomPom Girl  PomPom Girl  PomPom Girl  PomPom Girl  PomPom Girl  

13

Face à face, il était l’heure de l’entretien d’embauche fictif.  Jamais elles n’avaient pu se dévisager aussi longtemps et aussi bien. A vrai dire, c’était bien la première fois qu’elles s’observaient sans la moindre retenue, remarquant même certains détails comme ces petites ridules qui se formaient au coin des yeux lorsque Léa riait, ou bien la façon dont Morgane se pinçait les lèvres lorsqu’elle réfléchissait en tortillant une mèche de cheveux du bout des doigts. Alors que Staline slalomer entre les binômes pour écouter les conversations, Morgane griffonnait sur un bout de papier les questions qui lui venaient en tête et Léa la regardait amusée, avant de soudainement lui tapoter le dos de la main.
« -Bon allez vas-y ! Staline arrive ! Improvise ou je sens qu’il va nous envoyer au goulag !  
-Hein ?! » Morgane leva les yeux affolés, prête à négocier pour ne pas faire l’exercice, alors que tous les autres groupes avaient déjà commencé leur mise en scène. Mais Staline avait déjà serpenté pour arriver à leur hauteur, les fixant outrageusement, flairant l’entourloupe.
« -Oui c’est exact !! J’ai plusieurs expériences professionnelles qui m’ont apporté …hum…l’expérience nécessaire pour exercer la position que vous me proposez aujourd’hui ! » S’exclama Léa, alors que Morgane la fixait dubitative, n’ayant posé aucune question, ne sachant même comment rebondir. Toutefois, la pression émanant de Staline à sa droite l’aida rapidement à trouver.
« -Parlez-moi un peu plus de ces hum…expériences ? Interrogea Morgane, en manque d’inspiration.
- Des expériences de toutes sortes…C’est-à-dire des petits boulots étudiant, j’ai commencé il y a trois ans dans une guinguette, puis une boîte de nuit, plus tard dans des bars et restaurants. Cela a permis de me responsabiliser assez jeune et de rencontrer du monde ; même si on se souvient rarement de la barmaid…A l’inverse, j’ai une bonne mémoire …
-En effet c’est indiqué sur votre CV, remarqua Morgane en faisant semblant de lire les informations sur son pupitre alors que Staline restait penché par-dessus son épaule. Heu…Ou vous voyez-vous dans cinq ans ?
- J’espère être toujours à vos côtés, avec une possibilité d’évoluer vers un poste avec plus de responsabilités… pour continuer à avoir des missions qui me tiennent à cœur. Staline se faufila vers une autre table alors que Léa finissait sa phrase.
-Ouuuf ! Fantastique ! Une autre question ? Lâcha Léa soulagée.
-Heu… Oui. Tu déjeunes où ?

Alors, elles se sont installées, face à face encore une fois et la pression était bizarrement toujours palpable, même si le cours s’était terminé depuis un moment. Il y avait quelques choses entre elles, c’était indéniable. Mais rapidement, Léa détourna le regard et s’évada. De nature bavarde, son silence retentissait encore plus fort.

« -Quelques chose ne va pas ? T’as l’air perdu dans tes pensées, tu as l’air ailleurs… »
Et Léa se disait tout en fixant son genou déboîté « si elle savait, ailleurs, je suis ailleurs, dans un endroit où les gens se respectent, ou l’on est bons avant d’être mauvais. » Elle le pensa fort, puis vit la pureté, la candeur chez Morgane et attrapa le menu pour ne pas affronter son regard dérangeant.
« -Je suis là, avec toi.
-Très bien, j’ai eu peur de t’avoir perdu. »
Et Léa sait ce que ça lui fait. Elle pensait ne plus jamais ressentir ça. D’ailleurs le goût est différent et elle a tellement peur d’être déçue…Elle ne veut pas y croire, car c’est se rendre vulnérable et elle n’est pas prête à laisser tomber sa carapace, à la rigueur, elle pourrait la poser là, dans un coin, au cas où elle en aurait besoin ?
« - J’ai encore une question pour toi. Bon, je sais que le cours est terminé, mais celle-ci je voulais te la poser depuis un moment… » bredouilla Morgane.
Léa se redressa sur son siège. Elle aurait voulu l’embrasser, s’avancer et lui dire très lentement « Tu peux tout me demander, mais après. » Enfin, elle savait que non, qu’elle ne ferait pas ça car elle ne voulait pas l’effrayer, car oui, elle avait trop peur de la perdre.
« -Vas-y je t’écoute !
-Ha…Bon. Je me demandais, comment tu as su me trouver le premier jour ? »
Et ainsi, elle venait de tout remettre en question, sans même s’en apercevoir. N’avait-elle aucun souvenir ? Au contraire, cherchait-elle à comprendre ce qu’elle redoutait ? Une explication et passer à la suite ? Si l’amour vous poursuit, peut-il ensuite choisir la fuite ?
Léa reposa le menu et pesa ses mots :
« -Il y a trois ans, on s’est déjà rencontrées. »
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 29 Jan - 23:42
BWAAAALALALALALALALAAAAA ! C'est pour quand la suite ?????
Désolée j'arrive un peu après la guerre ! Mais au final, heureusement. Parce que j'aurai été trop frustrée d'attendre la suite de ton histoire à chaque fois ! J'aime bien ton humour, certains passages de ton récit m'ont bien faite sourire. Si tu pouvais ne pas me laisser sur ma faim, ça m'arrangerait stp merci. J'espère pouvoir te lire vite ! Wink
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 2 Fév - 0:45
J'ai entendu tes plaintes cham-cham
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Ven 2 Fév - 0:49
J'exauce tes prières, parce que je suis une bonne âme, extrêmement modeste et hyper fiable!
ENJOYYYYYY!!!



Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil TropChou  Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil  

" -Il y a trois ans, on s'est déjà rencontrées. "

Les secondes battaient comme des tambours. Les yeux écarquillées, Morgane fouillait sa mémoire et refusait d'y croire. Première pensée : C'est quoi ces conneries ?

" -Je ne t'ai jamais vu avant la rentrée, je me serais souvenue de toi. "
-Impossible. Tu n'étais pas en état de te souvenir de quoi que ce soit. "

Seconde pensée : Ha…Moi pas en état ?
" -Raconte-moi tout, parce que je ne comprends plus rien.
-On s'est rencontré par hasard à une soirée. Tu étais avec des amis et vous étiez tous ivre, sauf que toi ça allait encore. Je travaillais au bar. Je m'en suis voulu longtemps… Je n'étais pas sure, il y avait beaucoup de monde ce soir-là et j'ai cru voir un gars mettre quelque chose dans le verre de ton amie.  Mais le gars avait l'air de la connaître et puis je n'étais pas sûr… Il faisait sombre, la musique me chauffait les tympans, j'avais peur de me faire des films, j'ai toujours eu peur qu'une chose pareille puisse m'arriver... Puis sur la caméra de surveillance, je t'ai vu à la terrasse toute seule, alors je suis sortie fumer une cigarette à ce moment-là. Mais en sortant tu étais assise plus loin, loin des caméras de surveillance, avec ce gars et ton verre vide. J'ai senti que quelque chose clochait… "

Son attention se fixa sur la cigarette qu'elle roulait, laissant sa phrase en pleine voltige.
" -Et alors, il s'est passé quoi ?
" -Je n'ai plus de tabac, ça va être compliqué pour continuer mon histoire.
-Tu essayes d'éviter ?
-Ça m'effraie de repenser à ça…
-Tu n'as pas à l'être. Pourquoi tu ne m'as rien dit avant ? "
Dans l'instant qui suivit cette question Léa se décomposa avant d'éclater de rire.
" -Comment ça ? Te dire que je me souviens t'avoir rencontré, de ton prénom, alors que la dernière fois qu'on s'est causé c'était il y a trois ans alors que t'étais surement sous GHB ? Oui c'est vrai, pourquoi pas ? Après tout, rien de plus normal, ça a du sens !
-Non évidemment pas de cette façon, mais j'aurais aimé le savoir ! "

C'était comme marcher avec confiance et se prendre un plexiglass dans la face. Alors comme ça :
1/ Elles s'étaient déjà rencontrées
2/ Elle était sous GHB
3/ Elle lui a caché ce détail
Mais le plus important :
4/ C'était il y a trois, mais elle se souvenait toujours de son prénom !
Morgane eut un pincement au cœur, contournent largement l'aspect curieux et anormal, pour ne voir que le romantisme de la situation.
Elle fouillait toujours dans ses souvenirs, incapable de se remémorer de cette soirée. Des soirées avec Léa il n'y en a eu qu'une, celle où elle a bien cru que son cœur allait lâcher en dansant si proche d'elle. Alors, elle se concentra tellement fort, pour se rappeler de cette première rencontre avec Léa. Elle aurait tellement voulu se souvenir pensa-t-elle en s'attendrissant à l'idée qu'elle se souvienne de la soirée avec autant de détails.  Elle n'arrivait pas à se concentrer sur autre chose et croqua dans sans panini sans envie, dévisageant Léa avant de fuir son regard.

" Mais qu'est-ce qu'elle me cache d'autre !? "  Après tout, si elle avait réussi à faire comme si de rien n'était alors c'est surement qu'elle pouvait cacher absolument tout ! Tout et quoi d'autre ? Pourquoi ne pas lui avoir raconté la fin de cette soirée ? Il y a trois ans... Des soirées il y en a eu tellement…Oui, surement, en soit quoi de plus troublant que l'adolescence ou l'envie d'expérimenter prend le dessus ? Des black-out elle en avait tellement eu que c'était devenue une galaxie de trous noirs. Elle avait vécu des bonds spatio-temporel, des vrais gouffres, des voyages à bord du Faucon Millenium. Houla ! Il fallait taire cette paranoïa, songea Morgane alors qu'elle osa regarder Léa qui la dévisageait, arborant un air nouveau. Quelque chose d'étrange, où se mêlaient culpabilité, imposture et tristesse. C'est là que Léa décida de se lever, afin d'éviter toute question supplémentaire. À quoi bon remuer la machette qui avait bien adhéré à la plaie ? Non il fallait arrêter le carnage !  Elle se précipita aux toilettes les larmes aux yeux. La porte n'eut pas le temps de se refermer que Morgane était là, à derrière elle.
" -Qu'est-ce qui se passe ?
-Rien, pars ! " Lui dit-elle en lui tournant le dos.
Elle disait pars, elle pensait reste. Au final, on se construit des remparts, alors qu'il suffirait d'un geste.
Bref, elle comprit ce qu'elle avait à faire. Morgane s'approcha, glissa ses mains autour de sa taille et elle la serra dans ses bras. Elles restèrent de longues secondes ainsi, qui battaient au rythme des tambours de leur coeur. Puis, lentement Léa se tourna, lui fit face et l'enlaça. D'un geste délicat Morgane essuya ses dernières larmes et s'imaginait redessiner un sourire sur ses lèvres.
" -Je vais être honnête, je m'en fiche de ce qui s'est passé pendant cette soirée. Je sais que tu as surement tes raisons. Je sais que tu es sincère, alors quand tu seras prête pour me le raconter, je serais là et…
-Oui, c'est bon ça va aller. " Léa se dégagea et mit fin à l'étreinte.
" Quelle fille étrange. " pensa Morgane, alors qu'elle se redressait aussi en reprenant ses esprits.

Elles sortirent des toilettes aussi vite qu'elles y étaient entrées. Elles passèrent au comptoir payer, firent un crochet au tabac et finirent par courir pour retourner au cours de Staline. Elles étaient restées sérieuses depuis l'incident des toilettes, mais quand Léa se remit à boiter la gaité fit son retour.
" -Ça va l'éclat d'obus ?
-Non chut pas un mot !! " Ordonna Léa, alors que son rire explosa, contagieux et incontrôlable.

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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Sam 3 Fév - 2:59
Ha enfin la suite!


J'adore, continue!
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 5 Fév - 5:39
Merci! Désolé de faire attendre. Je pense que je suis trop critique et je n'aime pas vraiment ce que j'écris. Alors bon, dès que je relis, la moitié saute ou change et ça avance pas. Mais voilà, vraiment désolé pour être un tel escargot!

Bon du coup, je me rattrape, avec la suite ! (oui! il est 2h30 vive l'insomnie! bisous tout doux)

15

Banane Banane Bonjour Banane Banane

Je me balade dans les rues, guidée par la lumière des néons et des parfums qui flottent. Les gouttes bondissent sur les pavés, j'esquive les flaques et regarde amuser ceux qui osent les enjamber, s'élancent et triomphent.
Mon cœur bat sur un nouveau rythme depuis que j'ai pris Léa dans mes bras. Je devrais probablement lui dire, car je rêverais de pouvoir rentrer à la maison et la retrouver. Sentir sa présence simplement. Mais à la place j'attends son appel en me demandant de quelle couleur sera son pull la prochaine fois que je la verrai.
Seulement, en arrivant chez moi, une vraie surprise m'attend assise sur les marches devant ma porte.

" -Ma chérie !!!! "
Au moins, j'ai le droit à l'amour maternel…
-Maman ! Comment ça va ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Quoi!? Comment ça qu'est-ce que je fais là ? Je te signale que je suis ta mère et ça fait deux semaines que j'essaye de t'appeler et que tu ne réponds pas !!
- Ça fait à peine quatre jours. " Elle exagère mais je n'ai aucune énergie pour la calmer, alors je lui ouvre le studio, dans lequel elle fait une entrée fracassante.
" - Je m'inquiète ! Pourquoi tu ne me donne pas de nouvelle ? Tu te drogues c'est ça ? "
Et c'est repartie ! Yihaaa ! Un tour de rodéo gratuit ! Inspecteur Barnaby a pris forme ! Elle scrute affoler le studio (dont on a clairement très vite fait le tour, en un tour sur soi) surement à la recherche d'une boîte portant l'inscription 'DROGUE DURE SECRET DEFENSE'.
" -Non pas encore. Mais tu devrais y songer, pour toi… Parait que ça calme. "
Outrage à agent, je vois dans ses yeux que l'inspecteur est prêt à user de son autorité.
" -Je rigole, je rigole ! Bon qu'est-ce que tu fais là ?
-Comment tu me parles ?! Mais je m'inquiète vraiment ! J'ai pensé qu'il t'était arrivé quelque chose ! "
Je vous l'ai déjà dit, elle angoisse rapidement, mais normalement je gère ses craintes. Normalement. Mais rien n'est plus normal depuis que j'ai rencontré Léa.
" -Comme quoi ?
-Mais comme un coma éthylique tiens !
-Ho c'est arrivé qu'une fois, ça va !
-Ce n'est pas la varicelle Morgane ! Si tu recommences ? La première fois tu as eu de la chance ! "
Elle finit par se calmer toute seule et on cuisine le dîner ensemble. Bon, il y avait des restes pour une semaine, mais je pense que ça l'a rassuré de savoir qu'au moins je ne mourrais pas de faim. Un dernier câlin, qui ressemble presque à des adieux, puis la voilà au volant de sa Ford Fiesta 2000 me faisant des grands au revoir de la main.

La nuit va être douce. Dans mon lit je repense à Léa. Ses yeux, sa voix et même ses mains, lorsqu'elle cherche son tabac. J'aimerais me souvenir de cette soirée dont elle m'a parlé, j'en viens même à douter qu'elle est vraiment eue lieu. Est-ce qu'elle a pu se tromper de personne ?
Des questions qui surgissent jusqu'à 2h du matin, avant de finalement sombrer dans un sommeil affolant. Je connais ce bar, cette scène et la décoration. Je suis avec des inconnus et pourtant je sais que ce sont mes amis. J'ai un verre de Cuba Libre que je vide, même si je ne veux pas boire et me retrouver ivre. Puis un gars s'approche et me remplit le verre d'une flasque qu'il sort de sous sa veste et me susurre mielleusement " Bois, ce soir on doit fêter ça ! On a le BAC ! " D'un coup cet inconnu s'avère être Alice dans une robe noire moulante, me fixant étrangement, le trait d'eye-liner de l'épaisseur d'un bras. Je laisse mon verre et me précipite au bar où deux barmans font le service avec des sombreros sur le crâne… En me retournant, je vois Alice les lèvres collées à celles d'un gars. J'ai mal mais je dois garder le silence. Plus je regarde leurs bouches soudées, plus la mienne s'assèche. J'attrape le verre de rhum et le bois cul sec, mais la soif ne passe pas. Malheureusement, je suis fauché et je ne pourrais pas me saouler au bar, mais leur langue et toute cette salive accroissent mon envie de boire. Je dois bien trouver. À la seconde ou j'y pense, je sens un poids dans ma veste. Dans la poche intérieure, une bouteille est calée, un mélange d'alcool et de soda. Ça fera l'affaire. Soudain, l'alarme se déclenche, il faut vider le bar, les pompiers arrivent, c'est pour moi, je les entends.

Mon réveil m'extirpe de ce cauchemar. Du flash-back devrais-je plutôt dire. A présent je m'en souviens, c'était il y a trois ans.

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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Jeu 8 Fév - 0:47
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mar 15 Mai - 17:23
J'espère qu'il y aura une suite à cette histoire un jour...
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 20 Juin - 1:41
Le temps est long, mais la vie aussi! Alors je vous conseil de relire les chapitres précédents avant de vous plonger dans celui là. Cette épisode c'est un peu le tout, le centre, l'oeil du cyclone... Désolé pour les fautes, j'ai pas corrigé...

Bonne lecture!



16

Morgane venait de s’installer en classe, un sourire niais collé aux lèvres. Elle avait trouvé deux places dans le fond de la classe, alors elle attendait sagement, espérant que la porte s’ouvre pour que Léa fasse son apparition. Finalement elle s’ouvrit, difficilement. Une barre métallique se cala dans l’ouverture, puis d’un coup de hanche Léa enfonça la porte avant de s’élancer en avant en s’appuyant sur sa deuxième béquille. Elle s’avança difficilement jusqu’à Morgane, balançant ses béquilles, son sac, ses longs cheveux blonds qui se collaient aux gouttes de sueurs, trimant sous l’effort dans son pull XXL…
« - Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Lui demanda Morgane, en se levant d’un bond, après être resté quelques secondes sous le choc.
« - Un petit accident dans les escaliers. » affirma Léa qui semblait répéter une réplique de film.
« - Quoi ??? Mais tu vas bien ??! Dit Morgane le souffle coupé en examinant Léa de plus près.
- Oui regarde, je pète la forme ! Répondit Léa cynique.
- Mais tu as des hématomes !!!! S’affola Morgane, alors qu’elle venait de débarrasser Léa de son sac et aperçue que son ventre et ses hanches étaient parsemés de bleues.
- Mais non ! Arrête ! Pas du tout ! Lui répondit Léa gênée, tirant sur son pull pour cacher sa peau. Morgane avança sa main, magnétisée par son corps, les yeux rivés sur ses blessures, mais s’abstint à quelques centimètres de son ventre, prise d’un désir de la saisir par la taille pour se coller contre elle. Instinctivement, Léa se recula et lui jeta un regard perplexe, hésitante presque à se laisser faire.
Leur conversation prit fin alors que le professeur entra dans la salle. Il s’installa à son bureau et tout le monde alla à sa place. Léa s’assit à côté de Morgane, cachant difficilement sa douleur en glissant son pied plâtré sous la table.  Le cours exigeait de former des binômes et de rendre un travail la semaine suivante. Naturellement, Morgane glissa un regard vers Léa et elles s’étaient accordées sans un bruit.

À la fin du cours, Morgane lui demanda.
« -On peut commencer le travail ce soir ?
-Oui, mais il est déjà 18h30… On peut aller chez toi ? Demanda Léa
-Euh…Oui bien sûr… » Était-elle la seule à sentir cette chaleur irradier dans sa poitrine ? Grandir et chauffer tous ses membres ?

Êtes-vous déjà tombé amoureuse, sans rien dire, sans même le laisser soupçonner ? Garder le silence, s’effacer, même l’éviter ?

Elles avaient pris les transports ensemble pour arriver chez Morgane à l’heure du dîner. Mais à peine installait, après avoir fait péniblement le chemin en enjambé de béquilles au-dessus des flaques d’eau, Léa s’affala sur le canapé clic-clac et elle jaugea Morgane de l’autre côté de la pièce. Elle restait à la fenêtre, interdite, incapable de s’approchait plus près, craignant que les battements de son cœur s’entendent au travers de sa cage thoracique.

- « Est-ce que tu as quelque chose à boire ? Demanda Léa, glaçait jusqu’à l’os.
- Oui…Tu veux quoi ? Bégaya Morgane.
- Un café au lait ! Comme tu m’avais préparé au petit café ou tu travailles !
- D’accord.

Il n’en fallut pas plus. Elle prépara ce café avec toute la minutie et l’amour possible. Comme un enfant fabrique un cadeau pour les personnes qui lui sont chers.  La cafetière italienne en inox chauffait sur la plaque de cuisson, alors qu’elle préparait une émulsion de lait.

- Avec ou sans sucre ?
- Avec.

La cuisine était si petite, qu’elle avait vite finit par comprendre qu’elle n’en avait pas. Pas un cristal de sucre palpable sous ses doigts.

- Enfin il n’y en a pas...!

L’odeur apaisante du café avait imprégnée la pièce. Léa observait Morgane s’agiter dans la cuisine à la recherche de l’ultime ingrédient. Elle restait silencieuse, se délecter du spectacle, pour faire durer le plaisir et voir Morgane remuer un peu plus longtemps.

- Tes lèvres ont l’air sucrées… Finit-elle par murmurer. Sa seule phrase venait de figer Morgane qui n’osait plus se retourner pour lui faire face.
- Alors vient en prendre à la source.


Morgane venait de finir sa phrase en un souffle, chercha de l’air pour oxygéner son corps qui ne répondait plus, tout comme Léa qui était silencieuse. Le temps s’était arrêté, c’était le calme. Puis vint le cyclone.

Deux bras s’enroulèrent autour d’elle. Un frisson la parcouru, elle savoura la sensation du corps de Léa contre le sien. Son bassin était collé au sien, ses seins s’appuyaient dans son dos et elle pouvait sentir le souffle de sa respiration s’emballait. Morgane pivota, le plat de sa main effleura le visage de Léa, puis glissa de sa joue à son cou. Sans la moindre retenue, Léa saisit son visage et parcouru les derniers centimètres qui séparaient sa bouche de la sienne. Ses lèvres étaient douces et humides, mais insuffisantes. Elles désiraient plus. Elles voulaient franchir l’interdit, se toucher encore un peu plus, découvrir ce corps inconnu qu’elles avaient chacune tant convoité. Pouvoir lécher, mordre et embrasser chaque parcelle de peau. Morgane ne se contrôlait plus et passa ses mains sous le pull de Léa, à la recherche de sa peau opaline nacrée d’hématomes qu'elle empoigna et qui soudain réveilla les blessures. La douleur cambra Léa, qui ne put s’empêcher de pousser un cri. Lorsqu’elle se ressaisit, la contraction terminée, elle attrapa la main de Morgane pour la guider vers le canapé.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Mer 20 Juin - 20:41
Bouuuuuuh l'attente est terrible. Tu me tues Jiiad j'en veuw toujours plus
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Sam 23 Juin - 2:30
Terriblement bon ce chapitre... Vivement la suite.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 25 Juin - 0:13
Bonsoir! J'arrive sur mes grands poneys avec un nouveau chapitre des plus courts! La suite du menu est en route, j'ai envoyé le bon de commande !

Bonne lecture


flower 17 flower

Lorsqu’elle se ressaisit, la contraction terminée, elle attrapa ma main et me dit « Viens. »
Entre nous, j’aurais pu la suivre où elle voulait. Ici, ailleurs, sur Mars, qu’importe. Son corps collé contre le mien, je gardais ses formes en mémoire, comme un matelas haut de gamme. J’arrivais à peine à réaliser ce qui se passait. J’aurais aimé qu’elle me pince…

Elle était debout devant le canapé, mais à dire vrai, je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Pour être franche, le fait qu’elle ait le pied dans le plâtre me faisait m’interroger sur les gestes à employer. Déjà bien amochée, je ne voulais pas la faire plus souffrir. Si c’est pour la voir de nouveau se tordre de douleur, je passe mon tour. Cette anxiété me rendant la réflexion abusive, je n’avais pas remarqué qu’elle venait de s’assoir sur le canapé, ma main toujours dans la sienne. Le bruit de la cafetière devenait strident, mais je lus sur les lèvres :

« -Approche
-Tu es sure ?
-J’ai envie de toi depuis trop longtemps… »

D’un mouvement j’éteins le feu sur la plaque, tandis que son regard me consume et qu’elle me tire à elle de l’autre main. Assise près d’elle, nos mains toujours liées, elle les guide sous son pull, au contact de sa peau.

« -Je risque de te faire mal…
-T 'inquiètes pas, avec toi je suis habituée.
-Comment ?
-Ce ne sera pas une première fois.
-Qu’est-ce que tu veux dire ?
-On en parlera plus tard…
-Non ! Là, j’ai besoin d’explication ! »

Elle me toise, je vois qu’elle a l’air aussi surprise que moi du ton que je viens d’employer. Alors je continue.

« -Je…Tu ne peux pas tout me cacher tout le temps ! Va pour une ou deux remarques, où tu préfères prendre ton temps ! Mais m’accuser de t’avoir fait du mal dans le passé... J’ai besoin de comprendre. Enfin, je sais que tu as eu une vie avant et je veux bien lire uniquement les chapitres que tu me sélectionnes, mais pour continuer à lire le livre, il faut que ça soit une histoire que je comprenne. Alors parle-moi et je t’écouterai. Dis-moi tout, même si on se blesse. »

Dans un silence je vois qu’elle pèse le pour et le contre, qu’elle hésite alors j’insiste.

« -Léa ? Parle-moi… » Ma main s’enroula dans la sienne, en attendant patiemment des explications.
« -OK, tu parles toujours à Alice ?
-Quoi ? Mais comment tu la connais ?
-Contentes-toi de me répondre-moi.
-Heu…Non. Enfin, oui, ça peut arri…
-Haaaaa ! Bon et à Cyril ?
- À qui ? C’est qui lui ?
-Le copain d’Alice.
-Quoi ? Non, quoi ? Je ne savais pas. Mais toi comment tu le connais ?
-Laisse, c’est impossible. Je ne pourrais rien t’expliquer. »

L’exaspération et l’impatience me font entrer en ébullition. Si elle ne me révèle pas ce qui se passe tout de suite, je jure qu’elle va repartir avec un deuxième plâtre. Je la dévisage, abasourdie – Elle sait vraiment cacher beaucoup de choses – déterminée à connaître la vérité ce soir, maintenant. Je lui fais les gros yeux et si ça continue demain je vais faire les gros titres. « Jeune fille perd la boule et massacre une fille en situation d’handicap, sans pitié » Appelez-moi psychopathe si vous voulez, tout ça me dépasse.

« -Ok, ok, arrête de me regarder comme ça ! Écoute bien. Tu es bien assise ? Je vais t’expliquer. »
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 2 Juil - 1:49
Tu sais comme moi que cette histoire va bien se terminer? Il faut avouer que même si c'est compliqué et que la suite met du temps à arriver, tu peut être sure que l'amour sera le point final !

Bonne lecture (déso pour les fautes) et à très vite  flower


Twisted Evil  18  Twisted Evil

Je ne parle plus à Alice. Je crois n’avoir jamais parlé à son copain. Je m’en fous d’eux. Je m’en carre l’oignon, royalement. En revanche, Léa…Elle… C’est différent. J’ai envie de tout savoir d’Elle. J’ai envie de tout vivre, de tout lui dire, de la découvrir et de passer mes journées à l’écouter.

Elle prit sa respiration, comme une nageuse en apnée prête à découvrir les profondeurs obscures de l’océan. Puis, d’un regard de défi elle se prépara à faire éclater la vérité au grand jour. Morgane se fit violence pour ne pas interrompre son récit.

Il y a trois ans. C’était une soirée qui était censée être inoubliable. Le Bac tout juste obtenu, il fallait fêter ça ! Comme si tous les lycéens s’étaient passés le mot, la soirée était infinie, une marée humaine sur les quais de Seine. Les jeunes côtoyaient des plus vieux, venus exprès pour flirter et retrouver leur jeunesse. Ce soir-là, Léa au bar, attendait le vrai rush. Elle avait accepté ce petit boulot, ce n’était pas son premier, ni son dernier d’ailleurs. Elle aimait le milieu de la nuit, même si ses excès l’exaspéraient. La vérité c’est qu’elle faisait son travail, ni plus ni moins. Combien de jeunes avait-elle vu sortir du bar titubant, vomissant plus loin en éclaboussant leur godasse ? Elle ne les comptait plus depuis le temps. Mais qu’importe, tant qu’elle encaisse son butin et ressort d’ici en un morceau, ça lui allait. Son éthique était restée loin, d’ici, comme sa moral. Alors elle attendait LE moment où ils allaient tous se précipiter à l’intérieur, complétement cuits, pour danser sauvagement et se précipiter au bar. Elle était prête, sa mise en place intacte :  ses petits citrons, la menthe, les bacs à glaçons à ras bord …À 1h du matin, les premiers clients sont arrivés, puis en 30 minutes il y avait foule. C’est aux alentours de 3h qu’elle l’a vu.

Tomber amoureuse c’est un peu comme écouter une musique pour la première fois. Dès les premières notes vous savez si ça va vous plaire. Il suffit d’une écoute pour savoir que vous ne pourrez plus vous en passer.

Derrière le comptoir, elle a vu une fille rentrée puis s’immobiliser à l’entrée. Elle intriguait avec son air lunaire. Entourée de ses amis et pourtant si détacher, elle ne put s’empêcher de la dévisager. Brusquement, elle se sépara du groupe, se faufila et se plaça juste devant elle. Subtilement, Léa avait fait semblant de s’occuper de sa mise en place, puis se sentant bête elle leva le regard pour se retrouver en tête à tête.

« -Bonjour ! ! Avait lancé Léa excessivement enjouée admirant la pluie de tâches de rousseurs sur ses pommettes, tout en pensant qu’il était 3h du matin et qu’il conviendrait mieux de dire Bonsoir.
« -Bonjour » avait répété la jeune fille d’une voix guillerette. « Je voudrais bien un grand verre d’eau, un très grand, s’il vous plait. »
Elle s’empara d’un verre qu’elle remplit à ras bord et lui tendit. D’un sourire délicieux elle la remercia, le vida d’une traite, laissant ses lèvres gourmandes luisantes de quelques gouttes, qu’elle attrapa du bout de la langue.
« -Un autre ? » demanda Léa en reprenant le verre vide.
Elle n’eut pas le temps de répondre que la fille fut agrippée par l’épaule. Elle pivota et s’extasia devant son amie qui venait de la rejoindre.
« -Ho Alice ! T’es là !
-Tu bois quoi ? » Articula son amie complétement ivre.
- De l’eau. Avait répondu la jeune fille confuse.
- Mais comment !? Deux Cuba Libre s’il-vous plait ! » Avait ordonné la nouvelle venue en s’adressant directement à Léa. « Morgane a eu son Bac mention très bien Madame ! Très bien ! Si ce n’est pas très bien ça ?! »
- Non mais non !  Ça ira… avait répondu gênée la dénommée Morgane à son amie, puis à la barmaid qui l’a transpercé de son regard, comme si elle savait qu’elle n’était pas encore majeure et que dans tous les cas elle n’avait pas de quoi payer.
- Si ! Ça ira encore mieux après ! » Insista l’amie.

Léa s’exécuta, concentrée sur sa préparation, chassant de son esprit le visage qui lui faisait face. Refoulé sans rien dire, sans même le laisser soupçonner. Garder le silence, s’effacer, même éviter tout contact.

« -Douze euros s’il-vous-plait ! » dit-elle finalement en la dévisageant, comme hypnotiser malgré elle.
La fille haussa les épaules en signe d’impuissance, remonta ses lunettes sur son petit nez retroussé et déposa pièce par pièce le compte au creux de la main de Léa. Le contact de ses doigts sur sa paume lui provoqua un frisson, qu’elle dissimula sans mal. Comme pour arrêter le supplice, elle referma son poing.
« - Ça ira comme ça ! Bonne soirée !
-Quoi ? Mais il en manque !
-Non, c’est tout bon !
-Heu…Vous êtes sûre ? Il doit manquer au moins 10 euros…
-Chut…Si la dame te dit que c’est bon, c’est que c’est bon ! » Prononça une voix rauque d’homme, qui bientôt s’imposa au bar entre Morgane et Alice.
« - Ho Cyril ! C’est Morgane ma pote, elle est bien trop honnête !
- Un peu prude oui ! Et elle ne boit pas ? Super l’ambiance …
- Oui, mais elle sait s’amuser t’inquiète pas. Tu viens danser ?
- Je danse pas moi. Puis ce n’est pas de la musique ça. Tu vas t’amuser ici toi ? Tu veux de quoi t’amuser ? »
Ils auraient bien pu crier MORGANE EST UNE CATIN, que celle-ci n’aurait pas réagis. Elle entendait sans prêter attention à leur conversation et contemplait Léa, qui servait à présent d’autres clients. Ce regard posé sur elle devenait presque oppressant et Léa finit par se pencher au-dessus du comptoir pour lui demander à l’oreille « C’est moi que tu regardes comme ça ? »
« - Non ! Enfin… Oui. Merci pour le verre.
- Je t’en prie.
- J’aimerais bien… Enfin… Est-ce que je peux t’offrir quelque chose pour te remercier ?
- Si tu m’attends un peu, je prends une pause dans 30 minutes. On sort fumer ?
- D’accord ! Alors dans 30 minutes ? »
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Jeu 19 Juil - 11:40
Je ne commente pas spécialement souvent ton récit, je ne postes même quasiment jamais sur le fo'.
Mais y'a quelque chose dans ton histoire... un truc indéfinissable qui me fait revenir pour lire, relire, encore...
Hâte de connaitre la suite. Merci encore de nous le partager...
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

le Lun 6 Aoû - 0:42
Merci Samhea !

Je pense que j'aurais mieux fait de finir l'histoire avant de la poster. Les délais se font bien long et pourtant c'est pas aussi bien que Rick et Morty...
Enfin voici quand même le chapitre 19 et j'espère que ça vous plaira !


Banane CAPITULO 19 Fleurs


On en est déjà là ? Il y a trois ans, c’est ça ?

Comment le souvenir d’une soirée si lointaine te revient en mémoire si facilement ?

Les souvenirs se gardent comme des trésors, car tout passe. Même les pires moments. Alors, un matin, tu te réveilles nostalgique de ces années dans le noir et tu demandes « Et si… ? »

Car, les bons vins prennent de l’âge, mais aussi beaucoup de temps et de travail. Chaque minute au fil des saisons compte. Puis, une fois la bouteille débouchée, le verre à la main et le nectar en bouche, la beauté se passe de mots.

Cette nuit-là, c’était du rhum au goulot pour se brûler les boyaux. Morgane avait de la rage et du désespoir dans les tripes. La musique tambourinée et le dégoût l’envahissait. Alice avec Cyril. Devant ses yeux. Dans les bras l’un de l’autre. Comme une décharge électrique, une brûlure à vif. Puis plus rien, à part ce vide immense et cette douleur qui s’insinue lentement et l’empêche de penser.

La suite, elle ne s’en souvient plus. Elle avait saisi le verre d’Alice qui traînait sur une table, puis l’a vidé en pensant « Ça sera la dernière chose que j’aurais d’elle, ces lèvres sur les bords d’un verre… ». Avant que la dépression devienne pathologique, elle sortit, la scène étant insoutenable.

Ses pas l’emmenaient au bord des quais, sans trop savoir pourquoi. Sa tête devenait aussi lourde que son cœur et elle due s’asseoir pour ne pas vomir sur-le-champ.

Un liteau dans une main et un verre dans l’autre, Léa scrutait la salle espérant apercevoir la jeune fille qui lui avait promis une cigarette. Elle essuyait les verres par réflexe, pour passer le temps et se concentrer. Pas une seule paire de lunette sur un petit nez retroussé à l’horizon,

« - Est-ce que t’as vu la fille de toute à l’heure passer ? Demanda Léa au jeune blondinet avec qui elle faisait le service.
-Ouiii ! Enfin, si tu parles de celle avec qui tu voulais fumer ? Je crois qu’elle t’attend dehors… »

D’un coup d’œil, elle l’a reconnu sur la caméra de surveillance. On l’a deviné assise près de la Seine, un homme à ses côtés.

« -Je reviens, je vais la voir.
-Mais on a besoin de toi !
-Je t’ai dit que je reviens !
-Mais dans combien de temps ?
Léa pouffa de rire et passa de l’autre côté du bar. « Je vais te manquer c’est ça ? Compte jusqu’à 1000 et j’apparaîtrais devant toi ! »
À peine sortit, le vent balayé sa tignasse blonde et elle alluma une cigarette. Elle se dirigeait vers les quais, le pas assuré et le regard franc, préparant sa réplique comme une actrice de cinéma qui voulait assurer son entrée.

Mais plus elle s’approchait, plus le doute l’envahissait. Elle distinguait un rapprochement des corps, une main sur l’épaule, un geste vif, une gifle…
« -Bordel de merde, la saloperie ! » Elle avait hésité, mais à présent elle courait, guidait par son instinct.
« -Hoooo ! Qu’est ce qui se passe ici ? Hurla Léa en arrivant à la hauteur de Morgane et Cyril.
-Heu … T’es qui toi ?
-La police !
-Vas-y dégage ! »
L’état de Morgane était inquiétant. Léa avait vu un nombre incalculable de jeunes tituber et s'écrouler et si elle écoutait sa raison, elle partirait sur-le-champ, comme à son habitude. Elle détournerait simplement le regard et s’en irait en sifflotant. Mais son cœur se révolté, scandalisé par la scène, déjà piqué par la beauté qui s’écroulée sur les quais de Seine.
« -Mais quelle pourriture ! Vous aviez l’intention de lui faire quoi ?
-Vas-y dégage je t’ai dit !
-Ho tiens coucou la serveuse… C’est ça ? » Morgane semblait sortir du pays de Candy, ouvrant ses yeux paisible et sereine, alors que son t-shirt disait merde et pendouillait à moitié arraché.
« -Toi Rendors toi et toi dégage !
-Tu sais dire autre chose, ou on tu n’a pas appris à être polit ?
- Je vais te baiser, après avoir baisé ta petite copine ! »

À croire, que toutes ces années de lâchetés à passer passive près des problèmes sans se retourner n’étaient jamais arrivée. Léa ne savait pas si elle était galvanisée par le « ta petite copine », l’envie de sauver cette créature à moitié inconsciente ou le besoin d’éloigner cet homme qui s’approchait dangereusement d’elle, mais une impulsion la poussa à écraser son mégot sur son torse. C’était un choix de non-retour. Bye-Bye.
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Re: Avec ou sans sucre? (OSEF c'est qu'une histoire... )

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